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Au fil des idées : la vie de la pensée, dans une ville philosophe !

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Paroles de philosophes

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 25 janvier : une vie exemplaire

Ce matin, les P’tits Philosophes se sont réunis autour d’une notion difficile, celle de l’exemplarité, qu’ils ont dénouée de façon exemplaire. Nous partageons ci-dessous quelques réflexions partagées.

 

Qu’est-ce que signifie « être exemplaire » ?

exemplaire

« Être exemplaire, c’est être généreux, organisé, et gentil. Ce n’est pas forcément les grands qui montrent l’exemple, les grands peuvent parfois faire n’importe quoi et ne pas montrer l’exemple aux petits. Des fois ça peut aussi être les petits finalement qui montrent l’exemple. » Maïa

« Être exemplaire dépend de plein de choses. D’un endroit à un autre : une personne sage va prendre la ligne droite, elle montrera l’exemple en étant droite, une autre personne prendra un chemin plutôt original qui fera tout un détour, elle montrera l’exemple en faisant des choses que personne ne peut faire, et une autre va prendre le même chemin que tout le monde, qui n’est pas si étonnant mais qui n’est pas une ligne droite, qui déraille un peu, il va montrer aux autres le chemin commun. »

« Pour être exemplaire, il faut avoir confiance à soi, être courageux, avoir des idées, mais aussi des émotions. » Anna

« Être exemplaire c’est être sage mais pouvoir faire des erreurs. C’est en faisant des erreurs et en les corrigeant qu’on est exemplaire. » Héloïse

« Pour moi, il n’y a pas d’exemple fixe, chacun a le sien. Mais on peut dire qu’il faut faire ce qui est bien, ce qui est juste pour nous. » Nils

« C’est soi-même l’exemple pour nous. On doit être son propre exemple. » Anna

« On peut être exemplaire mais on ne sera jamais parfait. » Louis

 

A partir de la remarque d’Héloïse les enfants en sont venus à discuter de la place de l’erreur dans la vie exemplaire.

« On n’est pas obligé d’être sage pour être exemplaire. On peut faire des bêtises. Parce qu’on apprend de ses erreurs. On peut aller de travers et revenir sur le droit chemin. On peut ne pas être exemplaire et devenir exemplaire. » Maïa

« Le meilleur des maîtres c’est l’échec. C’est en apprenant de ses erreurs qu’on peut devenir exemplaire. » Amaranthe

« On peut faire des erreurs et montrer l’exemple. Les erreurs, ça nous permet d’apprendre. » Yassine

« Pour devenir exemplaire, il faut faire des erreurs, mais pas des erreurs volontaires. » Aouès

« Être exemplaire c’est se rendre compte de ses erreurs. » Cheddi

« Avant de critiquer les autres, il faut se critiquer soi-même. Il faut être son propre exemple et aussi prendre les autres en exemple pour s’améliorer. » Simon

« Faire une bêtise ça peut être exemplaire quand ça sert d’exemple à ne pas faire. » Simon

« Si on fait une erreur et qu’on sert d’exemple à ne pas faire, on est un mauvais exemple, et donc pas exemplaire. » Gabriel

« Pour moi, les personnes exemplaires n’existent qu’à moitié : on peut tout aussi bien montrer le bon que le mauvais exemple. On montre tous le mauvais exemple une fois dans notre vie. » Maïa

« On ne peut pas donner de conseils aux autres qu’on n’applique pas nous-même. Il faut voir ses erreurs avant de vouloir corriger celles des autres. » Maïa

« Ce n’est pas forcément parce qu’on fait des bêtises qu’on n’est pas exemplaire. Chacun suit l’exemple qui lui semble bon. » Nils

 

Les P’tits Philosophes en sont alors venus à se demander ce qui permettait de savoir qu’un exemple était bon ou mauvais.

