Les P’tits philosophes se sont retrouvés le samedi 13 mars pour réfléchir autour de deux concepts : « PARLER » et « AGIR ». Léonie leur a donc demandé à quoi leur faisait penser chacun de ces deux concepts. Chaque enfant devait proposer un mot pour « Parler » et un mot pour « Agir ».

Voici en image leurs nuages conceptuels :

Léonie a ensuite mis sous les yeux des enfants une expression qui aborde justement ces deux concepts :

« C’est plus facile à dire qu’à faire »

Que signifie-t-elle ?

Paula : Le jeudi soir, je fais du théâtre. On se dit que c’est facile à faire mais une fois sur la scène, c’est beaucoup plus difficile.

Diane : C’est quand on a un peu peur de faire ça. Quand on fait, on a peur. Mais quand on le dit, on n’a pas peur.

Héloïse : Quand on voit ce qu’on lit dans un livre, dans la vraie vie, c’est plus compliqué.

Orphée : Quand on dit, on a juste besoin de la parole.

Tessa : Pour faire, on a besoin de courage, de notre corps et de la parole.

Diane : Pour faire, on a besoin de bouger, de faire de l’action, de parler.

Héloïse : Cette expression est souvent utilisée. Quand je dois ranger ma chambre, dans ma tête, c’était facile, mais en vrai, ça prend beaucoup de temps.

Cette expression part d’un présupposé. Colin se lance pour rappeler ce que le mot « présupposé » peut bien vouloir dire : « c’est quand on dit quelque chose et qu’il y a une idée derrière ».

Dans l’expression « C’est plus facile à dire qu’à faire », que peut-on donc sous-entendre ? Selon Yassine, ça veut dire que « faire » c’est plus compliqué et que « dire » c’est plus facile. On peut donc se poser la question suivante : « Est-ce plus facile de dire que de faire ? »

Léonie a présenté aux enfants des situations tirées d’un magazine de philosophie pour enfants Philéas et Autobule. Des situations d’interaction entre plusieurs personnages étaient représentées avec des bulles de parole. Mais ces bulles n’étaient pas à la bonne place ! Les enfants devaient donc expliquer chaque situation, remettre les bulles correspondantes à leur place et répondre à la question « Qu’est-ce qu’on peut faire en parlant ? » Voici quelques réponses à la question :

  • Diane : Elle sert à dire ce qu’elle a envie d’avoir.
  • Héloïse : à mentir
  • Colin : ça sert à s’échanger des informations
  • Tessa : à exprimer ce qu’on pense et à se faire des amis.
  • Paula : à exprimer sa tristesse
  • Héloïse : à faire la morale, gronder.
  • Colin : à se plaindre
  •  Héloïse : à se défendre
  • Tessa : à s’excuser

Cette activité nous a permis d’arriver à une grande question : « Notre parole peut-elle avoir un effet sur le monde ? »

Diane : Les animaux ont un langage qui leur servent à communiquer et d’avoir un mode de vie plus clair. Du coup, c’est pareil pour nous.

Héloïse : ça dépend de qui on est dans le monde. Si on est quelqu’un comme nous – des enfants – notre parole, elle ne vaut rien comparée au président, on n’exprime pas grand-chose.

Diane : Je suis d’accord avec Héloïse. Il y a quand même certaines choses qu’on peut exprimer qui sont importantes.

Tessa : Je suis d’accord avec Héloïse. La parole de nous – les enfants – est importante dans l’humanité car ça fait partie de notre avenir. Si on se met tous ensemble à parler devant le président, on pourrait arrêter de mettre des déchets par terre. La parole des enfants pour l’avenir est très importante.

Paula : Comme on est des enfants et qu’on n’est pas célèbre dans le monde, il n’y a que nos amis et notre famille qui nous connaissent : notre parole peut être importante qu’auprès d’eux. Mais notre parole dans le monde elle ne va pas se faire entendre. Le président, comme il a été élu, il va pouvoir parler et que tout le monde l’entende à la télé, la radio, etc. Moi je ne vais pas passer à la télé et à la radio parce que j’ai dit quelque chose. Ça dépend ce qu’on fait dans la vie. On pourrait quand même essayer de faire un effet sur le monde. Ce n’est pas parce qu’on est juste des enfants et pas célèbres qu’on ne pourrait pas faire un effet sur le monde. Peut-être qu’au fur et mesure qu’on dit des choses, on pourrait être célèbre.

A-t-on besoin d’être célèbre pour que notre action ait un effet sur le monde ?

Yassine : Pour que la parole soit importante, il faut aussi une action par rapport à ça. L’action c’est connaitre la personne. Du fait que les autres connaissent cette personne, sa parole est importante. Donc la parole ne peut pas être importante (ou difficilement) sans action.

Paula : Si on ne parle pas et qu’on ne fait pas d’action, notre parole n’aura pas d’importance pour les autres. Si on veut qu’on nous écoute, il ne faut pas se dire « On ne va pas m’écouter car je ne suis pas célèbre. Je ne suis pas importante face au président », sinon notre parole n’aura pas d’importance. Pour que notre parole ait de l’importance, il faudrait faire des choses pour qu’on nous entende.

Pour qu’on nous entende il faudrait faire des choses : la parole aurait alors besoin de l’action ?

Tessa : On n’est pas obligé d’être célèbre pour faire passer la parole, on peut faire passer la parole avec beaucoup de personnes. J’ai fait une manifestation pour le climat aux Champs-Elysées, j’ai fait passer ma parole avec des milliers d’autres personnes. T’es pas obligé d’être célèbre pour faire passer ta parole.

Dire dans ce cas c’est toujours plus facile que faire ?

Colin : Pour moi, c’est plutôt difficile. Parler en public sur un truc où tout le monde n’est pas d’accord, où ça risque de poser problème, c’est plutôt difficile.

Héloïse : Notre parole n’a pas un poids si on ne fait rien. Greta Thunberg a commencé par parler, après elle a agi car on ne l’écoutait pas, elle a fait une grève tous les jours. Si elle n’avait pas fait d’action, on ne l’aurait jamais écoutée.

Sa parole était-elle déjà une action ?

Héloïse : Dire c’est déjà aussi faire quelque chose.

Judith : On n’est pas obligé d’être connu pour parler devant plusieurs personnes. Notre parole peut avoir des effets sans être connu.

Léonie a demandé en guise de bilan de l’atelier quel est le mot ou l’idée qui a marqué chaque enfant de l’atelier.

Pour Tessa, c’est qu’on n’est pas obligé d’être connu pour dire ce qu’on veut exprimer.

Pour Solel et Paula c’est le mot « parole » qui semble important.

Pour Colin, c’est qu’on peut changer le monde en parlant et l’appliquer.

Pour Héloïse, on a beau être jeune, notre parole peut être écoutée si on fait une action avec.

Pour Diane, notre parole peut être écoutée même si on n’est pas connu.

Enfin, Yassine propose le mot « Parler » car on a parlé à propos de la parole et on en a conclu pleins de choses !

Eh bien, merci aux p’tits philosophes pour ces belles paroles !