Bonjour à toutes et à tous !

Merci aux usagères et usagers qui ont joué le jeu pour apporter leur contribution réflexive sur l’année 2020 ! Et oui, la précédente année a été très particulière en raison du contexte sanitaire dans lequel l’humanité entière a été baignée. Des questions, des concepts liés aux enjeux multiples, à la fois métaphysiques, éthiques, politiques et épistémiques ont émergé… Allons voir en détail ce qu’en pensent nos usagers philosophes !

Bonne lecture !


Voici la contribution de Jacques M. :

« 2020, notamment avec l’expérience du confinement, m’a fait mieux prendre conscience que VIVRE, ce n’est pas seulement travailler, ni consommer, ni faire du sport, ni regarder la télévision, etc. : ça peut être un peu tout cela mais à condition que ces lieux d’activité soient aussi des lieux de rencontre. de partage, d’échange, de RELATION. La relation est vitale. Chacun peut la vivre différemment, mais elle m’est apparue encore plus essentielle au vu des situations de déprime (dans le télétravail solitaire, dans l’absence de liens au fond de sa chambre en Ehpad, dans la solitude de son deux pièces …).  L’être humain est un être de relation !

VIVRE, c’est aussi INVENTER, OSER L’INITIATIVE … Je pense à deux initiatives merveilleuses qui ont pu se réaliser entre voisins lorsque l’un, l’une ou l’autre a su (a osé ?) prendre l’initiative de sortir son instrument de musique pour jouer un air à la fenêtre en déclenchant d’autres initiatives dans le voisinage (partage du verre d’amitié, fête d’un anniversaire, etc.) – comme cela s’est vécu dans un immeuble de 4 étages du quartier de la Boissière à Montreuil (et ça continue : chaque vendredi soir, en inter générations, ces voisins apprécient de se retrouver, de se donner des nouvelles, un cuistot au chômage est tout heureux d’apporter un gâteau pour souhaiter un anniversaire, etc.), ou rue Etienne Marcel à Romainville … Il a fallu simplement l’initiative d’une personne qui a INVENTE l’occasion de la rencontre … Ces personnes qui osent, et celles qui emboîtent le pas sont simplement des bienfaiteurs d’humanité !

Bon … Voilà ma modeste contribution !« 


Voici les différentes pistes de réflexion apportées par Sylvie C. :

« La différence majeure porte sur l’aspect collectif. Toute l’humanité est pour la première fois devant un même fléau à combattre. Qu’en avons-nous fait, qu’en faisons-nous et qu’en ferons-nous ? Alors ce qui me frappe, 

1) C’est le repli qui prend le pas sur la coopération : première grande question sur notre humanité, notre intelligence collective, nos archaïsmes peut-être. Aurons-nous la force d’âme de renverser cet angle de vue et de construire un projet de santé pour l’humanité à l’échelle du globe ? (solidarité vaccinale avec les pays pauvres, partage des savoirs à la place de la concurrence…). Aurons-nous l’intelligence de comprendre que l’intérêt individuel et l’intérêt collectif sont exactement alignés pour la première fois dans l’histoire de l’humanité sur l’étendue totale de la planète ?

2) À un niveau plus intérieur, c’est la force du lien : la relation quotidienne, même banalisée; les liens affectifs majeurs qui font défaut lorsqu’on ne peut plus voir les êtres chers, ni les enterrer dans la tradition humaine la plus ancestrale ; 

3) La question des générations « sacrifiées » …. Les vieux devaient-ils payer de leur vie pour que les jeunes ne souffrent pas de la crise sociale qui s’ensuit ? (Comte-Sponville m’a totalement énervée). Fallait-il jouer l’un contre l’autre ?

4) La question des responsabilités politiques locales immédiatement désignées. Accepte-t-on que nos gouvernants tâtonnent, soient incompétents sur un sujet auquel personne n’était préparé ? Pourquoi ne s’en prend-on pas plus clairement au véritable responsable objectif de cette pandémie ?

5) Quelles leçons de politique sanitaire et environnementale pour la suite : les pandémies à venir, le changement climatique qui nous attend … ?

Au fond et pour résumer peut-être, c’est la conjugaison de notre force et de notre fragilité qui m’apparaît : pris entre sidération, peur et force de résistance, de prodiges scientifiques, de créativité. Nous sommes tout cela à la fois. Un vertige !« 


2020, l’année de la résilience selon Fouzia S. :

« L’année 2020 m’a interrogé sur le sujet suivant comment alors que certains savent trouver les ressources pour tirer le meilleur de toutes les situations y compris les plus exceptionnelles, d’autres n’y arrivent pas  Je pense que c’est le ressort de ce thème de la résilience qui a été utilisé à toutes les sauces ces derniers mois mais au delà du buzz word comme disent les américains c’est un sujet de fond qui m’a toujours interrogé et encore plus cette fois ci. »