« Un mauvais exemple c’est quand quelqu’un montre de très mauvaises bêtises, ce qu’il ne faut pas faire, pour que quelqu’un qui ne connaît pas le bon exemple fasse pareil. » Lisa

« Un mauvais exemple c’est quelque chose de pas bien mais en même temps qui est facile à recommencer, qu’on ne peut pas s’empêcher de refaire. » Gabriel

« Il n’y a pas de bons ni de mauvais exemple. C’est à nous de choisir, on n’aura pas tous les mêmes arguments. On peut faire des choses et avoir des regrets, les regrets ça construit notre vie. » Anna

« Chacun pense différemment donc on ne peut pas savoir ce qui est absolument un bon ou mauvais exemple. Il faut le préciser pour nous. » Maïa

« Il n’y a pas de bon ou de mauvais exemple en général parce que c’est une question de point de vue. » Amaranthe

 

Nous vous remercions les P’tits Philosophes pour ces réflexions aussi passionnées que passionnantes, un extraordinaire exemple pour nous du pouvoir de philosopher des enfants !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 18 janvier : Prendre son temps

Samedi 18 janvier, les P’tits philosophes ont pris leur temps afin de se réunir justement autour du thème : prendre son temps. Nous partageons ci-dessous le chemin de pensée patiemment développé ensemble à cette occasion.

 

Qu’est-ce que le temps ?

« Le temps ce n’est pas des aiguilles, les aiguilles c’est ce qui nous permet de mesurer le temps. Le temps est une chose infinie qu’on ne peut pas regarder, qui est là sans vraiment être ici. » Yassine

« Le temps ça peut aller vite et lentement. » Pacôme

« Pour une personne, le temps c’est quelque chose qui commence et qui s’arrête. » Cheddi

« Le temps c’est plein de moments, dans ces moments il y a les heures, les minutes, les secondes, et ils se collent tous » Tessa

« Le temps c’est quelque chose d’invisible et qui passe sans arrêt. Il ne s’arrête jamais » Clara

« Pour moi le temps c’est quelque chose qui ne s’arrête jamais. Même si tout s’arrêtait il y aurait toujours du temps qui passe. » Gabriel

« Pour nous, le temps un jour s’arrête, mais pour le monde il continue à passer parce que pendant qu’on s’arrête le temps passe. » Gabriel

« Il y a deux façons de voir le temps, il y a ceux pour qui le temps peut tout faire, il se faufile partout, et il y a le temps à l’intérieur de nous-même qui peut passer vite, lentement et s’arrêter. » Chloé

« Le temps peut être partout et avec chaque personne en même temps. » Clara

« Chacun voit différemment le temps. C’est notre temps à nous qui passe différemment alors que le temps du monde avance toujours régulièrement. Quand on fait quelque chose qu’on aime, notre temps à nous passe vite alors que quand on s’ennuie, il passe lentement. » Chloé

« Le temps du monde avance toujours à la même vitesse alors que le temps pour nous aller à différentes vitesses quand tu t’amuses trop par exemple tu ne vois pas le temps passer. » Pacôme

 

Qu’est-ce que « prendre son temps » ?

« Prendre son temps c’est ne pas être pressé. » Clara

« Prendre son temps c’est être tranquille » Chloé

« Quand on prend son temps, ce n’est ne pas se dépêcher, contrôler son temps à soi, s’organiser dans son temps. » Héloïse

« Prendre son temps c’est une expression pour dire qu’on va essayer d’y passer plus de temps pour avoir moins de chances de se tromper et plus de chances de réussir. On ne peut pas l’attraper, mais on peut essayer de rallonger notre temps à nous pour faire plus de choses. » Maïa

« Prendre son temps c’est aller lentement, du sens, ne pas se dépêcher, ne pas presser. » Pacôme

« Prendre son temps ça veut dire bien réfléchir et aller tout doucement » Harvey

 

 

Est-ce important de prendre son temps ?

« C’est important de prendre son temps parce que ça nous permet de faire des choses pour soi. » Héloïse

« Si on ne prend pas son temps on est toujours pressé donc c’est important d’avoir des moments où on prend son temps. » Tessa

« C’est important d’avoir des moments pour soi où on fait ce qu’il nous plaît. C’est important de prendre son temps. » Maïa

« Ça peut parfois être important de prendre son temps quand on veut faire quelque chose bien, par exemple fabriquer un cadeau pour quelqu’un » Pacôme

« C’est important de prendre parfois son temps mais pas toute la vie entière parce que sinon on ne pourra plus rien faire entièrement » Gabriel

« Il y a des moments où c’est important de prendre son temps, et des moments où on ne doit pas prendre notre temps. » Simon

 

Merci les P’tits Philosophe pour cette passionnante discussion, nous sommes ravies ici, à la Maison de la Philo, que vous preniez le temps de partager vos idées, d’ouvrir vos pensées, de venir vous questionner, chaque samedi à nos côtés !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 11 janvier 2020 : « L’égalité est-elle toujours juste? »

Pour ce premier Rendez-vous des P’tits Philosophes de l’année 2020, les enfants ont réfléchi ensemble sur le concept de Justice, autour de la question suivante: « L’égalité est-elle toujours juste? »

Nous avons commencé un petit jeu de mise en situations où les enfants ont du évaluer pour chaque situation s’ils trouvaient chacune d’elle juste ou injuste et trouver l’argument qui justifie leur jugement.

