Archives des Conférences

Programme 2021/2022 :

Samedi 25 septembre 2021, 16h : Le genre, un concept enflammé ?

Marie Garrau

Le genre fait débat. Nous en parlons, nous en discutons, nous polémiquons, dans les médias, à la maison et au café : il nous enflamme. Pourtant, au début, l’idée de genre est simplement apparue pour parler de la différence entre hommes et femmes telle qu’elle a été construite par la société, la culture et l’histoire. Il s’agit de se déplacer : au-delà de l’appartenance au sexe masculin ou féminin, il se jouerait en nous quelque chose qui vient de la culture, et non de la nature. À partir de là, de multiples polémiques et résistances surgissent, tant au niveau des citoyennes et citoyens que des intellectuelles et intellectuels ou des médias. Il semble que le genre dérange. Pourquoi ? Le genre est-il un concept enflammé ? Nous approfondirons ces questions avec Marie Garrau, philosophie française contemporaine, Maître de conférence à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.


Samedi 11 décembre, 17h : Comment fabrique-t-on un transclasse ?

Chantal Jaquet

Il est étrange de penser que l’on appartient à une classe spécifique de la société, comme si elle nous possédait. C’est comme si nous étions enfermés dans une case (voire une caste ?). Peuton s’en échapper ? Malgré le poids écrasant de la reproduction sociale, nous connaissons les multiples exemples d’ascension et de transfuge de classe, qui semblent nous montrer qu’il est possible de changer de classe sociale. De façon plus générale, il est fécond, philosophiquement, d’explorer le phénomène des « transclasses ». Ce concept a été forgé par Chantal Jaquet, philosophe française contemporaine, professeure à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle nous accompagnera dans l’appréhension de cette idée. Qu’est-ce qu’un transclasse ? Comment parvient-on à passer d’une classe à une autre ? Qu’advient-il alors ?


Samedi 2 avril, 16h : Philosophie du flamenco : en quoi nous fait-il vibrer ?

Anne-Sophie Riegler

La vibration tient une place importante dans la musique : elle fait naître les sons, les mélodies et les harmonies. Mais certaines musiques tentent aussi de faire vibrer les âmes et les corps en suscitant des émotions : c’est le cas, notamment, du flamenco, né en Andalousie au 19e siècle. Cette forme musicale, souvent associée à la danse, est particulièrement orientée vers l’exaltation des émotions chez les auditeurs et auditrices : joie, tristesse, désespoir, nostalgie, et d’autres encore. Le flamenco semble ainsi être le lieu où l’on vient ressentir, déposer, peut-être purger ses émotions, accompagné par les artistes, qui eux-mêmes semblent souvent déborder d’émotion. Pourquoi le flamenco en appelle-t-il aux émotions ? De quelle façon les éveillet-il ? L’émergence des émotions se produit-elle nécessairement ? Autant de questions que nous explorerons grâce à l’analyse experte d’Anne-Sophie Riegler, docteure et enseignante en philosophie.


Vendredi 8 avril, 20h30 :  Le triangle et l’hexagone : réflexions sur une identité noire

Maboula Soumahoro

© Patricia Kahn

Maboula Soumahoro, autrice, chercheuse, Maître de Conférences à l’Université de Tours.

Cette conférence a eu lieu dans le cadre de la Résidence d’écrivain et des ateliers d’écriture animés par Marc Perrin en 2021/2022.


Programme 2019-2020

  • Samedi 30 novembre 2019, 11h : Les philosophes peuvent-il nous aider à être audacieux ? Marie Robert

Passer toute sa journée chez Ikea, rencontrer ses beaux-parents, se faire larguer au café, cohabiter avec son ado, faire un peu trop la fête… Autant de situations qui peuvent nous déboussoler. Que faire pour éviter la crise de nerfs ou de larmes ? Et si vous invitiez Platon, Spinoza, Nietzsche et leurs amis pour évoquer toutes ces questions du quotidien ? Qu’est-ce que Kant aurait répondu à un texto de rupture ? Aristote aurait-il repris une vodka ? L’herbe est-elle plus verte chez Épicure ? Les philosophes quittent enfin leurs bibliothèques pour devenir nos complices. Douze récits, douze concepts, douze philosophies pour nous aider à réagir avec humour à toutes les surprises de la vie. C’est une nouvelle vision de la philosophie que nous présente Marie Robert, professeure de philosophie au lycée et à l’université et auteure de l’ouvrage « Kant tu ne sais plus quoi faire, il reste la philosophie « (Flammarion, 2018).

  • Samedi 25 janvier 2020, 11h : Aimer s’apprend aussi ? Méditations spinoziennes. Sébastien Charbonnier

Nos paroles négatives adressées aux autres ne produisent rien sinon les diminuer et nous diminuer avec eux. Telle est l’hypothèse qui traverse les pages de l’ouvrage de Sébastien Charbonnier. Ce problème est un enjeu à la fois éducatif (apprendre par le fait d’être transformé par les paroles de l’autre) et politique (échanger ensemble pour décider en démocratie). À quelles conditions arriverons-nous à dialoguer les uns avec les autres pour, ensemble, faire mieux ? Comment m’adresser aux autres, et pourquoi le faire, si ce n’est pas pour les augmenter et être augmenté avec eux ? Bref, comment faire tomber nos armures afin de devenir plus libres et plus forts ? Ce livre est une politique du geste d’aimer : apprendre à aimer un autre comme soi-même, c’est continuer d’apprendre auprès de chacun·e, rencontrer ce qui diffère de nous, pour ne jamais devenir, malgré soi, un dominant du savoir.

  • Samedi 7 mars, 11h : Rompre, ou trouver le sens dans la faille ? Claire Marin

Qu’elles soient joyeuses ou tragiques, visibles ou non, les ruptures rythment notre existence, nous transforment, nous remettent profondément en question. Comment conjuguer ces «bifurcations » de nos vies que sont les ruptures avec l’idée de notre identité, une et constante ? Nous révèlent-elles la multiplicité de nos identités possibles, ou le fait que nous nous affirmons progressivement, au fur et à mesure de ces « accidents » de la vie ? Nous épurent-elles ou nous démolissent-elles ? Pour la philosophe Claire Marin, auteure de l’ouvrage « Rupture(s) » (Editions de l’Observatoire, 2019), la définition de notre être est tout autant dans nos sorties de route que dans nos lignes droites, dans les accrocs au contrat que dans le contrat lui-même. Naissances ou deuils, séparation ou nouvel amour, besoins d’ailleurs : nos oscillations, nos vacillements nous fragilisent, mais soulignent également notre capacité à supporter l’incertitude, à composer avec la catastrophe et, en les surmontant, à parfois démarrer une nouvelle vie.

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