Le confinement ne nous a pas empêché de continuer à philosopher ! Pour ce premier atelier à distance, nous avons réfléchi sur… L’être humain !

Mais au fond, qu’est-ce qu’un être humain ? Voici un schéma conceptuel reprenant les réponses de nos petits philosophes :

L’Être humain conceptuel

Nous avons vu que certaines caractéristiques de l’être humain semblent être partagées par d’autres êtres vivants, comme ressentir des émotions par exemple. Nous nous sommes donc demandés ce qui fait la particularité d’un être humain et ce qui lui permet de se distinguer des autres espèces.

Maïa : « Sa particularité est qu’il a construit pas mal de choses. »

Héloïse : « L’être humain est capable de prendre conscience de ses actes. S’il fait une bêtise, il s’en rend compte. Un animal s’il tue, il ne s’en soucie pas. »

Tessa : « Les êtres humains peuvent acheter plein de choses, faire les magasins. »

Jade : « Il a la capacité de penser, d’inventer, de travailler, pour avoir des capacités que les animaux ne peuvent pas avoir. »

Andréa : « Par nos différents modes de déplacements : nous sommes bipèdes par exemple ! Notre langage, notre intelligence développée… »

Yassine : « L’être-humain est différent des autres espèces car il pense et utilise sa pensée pour créer des choses qui lui permettent d’améliorer son mode de vie. Il a inventé des outils pour avoir plus de facilité à chasser. « 

Mya : « L’être-humain peut gagner de l’argent. »

Jade : « L’humain a la capacité de faire de l’art, de danser, de faire de la peinture, sport... ce que les animaux ne font pas. »

Maïa : « Ce n’est pas le seul à savoir penser. On a deux fois plus d’organisation qu’eux. On a beaucoup évolué, on a mis en place la hiérarchie et la démocratie. »

Mya : « Un être humain peut avoir de l’amour. »

Jade : « L’humain a la capacité de s’imaginer des choses. »

Héloïse réagit sur l’idée de Mya : « L’être humain n’est pas le seul à aimer. »

Marie a ensuite raconté l’histoire vraie de Victor de L’Aveyron, un enfant seul retrouvé dans les bois de l’Aveyron il y a 200 ans de cela. Voici le résumé de l’histoire : « Autour de l’année 1800, dans le sud de la France, en Aveyron, des hommes ont découvert et capturé dans les bois un enfants d’une dizaine d’années, vivant à l’état sauvage. Il se tenait vouté et ne portait aucun vêtement, il ne parlait pas, et faisait des gestes désordonnés, il ne se nourrissait que de pommes de terre. On l’a surnommé Victor, parce que le seul son qu’il savait prononcer était le « O ». Il a été confié au Docteur Jean Itard, qui l’a étudié et a tenté de l’éduquer mais Victor n’a jamais réussi à parler et ni à s’intégrer dans la société. »

Quelle question philosophique peut-on se poser en lien avec cette histoire ? Quelle question nous pose-t-elle sur l’être humain ? Voici quelques propositions :

  • Pourquoi il n’a rien pu apprendre ?
  • L’être humain est-il si intelligent ?
  • Est-ce qu’on devient humain ?

Cette histoire nous permet justement de nous introduire à la question : Est-ce qu’on naît humain ou est-ce qu’on le devient ? Allons voir ce qu’en pensent nos chers petits penseurs :

Jade : « On naît humain. Quand on naît, on sait faire des choses comme un humain. »

Andréa : « Physiquement parlant, on naît humain mais dans le comportement on le devient. »

Tessa : « Quand on sort tout de suite du ventre de la maman, on se dit tout de suite qu’il est humain. »

Mya: « Avec les années, il grandit mais pas tout de suite. »

Héloïse : « En apparence physique, on nait humain mais pour devenir un humain qui sait ce qu’il fait et qui n’est plus à moitié animal, on doit l’apprendre. »

Yassine : « Il y a 2 façons de définir l’être humain : l’être humain – l’espèce humaine – et l’être humain qui n’est pas un animal. On naît l’être humain, « l’espèce » mais on devient un humain qui n’est pas un animal.« 

On distinguerait donc deux types d’humanité différentes :

  • une humanité qui serait liée à notre corps, caractéristique de l’espèce humaine
  • une humanité liée à notre comportement

Cette distinction nous mène ainsi à une autre distinction : celle de l’inné (les choses qu’on a dès la naissance) et de l’acquis (les choses qu’on développe avec le temps).

Andréa propose : « L’humanité est acquise socialement. On a un exemple et on le reproduit. »

Si l’humanité innée ne suffit pas, de quoi a-t-elle donc besoin pour se développer ?

Tessa : « L’humain a besoin de confiance en lui pour se développer. Il doit essayer car quand on essaie quelque chose, on apprend et on découvre des choses. Donc il faut se faire confiance et avoir du courage. »

Pacôme : « Il faut de la sagesse, de la gentillesse et plein de bonnes qualités.« 

Jade : « Il faut voir car quand on voit, on apprend. »

Andréa : « On a besoin d‘exemple, quelqu’un qui a plus d’expérience que nous, plus de sagesse pour nous guider vers le bon chemin. »

Maïa: « On a besoin de penser aux autres, de réfléchir avant d’agir. »

Tessa: « On a besoin d’imaginer, de créer des choses. »

Nous avons fini la discussion en nous posant cette question : « Que manquait-il à Victor pour développer son humanité ? » A vous qui lisez ce compte-rendu, nous vous mettons au défi d’y répondre !