Fiche situation Justice Philéas Autobule

Source : Philéas et Autobule « Comment être juste ? » n°41- octobre-novembre 2014
https://www.phileasetautobule.be/numero/41-comment-etre-juste/

Ce petit jeu nous a permis de nous demander ce qui est juste. Voici certaines de leurs réponses :

  • « Ce qui est juste, c’est respecter les règles de la vie, les règles de la classe et ce qu’ils veulent. » Harvey
  • « C’est ce qui est égal : tout le monde reçoit la même part. » Rayan
  • « Que le monde respecte qui on est et les choix du destin. C’est respecter ce que les autres sont. » Nils
  • « Ce qui est juste, c’est que chacun puisse vivre avec ce dont il a besoin pour vivre sans en avoir excessivement. » Maïa
  • « Ce qui n’est pas juste, c’est que les gens qui ont un travail difficile ne soient pas bien payés. Ce qui serait juste, est qu’on soit payé de la même façon pour le même travail. » Louis
  • « Tout le monde devrait avoir la même somme à gagner. » Cheddi

 

… L’égalité est-elle donc toujours juste ? 

  • « Ce serait impossible d’être tous égaux, d’avoir la même somme. La justice c’est possible pour les petites choses et plus dur pour les grandes choses. » Tessa
  • « Si le monde était juste, on ferait un grand pas en avant. L’égalité, c’est chacun a sa part et la même, donc elle n’est pas toujours juste. » Nils
  • « C’est dur à réaliser la justice. Il y en a toujours certains qui s’imposeront aux autres: certaines intentions seront justes, certaines seront injustes. Et il y aura toujours quelqu’un qui ne sera pas d’accord. ça dépend de la personnalité de chacun.  » Maïa
  • « Le partage avec les autres n’est pas toujours juste. » Vadim
  • « L’égalité ne peut jamais être parfaite car c’est dur de l’avoir. » Aouès

 

Merci les Petits Philosophes pour ces belles idées ! A la semaine prochaine avec la question: « Est-ce un art de prendre son temps ? »

Compte-rendu des ateliers « Espaces de pensées » du 31 décembre 2019 et du 3 janvier 2020

La Maison de la Philo vous souhaite une très bonne année… 2020 !

Durant les vacances scolaires, la Maison de la Philo est restée ouverte et a accueillie durant deux matinées, les jeunes âgés de 12 à 15 ans de l’Espace Cachin pour des ateliers « Espaces de pensées ».

 

La matinée du 31 décembre 2019, nous avons fait un grand tribunal de la raison dans lequel les jeunes ont défendu leurs idées par équipe.

La question suivante a été piochée : « A-t-on besoin d’un chef ? »

  • Equipe1 : « Oui, nous avons besoin d’un chef »

  • Équipe 2 : « Non, nous n’avons pas besoin de chef »

  • Équipe 3 : « Nous avons parfois besoin de chef »

Chaque équipe devait défendre sa position à l’aide d’un avocat et répondre ensuite aux questions du juge et des autres équipes.

Voici la retranscription de leur fiche :

  • Equipe 1 : « On a besoin d’un chef »

Réponse développée / Idées Défendues :

On a besoin de chef à la fois au travail, à l’école, à la maison et pour diriger un pays.

Arguments :

– Avec un chef, on peut diriger le travail pour bien le faire

– Si on n’avait pas de chef, on serait irrespectueux à l’école et trop gâté à la maison

– Les chefs sont là pour éviter de nous battre et de faire le bazar

– Si on n’a pas de chef, on ne travaillerait pas

Exemples :

– On est maçon et on transporte du ciment. Le chef nous dirait où le mettre.

  • Equipe 2 : « On n’a pas besoin de chef »

Réponse développée / Idées Défendues :

Nous n’avons pas besoin de chef pour nous débrouiller tout seul.

