Le samedi 15 mai au matin, Diane, Yassine, Colin, Solel ont participé au Rendez-vous des P’tits Philosophes animé par Léonie sur le thème des Monstres !

Léonie a commencé par demander aux p‘tits philosophes si eux-mêmes connaissaient un monstre…

Diane : Le vampire parce qu’il a de grosses dents et il suce le sang. Il a peur de la lumière donc il sort le soir et la nuit pour faire des cauchemars.

Colin : Quelqu’un de conte. C’est Barbe Bleu, il a beau avoir ne pas avoir une allure de monstre, il est cruel et méchant, il tue des femmes.

Solel : SCP 096. Ce sont des espèces monstres, il y en a plusieurs donc on leur donne des numéros. Ils sont tout blanc et quand tu les regarde dans les yeux, ils courent sur toi et ils te tuent. Ce sont des livres sur des monstres SCP.

Yassine : Polyphème : je l’ai choisi pour 2 raisons. Parce que c’est le seul monstre qui me venait à l’esprit qui est à la fois est monstre en apparence et monstre par ses actes. Monstre en apparence parce que le monstre ça vient du mot « étranger, différence » si je m’en rappelle bien, quelque chose comme ça. Le cyclope Polyphème est étrange, différent par rapport à l’humanité : c’est un monstre physiquement. Il est aussi cruel, il fait des actes cruels comme manger de la chair humaine.

Yassine a fait une distinction sur les monstres. Laquelle ?

Colin a deviné : Il a distingué leurs actes et leur apparence.

Et le monstre se définit par rapport à quoi ?

Diane : il se définit par le fait qu’il soit différent des autres, qu’il fasse peur.

Colin : Je peux être un humain mais aussi un monstre par rapport à mes actes.

Yassine : Ce qui est différent ce serait les actes, l’aspect moral.

Est-ce qu’il suffit d’avoir une apparence de monstre pour être un monstre ?

Colin : Non, on peut avoir une apparence de monstre et être tout à fait gentil.

Solel : On peut être aussi très méchant et avoir une apparence d’humain normal. J’ai un copain qui embête tout le monde dans la cour et il a une apparence d’humain.

Est-ce que ça suffit pour définir ce camarade comme un monstre ?

Solel : Oui, un petit monstre.

Yassine : ça dépend de comment on parle du monstre. Si on parle du monstre à l’aspect physique, là l’exemple de Solel ne marche pas. Si on parle de l’aspect moral alors ça peut marcher.

Diane : Je ne suis pas d’accord avec Solel. Pour moi, un monstre c’est vraiment très méchant.

C’est quoi alors la différence entre être un monstre et être méchant ?

Diane : Quand on est un monstre on est plus méchant que quand on est juste méchant.

Yassine : Pour moi, il y a une grande différence par rapport aux autres.

Les p’tits philosophes ont ensuite fait un petit exercice philosophique sur les monstres. Pour chacun des cas, Léonie leur demandait s’il s’agissait d’un monstre ou pas…

  • L’ornithorynque, mammifère qui a un corps de loutre, une queue de castor, un bec de canard, des pieds venimeux et pond des œufs :

Diane : C’est pas un monstre, il a tué personne, il a été méchant avec personne. C’est juste son apparence qui fait peur.

Yassine : Le monstre il est anormal, alors que l’ornithorynque, c’est quelque chose de normal car tous les autres de son espèce sont comme ça. Un monstre c’est un cas unique, très rare.

Colin : Pour moi, ce n’est pas un monstre car personne ne sait son caractère et s’il pique avec ses pattes venimeuses, c’est juste pour se défendre. On ne connait pas son caractère, on ne peut pas savoir ses intentions, s’il est méchant ou pas.

  • L’homme le plus gros du monde, qui pèse 560kg :

Diane : Il ressemble à un monstre mais il n’a rien fait, il n’a pas fait de mal, il n’a jamais été méchant avec quelqu’un.

Yassine : Si Usain Bolt n’est pas considéré comme monstre, alors l’homme le plus gros du monde non plus. C’est juste quelqu’un qui a battu un record. Il est hors-norme, il a quelque chose que les autres ont mais de façon anormale. C’est la démesure de quelque chose que les autres ont.

Solel : Ce n’est pas un monstre car oui il est très gros mais ça veut pas dire qu’il est forcément monstrueux. Il n’est pas pareil que les autres, il est juste différent.

  • Un meurtrier en série qui a tué beaucoup de gens :

Diane : C’est un monstre. S’il tue les gens, c’est un acte cruel et très méchant. C’est très important pour nous d’être vivant.

Yassine : Il y a aussi de la démesure mais sur ce que les êtres humains font rarement : tuer. Mais surtout, c’est un acte cruel. C’est enlever la chose la plus importante aux êtres vivants.

  • Une mygale :

Colin : Une mygale, c’est juste une araignée. Elle pique c’est tout. On ne sait pas son caractère, il y a des animaux plus terrifiants mais qui ne sont pas des monstres.

Solel : Pour moi, c’est un monstre car je suis arachnophobe.

Yassine : C’est parce que Solel en a peur qu’il dit c’est un monstre.

