Samedi 13 juin, c’est en petit cercle que nous sommes retrouvées pour une des dernières fois de l’année. Ce qui nous a permis de philosopher d’une façon différente et même d’expérimenter un « philosopher entre filles » a affirmé Eléa qui retrouvait pour l’occasion Eloïse et Tessa pour un atelier animé par Julia et Marie !
Nous avons commencé par lire l’histoire de Pavor Nocturnus, un petit garçon qui avait peur de tout (à partir de l’album Pavor Nocturnus, l’histoire d’un petit garçon un peu trop parfait de Marilina Cavaliere) :

Eléa a proposé un résumé de l’histoire complété par Tessa et Eloïse : C’est un petit garçon brun à lunettes, sa mère est assez stricte, il est parfait : il n’ouvre jamais aux inconnus pour ne pas risquer de se faire enlever, il ne sort pas pour ne pas se salir, il ne joue pas avec les autres pour ne pas attraper de maladies… Mais il finit par être seul et sans amis, jusqu’à développer une « maladie » qui l’empêche de dormir et lui amène plein de cauchemars. Il va alors voir un médecin qui va lui donner un remède : une liste de choses à faire pour se remonter le moral ! Il doit jouer, sortir, s’occuper d’un animal et il va peu à peu se faire des amis et sans attraper leurs maladies !

 

Ensuite nos trois petites philosophes ont formulé les questions philosophiques qui se cachaient derrière cette histoire :

Eléa a commencé sur le thème de l’obéissance : « Pourquoi il faut savoir dire non ? »

Tessa a ajouté : « Pourquoi on est obligé d’obéir pour certaines choses ? »

Eloïse a complété : « Pourquoi tout le monde décide pour nous ? »

Tessa a précisé : « Pourquoi on demande à d’autres personnes de décider pour nous ? »
« Pourquoi ne pas penser par soi-même ? »

Eléa a proposé une nouvelle direction, le thème de la perfection : « Pourquoi les parents veulent toujours qu’on soit parfaits ? »

Eloïse a complété : « Pourquoi personne n’est parfait ? »

Enfin, Eléa a lancé le thème de la peur : « Pourquoi on a peur ? »

Eloïse a rebondi : « Pourquoi la peur existe ? »

Tessa a fini par proposer : « Pourquoi la peur nous envahit ? » en se référant à l’expérience d’une petite peur, une peur de rien du tout, qui se développe jusqu’à nous paralyser. « La peur du personnage du livre c’est comme un petit pacman, il est tout petit mais tout ce que lui dit sa maman le nourrit et pacman devient géant ! »

 

Les petites philosophes ont alors voté pour aborder le thème de la perfection :

Pourquoi personne n’est parfait ?

Tessa s’est lancée : « Parce que tout le monde a des défauts : même si certains pensent qu’ils sont parfaits » et a précisé « un défaut, ce n’est pas méchant, c’est juste une qualité que tu n’as pas. »

Eloïse a ajouté : « Tout le monde fait des bêtises dans sa vie et ceux qui se pensent parfaits sont orgueilleux, ils ne sont donc pas parfaits. »

Eléa a alors affirmé : « La perfection n’existe pas. Personne n’est parfait. »

Mais alors, si ce mot désigne quelque chose qui n’existe pas, est-ce qu’on devrait l’abandonner ?

Tessa a nuancé : « Parfait, il y a plusieurs façons de le dire : pour un objet, pour un être humain et pour une situation. Des fois ça a du sens et des fois ça n’a pas de sens »

Eloïse a alors développé : « Être parfait ça veut dire quelque chose mais pas pour un être humain, c’est impossible d’être parfait. »

Tessa a alors proposé : « Il faudrait utiliser parfait pour parler de ce que tu as déjà fait, parce que quand tu l’utilises au début tu peux être déçu. »

 

Nous avons alors fini par explorer la question formulée par Eléa : Pourquoi les parents veulent toujours qu’on soit parfaits ? 

Eloïse a commencé : « Parce qu’ils ne veulent pas que leurs enfants soient comme eux plus tard : ils veulent qu’ils réussissent ce qu’ils n’ont pas réussi eux. Par exemple, ceux qui n’ont pas eu une bonne scolarité veulent que leurs enfants fassent des études. »

Tessa a élargi : « Nos parents veulent qu’on soit parfaits pour que notre vie se déroule bien, sans grand malheur. Ils veulent qu’on ait une bonne vie. »

Eléa a confirmé : « Quand on aime quelqu’un on veut qu’il soit heureux. Mais les parents veulent aussi qu’on soit parfaits pour être fiers de nous, sans nous demander notre avis.»

Tessa a nuancé : « Cette question dépend aussi des parents : certains ne veulent pas que leurs enfants soient parfaits. »

Eloïse a ajouté : « Parce qu’ils veulent être de bons parents aussi. »

Eléa alors affirmé : « Ils veulent ça aussi pour avoir une bonne image auprès des autres. »

 

Merci beaucoup les Petites Philosophes pour ce dernier atelier à distance, c’est une superbe expérience partagée et rendez-vous la semaine prochaine pour le dernier atelier de la saison à la Maison de la Philo !