Arguments :

– Nous n’avons pas besoin de chef parce que nous connaissons déjà nos droits et devoirs

– Nous savons ce qu’on n’a pas le droit de faire.

– Pour s’amuser car on est libre

– Nous sommes libres de parler et de nous exprimer.

Exemples :

– Nous pouvons nous déplacer sans avoir besoin de chef

– Pour utiliser des appareils électroniques, on n’a pas besoin de chef car on sait s’en servir tout seul.

  • Equipe 3 : « On a parfois besoin de chef »

Réponse développée / Idées Défendues :

On a à la fois besoin de chef et pas besoin de chef selon certains domaines.

Arguments :

– On n’a pas besoin de chef dans un groupe d’amis car il déciderait de tout et les autres ne pourront rien dire.

– On a besoin de chef pour diriger des pays, sinon il n’y aurait pas de règles.

– Nous avons besoin d’un chef au travail sinon les gens ne respecteraient les règles.

Exemples :

– On va au cinéma avec nos amis et le chef décide de tout. Au final, il prend sa décision tout seul, sans écouter les autres.

– Au travail, quelqu’un qui n’a pas de chef ne respecte par les horaires : il vient quand il veut et part quand il veut.

Le vendredi 3 janvier 2020, nous avons entamé une discussion votée à l’unanimité par les jeunes : « Faut-il toujours dire la vérité ? »

Avant de commencer, un test comportant 15 situations (Exemple : « A un(e) ami(e) qui a acheté un nouvelle paire de chaussures qui ne lui vont pas. Est-ce que tu lui dis la vérité ? ») leur était distribué. Pour chaque situation, il leur était demandé s’il fallait dire la vérité ou inventer un mensonge. La calcul des « oui » (« il faut dire la vérité ») et des « non » (« il faut inventer un mensonge ») permettait de déterminer un profil de philosophe proche de leurs idées : Etes-vous Kant ou Bentham ?

Voici ci-dessous, de quoi il s’agissait :

Déontologisme

= on s’intéresse aux intentions

Conséquentialisme ou utilitarisme

= on s’intéresse aux conséquences, à l’utilité

Emmanuel KANT

Jérémy BENTHAM

Selon Kant, il faut toujours dire la vérité, quelque soit la situation devant laquelle nous faisons face. Il faut agir selon une règle qui s’appliquerait à tous. Si l’on fait exception, nous ne respectons plus cette règle. Cela véhiculerait l’idée que chacun aurait ses propres règles et plus personne ne respecterait celles dictées dans la loi.

Une bonne règle est une règle que nous pouvons appliquer à tous. Quelle règle veut-on donc appliquer à tous ? La règle de la vérité ou la règle du mensonge ???

Il faut passer le test d’universalisation devant chaque situation : est-ce que je veux que cela soit une règle universelle ? Est-ce que je veux appliquer cette règle au monde entier ? Un monde où dire la vérité n’est qu’un choix individuel et plus une règle fondamentale à suivre par tous et à tout moment est un monde qui ne suis plus aucune morale.

Extrait de Fondements de la Métaphysique des Moeurs, 1785 de Kant : « Je dois toujours me conduire de telle sorte que je puisse aussi

vouloir que ma maxime devienne une loi universelle. »

Majorité de « Oui » dans le test

Selon Bentham, il faut réfléchir aux conséquences de la vérité, c’est-à-dire aux effets qu’elle va produire. On s’intéresse à la façon dont va réagir l’individu qui va recevoir cette vérité. Elle peut parfois faire plus de mal que de bien. On peut donc s’autoriser à mentir du moment que ce soit pour une cause juste.

Devant chaque situation, il faut se poser la question suivante : est-ce utile de dire la vérité ? (d’où la notion d’utilitarisme) Si non, il est évident qu’il ne vaut mieux donc pas la dire.

Bentham propose donc l’idée suivante : il faut prendre en compte les conséquences pour tous et pas pour une personne particulière. Il faut viser le bonheur du plus grand nombre de personnes. Autrement dit, il faut agir de sorte à produire le bonheur de la majorité : peu importe si cette majorité vit dans un mensonge, du moment qu’il n’y a pas de peine.

Un mensonge est parfois préférable pour ne pas blesser les autres… et peut même sauver des vies !