Un nouveau concept émerge : le concept de peur. Colin et Solel n’ont pas le même rapport avec l’araignée, ce qui fait que l’un la considère comme un monstre, l’autre non…

  • Un énorme lion qui terrorise un village en attaquant ses habitants :

Diane : Les animaux ne sont pas des monstres. Par exemple, les léopards s’ils chassent c’est parce qu’ils ont faim ou qu’ils veulent protéger leurs petits.

Mais pour les villageois, ce lion est-il un monstre ?

Colin : Oui, car comme il les terrorise, ils ont un autre point de vue du lion. Pour les villageois, c’est un tueur qu’il faut éliminer.

  • Un homme qui ne pense qu’à gagner de l’argent :

Diane : C’est pas gentil mais c’est pas un acte de monstre. Un acte de monstre ce serait tuer des gens pour le plaisir. C’est pas assez méchant pour être un monstre.

Colin : Il a juste une ambition qui est de gagner de l’argent. Un monstre il fait des choses plus cruelles que ça. S’il pense qu’à gagner de l’argent, c’est juste son plaisir, son envie.

Est-ce que ça peut devenir monstrueux un homme qui ne pense qu’à l’argent ?

Solel : Oui, avec son argent il peut acheter un fusil et tuer des gens.

Est-ce qu’une personne qui fait du mal aux autres pour son propre plaisir est un monstre ? 

Diane : C’est forcément un monstre car c’est un acte cruel.

Colin : Oui, parce que bien qu’il ait une apparence humaine, il tue des gens et ça c’est un acte monstrueux. Parce que la personne n’a rien demandé et rien fait pour être violemment punie.

Diane : Pour le plaisir, faire mal aux gens c’est pas gentil. Quand c’est pas fait exprès, ce n’est pas un acte méchant. Un acte méchant c’est quand on fait vraiment exprès d’être méchant.

Il y a donc l’intention de faire mal pour être monstrueux !

  • Une mère qui abandonne ses enfants :

Diane : ça dépend pourquoi elle les abandonne. Par exemple, en pleine guerre, c’est pas un monstre. Une mère n’abandonne jamais ses enfants comme ça, c’est impossible. Ce qui est possible est que la mère veuille protéger ses enfants. Durant la première guerre mondiale, il y a des enfants qui ont été envoyé dans un autre pays pour les protéger de la guerre. Ça s’appelle pas abandonner ses enfants, mais protéger ses enfants de la guerre. S’il elle les avaient laissés en guerre, ses enfants seraient sûrement morts donc elle a protégé ses enfants !

Colin : Elle a totalement raison. Si c’est pour les protéger, je ne vois pas ce qu’il y a de monstrueux.

Léonie a fait remarquer aux p’tits philosophes que les exemples donnés dans cette exercice philosophique existent alors que ceux qu’ils ont cités au début de l’atelier étaient fictifs.

A partir de la discussion les P’tits philosophes ont ensuite fait un nuage de mots sur les principales caractéristiques du monstre :

La discussion nous a enfin menés à la question du jour : « Sommes-nous des monstres ? »

Colin : On a tous une part de mal en chacun de de nous.

Diane : On n’est pas tous des monstres. Parfois, ça nous arrive de nous bagarrer, d’être méchant. On n’est jamais des monstres. J’ai pas tué de personnes, j’ai pas fait d’actes de monstres.

Solel : On peut être un monstre et on peut ne pas l’être. Tout le monde a une part de méchanceté. Mais cette méchanceté peut apparaître à des moments spéciaux. Cette partie peut ne pas se dévoiler. Si t’es très sage, tu peux résister mais si tu t’embarques dans n’importe quoi, tu peux sortir ta méchanceté.

Léonie leur a raconté le conte amérindien des deux loups. Le voici :

« Un soir, un vieil indien Cherokee raconte à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe chez les gens et lui dit :

Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est le Mal : C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’ego.

L’autre est le Bien : C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »

Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :

Lequel des deux loups gagne ?

Le vieux Cherokee répondit simplement :  Celui que tu nourris. »

Comment peut-on interpréter cette histoire ?

Yassine : Ça veut dire que si tu fais en sorte de faire le bien alors c’est celui qui fait le bien que tu nourris. Mais si tu fais des choses mal, c’est le mauvais loup que tu nourris.  

En dernière activité, les p’tits philosophes ont réfléchi autour de la question du jour : « Est-ce qu’on peut tous être un monstre ? » Pour répondre, ces derniers ont été réparti en deux équipes. L’une composée de Colin et Solel devait donner des arguments en faveur du « oui » ; l’autre équipe composée de Diane et Yassine devait répondre « Non ».

Pour conclure, Léonie a demandé aux p’tits philosophes de donner l’idée qui leur a plu dans l’atelier :

Diane : Pour être un monstre, il faut être méchant et vraiment faire un acte cruel.

Colin : Pour être un monstre, il faut donner plusieurs adjectifs.

Solel : Moi c’est l’exemple du lion, que c’était pas vraiment un monstre.

Et vous, quelle est l’idée qui vous a plu ?