Le samedi 16 mai, les P’tits Philosophes se sont à nouveau retrouvés pour réfléchir et discuter sur un thème dont ils ont fait l’expérience durant le confinement : le DIVERTISSEMENT. Pour faire passer le temps durant ces deux mois à rester chez soi, il a bien fallu se divertir ! Allons donc voir ce qu’ils en pensent…

 

Que signifie « se divertir » ?

Les p’tits philosophes ont commencé par définir ce concept qu’ils ne connaissaient pas encore tous, bien qu’ils en fassent chaque jour l’expérience…

Eléa : « Quand on se divertit, on peut jouer, on peut lire, ce sont toutes les choses qu’on fait qui nous amuse. »

Iliana : « C’est prendre du temps pour soi. »

Ils se sont ensuite demandés si les temps de sommeil et de repos pouvaient être du divertissement :

Pacôme : « Quand on dort, on se divertit, on occupe du temps. »

Eléa : « On se divertit quand on dort car on rêve. »

Iliana : « Faire des siestes, dormir, c’est plutôt un besoin de notre corps pour reposer notre cerveau. Quand on se divertit, on fait des choses par plaisir, par envie. »

 

Ils en sont alors venus à définir le divertissement par le plaisir qu’il pouvait procurer par distinction du besoin ou de l’obligation : se divertir c’est occuper son temps par des activités qui nous font plaisir.

 

De quoi a-t-on besoin pour se divertir ?

Pour répondre à cette question, les p’tits philosophes ont énuméré toutes les activités qu’ils font pour se divertir, certaines en lien avec leur expérience du confinement…

Tessa B : « On a besoin de jouer, de construire des choses, de faire de la peinture, de faire des activités créatives. »

Eléa : « On a d’abord besoin de nous-même. On joue aux billes, avec ses mains… il y a plein de sortes de jeux. Et on a besoin de notre cerveau ! »

Tessa B. : « On peut jouer avec notre sœur ! »

Eléa : « Tu peux écrire dans ton journal intime, faire de la cuisine. »

Tessa B. : « J’ai fait de la peinture durant le confinement et pleins de gâteaux ! »

Pacôme : « On va sur notre balcon. »

Colin : « Moi je fais des petits films. »

Iliana : « Ecouter de la musique. »

Elea : « On peut sortir dehors, jouer au balcon. »

Tessa B. : « Dans le jardin, on a fait pleins de jeux, on peut passer du temps en famille. »

Pacôme : « Avant le confinement, on pouvait faire du sport, de la musique. »

La discussion a ensuite amené les p’tits philosophes à se poser la question suivante : travailler, est-ce se divertir ?

Tessa B. : « Faire ses devoirs, c’est pas se divertir, c’est obligatoire. »

Eléa : « L’école ça peut être un plaisir mais c’est une obligation. Il y en a qui vont à l’école mais qui n’aiment pas ça. »

Tessa B. : « Si on aime son travail, on le fait avec plaisir. »

 

Pourquoi a-t-on besoin de nous divertir ?

Eléa : « On a besoin de se divertir car sinon la vie serait trop dure. Si on ne fait que des choses qu’on n’aime pas, on craque. »

Iliana : « Pour ne pas s’ennuyer, pour faire des choses qu’on aime ».

Pour les aider, nous leur avons demandé d’imaginer un monde sans divertissement, un monde dans lequel on ne peut pas se divertir :

Pacome : « Sinon la vie serait trop ennuyeuse »

Elea : « Les gens feraient tout le temps une tête d’enterrement. »

Tessa : « Imaginer un monde où on ne peut pas se divertir ? On s’ennuierait ! »

Eléa : « Le divertissement, c’est quelque chose qui nous fait plaisir, qui n’est pas obligatoire, qui occupe notre temps. On n’a pas besoin de beaucoup de choses pour se divertir. »

L’atelier s’est terminé par une petite expérience de pensée à partir de la théorie de Blaise Pascal sur le divertissement. On illustre souvent sa pensée du divertissement par cette célèbre phrase : « Tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer en repos, dans une chambre. » Nous nous sommes alors demandés ce qui faisait qu’il était si difficile pour l’être humain de de rester en repos dans une chambre. Pourquoi nous ne pouvons pas vivre sans divertissement ? Selon Pascal, nous nous divertissons et faisons toutes sortes d’activités pour nous occuper l’esprit et nous détourner ainsi de nos contrariétés et angoisses de l’existence.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Etes-vous d’accord avec la pensée de Pascal ?