Majorité de « Non » dans le test

Ces situations nous ont permis de réfléchir ensemble sur cette question au cour d’une discussion. Ci-dessous, un schéma synthétique de leurs idées :

Synthèse atelier espace de pensées 3 janvier 2020

 

Une semaine très riche en philo pour ados !

 

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 7 décembre : La solitude

Samedi 7 décembre, les P’tits philosophes se sont réunis autour d’une notion complexe : la solitude.

 

Qu’est-ce que la solitude ?

« La solitude c’est quand on est seul et quand on se sent seul. » Héloïse

« La solitude c’est quand tu restes seul » Tessa

« La solitude peut être un choix de vie, quand tu décides de vivre loin des autres. » Maïa

« La solitude ça peut être ce qu’on ressent quand on est rejeté par les autres. » Chedi

« La solitude c’est pas forcément être tout seul au sens de personne autour de soi mais connaître personne, être à l’écart. » Nils

« La solitude c’est pas forcément être seul mais se sentir seul, donc on peut ressentir de la solitude même s’il y a des personnes autour de nous. » Yassine

« La solitude, ça peut être une qualité et un défaut : une qualité parce que ça nous permet de faire des choses seul, un défaut parce que ça peut nous empêcher de faire des choses en groupe. » Rayan

« La solitude c’est être seul, ne pas avoir d’amis, mais parfois on peut avoir des amis et se sentir seul si aucun d’eux ne veut passer du temps avec nous par exemple. » Clara

« Pour moi, il y a deux formes de solitude : il y a connaître personne et ne pas avoir d’amis, et il y a vouloir être seul. » Nils

 

Les enfants ont alors examiné l’hypothèse selon laquelle la solitude pourrait être un choix.

« Pour moi, ça peut être un choix et en même temps ne pas l’être. Si on veut rester éloigné des autres pour une raison, on peut choisir d’être seul. Mais dans la solitude, il y a quelque chose qui peut être là mais qui peut aussi ne pas être là. Par exemple il y a être seul, autour de nous personne, ça ce n’est pas obligatoire car il peut y avoir plein de personnes autour de nous, et alors tu peux ne connaître personne comme disait Nils, mais tu peux aussi les connaître et avoir la sensation d’être seul. » Yassine

« On peut se sentir seul même s’il n’y a des personnes autour de nous. » Marilou

« La solitude peut être imposée par rapport à notre apparence, par exemple, d’autres fois c’est un choix, par exemple, parce qu’on est plus à l’aise seul. » Maïa

 

Les enfants ont distingué être seul et se sentir seul et ont alors cherché à préciser ce qu’était la solitude à partir de cette distinction.

« Il y a une nuance entre les deux, comme en musique. Être seul ça peut être un choix, se sentir seul c’est une obligation. » Maïa.

« La solitude c’est quand on ressent quand on se sent seul. On peut se sentir seul parce qu’on est seul, mais à 90% c’est un sentiment, on se sent seul, et à 10% on est seul. » Héloïse

« Parfois on se sent seul sans être seul, on ressent de la solitude. » Marilou

« La solitude c’est un état d’esprit, c’est-à-dire c’est lié à comment on réfléchit, on peut être rejeté et se sentir seul mais on peut aussi avoir envie d’être seul. » Achille

La solitude fait-elle peur ? Doit-on avoir peur de la solitude ?

« On peut avoir peur de la solitude parce que quand on est seul on vit des choses différemment, on entend des bruits qu’on aurait pas entendus à plusieurs, on a plus peur, et donc on a peur d’être seul, parce qu’on a peur d’avoir peur. » Héloïse

« On peut avoir peur des sentiments, et donc avoir peur de la solitude mais on peut aussi avoir peur d’être rejeté. » Achille

« Il y a plusieurs sortes de peurs, on peut avoir peur de la solitude parce que ce n’est pas agréable, ce n’est pas quelque chose qu’on aime ressentir. » Nils

« On peut avoir envie d’être seul, mais on ne peut pas avoir envie de se sentir seul. Si je suis seul et que je n’ai pas envie d’être seul je peux avoir peur, peur d’être rejeté, peur de la solitude. » Achille

 

Faut-il lutter contre la solitude ?

« Des fois, il faut absolument se sentir seul pour prendre les bonnes décisions, c’est obligatoire de rester seul avec la solitude. Par exemple, si on est avec quelqu’un qui ne veut pas la même chose que nous, il faut rester seul. » Marilou

« Des fois, on a besoin d’être seul, d’autres fois, il faut lutter contre la solitude, pour ne pas être en colère et blesser d’autres personnes. Parce qu’être seul alors qu’on ne veut pas être seul, ça peut nous mettre en colère. » Achille

« Ça peut être une qualité, si ça nous permet d’être indépendant, donc il ne faut pas toujours lutter contre la solitude. » Rayan

Merci les P’tits Philosophes pour cet échange passionnant, une chose est sure, on ne se sent jamais seul les samedis matin à vos côtés !

 

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 30 novembre: L’Identité

Samedi 30 novembre à 11h, les petits philosophes âgés de 6 à 12 ans ont réfléchi ensemble sur la notion d’Identité et sur ce qui la compose. Ci-dessous, le déroulé de l’atelier et leurs idées marquantes ! 

Nous avons commencé par un petit jeu dans lequel chaque équipe devait faire la liste de 5 ingrédients qui composent l’identité d’une personne. Quelques belles idées ont émergé telles que : le statut dans la société, les projets, les origines, le caractère, les goûts et attitudes… 

Puis est venu le moment de discussion :

  • Qu’est-ce que l’identité d’une personne ?

– « C’est quand tu définis quelqu’un. C’est comme si tu le voyais et que tu décrivais comment il est. » Aouès

– « L’identité d’une personne, c’est ce qu’elle a vécu, ce qu’elle a enduré, ce qu’elle a vu, ce qu’elle a entendu, ce qu’elle a appris de ses erreurs. Les erreurs, ça peut changer des minis choses de notre caractère. » Achille

– « Pour certains, c’est l’apparence, le savoir-faire, la personnalité, le caractère. C’est ce qui fait qu’on est nous et pas quelqu’un d’autre. » Héloïse

– « Ce sont des choses qui ne doivent pas changer et des choses qui vont changer. Il y a plus de choses qui ne changent pas car dans ‘identité’, il y a ‘identique' ». Yassine

– « L’identité, c’est notre personne à nous, c’est nous, ce qu’on est. C’est ce à quoi on ressemble. » Chedi

– « L’identité, c’est quelque chose qui nous rend unique. » Nils

  • Identité changeante ? 

– « On change pas très très souvent. On a une habitude, quelque chose de grave se passe et là on change de caractère. Il y a beaucoup de choses qui changent à cause des événements. Il y a pleins de petites choses qui nous apprennent de nos erreurs et qui rentrent dans notre caractère. » Achille

– « L’identité change tous les jours, c’est une très brève définition de la personne. » Amaranthe

– « Dans l’identité, tu peux te rendre compte qu’il y a des changements. » Carla

– « Dans l’âge, il y a une chose change et une chose qui ne changera jamais. L’âge qu’on a, change ; le moment où on est né, ça ne changera jamais. » Yassine

– « Entre la maternelle et le CM2, j’ai changé donc l’apparence ne compte pas tellement dans l’identité. » Maïa

Pour illustrer cette question sur l’identité changeante, une petite expérience de pensée sur le Mythe du Bateau de Thésée est venue agrémenter la discussion !

Thésée2

En quelques mots, l’histoire est la suivante: Thésée, connu pour son combat contre le minotaure (mi-homme, mi-taureau) et ses exploits victorieux sur les flots, a longtemps été vénéré par les athéniens qui ont décidé de garder fièrement en souvenir la bateau avec lequel il a navigué. Le temps passe et le bateau se fatigue. Les pièces du bateau sont donc peu à peu remplacées, à tel point qu’il ne reste plus aucune pièce d’origine.

La question est donc la suivante: Est-ce que ce bateau est toujours le bateau de Thésée? Voici les réponses des enfants philosophes:

– « C’est plus le même car si Thésée revient sur le bateau, il ne retrouvera plus les mêmes odeurs, il ne sera plus à l’aise. » Maïa

– « C’est le bateau de Thésée mais ce n’est pas le même. Il est identique, il a la même forme mais il n’a pas les mêmes pièces: il n’a pas la même identité. » Yassine

– « C’est le bateau de Thésée en apparence mais ce n’est plus le bateau de Thésée. » Héloïse

– « Ce n’est pas le bateau de Thésée, il n’a pas marché sur ces planches. » Achille

En lien avec l’identité et à l’image du bateau de Thésée, nous changeons constamment. Tous ces changements, font-ils que nous devenons une autre personne? 

– « On change physiquement mais, au fond, on reste la même personne. » Maïa

– « On va peut-être changer d’apparence physique mais à l’intérieur de nous, on reste la même personne. » Nils

Un grand merci à nos chers P’tits Philosophes pour ce moment de partage philosophique ! 

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 23 novembre 2019 : la Vérité

Le 23 novembre 2019, les p’tits philosophes se sont réunis pour discuter sur le thème de la Vérité.

Que signifie “Dire la vérité” ?

« Dire la vérité, c’est quand on ne ment pas, on dit ce qu’on ressent. Il faut parfois garder la vérité pour soi. » Anna

« La vérité c’est quelque chose qui est vrai, qui est réel. » Polina

« Dire la vérité, c’est dire réellement ce qui s’est passé » Rayan

Plusieurs enfants disent que l’inverse de la vérité c’est le mensonge…

« La vérité, c’est quand tu dis des choses vraies, et le mensonge, c’est quand tu dis des choses fausses ». Aouès

Mais Héloïse : « Dans les livres, on ne peut pas dire que c’est la vérité. Ça peut être du fantastique. Mais ce n’est pas du mensonge. »

Yassine : « Dire la vérité, c’est quand : soit on est sûr de ce qu’on dit, soit c’est parce qu’on explique un de nos sentiments, si c’est vraiment ce qu’on ressent. Le mensonge, c’est dire des choses fausses ou imaginées. »

Est-ce que c’est parfois difficile de dire la vérité ?

« Oui, par exemple c’est difficile dans le cas où tu as cassé un vase très précieux qui vient d’Inde que tes parents t’avaient dit que si tu le cassais, tu serais privé de télé pendant un mois. » Tessa.

« C’est difficile car la personne qui la reçoit peut être blessée. » Rayan

« C ‘est difficile car on peut être puni. » Simon

« La plupart du temps, c’est difficile car des fois ça vexe quelqu’un, ça peut rendre triste. » Héloïse

« Il faut dire la vérité vite. Pas le lendemain matin. » Mattia

« Oui, si on attend, on peut avoir des soucis. » Polina

« On peut avoir une plus grande punition. » Clara

« On peut ne pas vouloir dire la vérité pour ne pas avoir d’histoires. Et aussi, si on dit la vérité quand les gens sont en colère, ils risquent de l’être encore plus ou de ne pas nous croire. Si on le dit quand les gens sont joyeux, ils risquent de se fâcher. »

Doit-on toujours dire la vérité ?

Activité en petits groupes : les enfants piochent une situation (parmi 5) qui pourrait arriver à un(e) ami(e).

Ils réfléchissent à la question : est-ce que nous dirions la vérité à notre ami(e) si ce cas se présentait et pourquoi ?

  • Situation 1 : à une amie qui a acheté un nouveau pull qui ne lui va pas du tout. Est-ce que vous lui dites la vérité ?

– « C’est mieux de lui dire la vérité car elle a du temps pour échanger le pull »

– « Si elle a l’air de l’aimer on ne lui dit pas car cela va la rendre triste. »

  • Situation 2 : à un ami dont le chat va mourir et qui ne le sait pas.

– Non, car on ne peut rien faire.

– Oui, car il pourra se préparer à sa mort et profiter de chaque instant.

  • Situation 3 : à un ami dont on a appris que le grand-père avait fait de la prison alors que lui ne le sait pas.

– « Oui, si on lui dit, on peut aussi l’aider, le rassurer. »

  • Situation 4 : à un ami qui est très heureux de ses nouvelles baskets, dites vous que vous avez vu une émission qui indiquait qu’elles avaient été fabriquées par des enfants ?

– « Oui, car comme ça il n’en achètera plus et les enfants ne travailleront plus. »

  • Situation 5 : à une amie dont quelqu’un d’autre a mal parlé, est-ce que vous lui dites la vérité ?

– Oui, car c’est mon amie. Je lui dis la vérité. 

– Non, car cela va lui faire de la peine. »

Fin de la discussion sur le devoir de dire la vérité :

« Parfois, on est obligé de dire la vérité pour sauver la vie d’une personne. Par exemple, si un copain a fugué, il faut le dire, car c’est dangereux. »

Nous avons terminé en présentant E. Kant pour qui « dire la vérité » est un impératif moral. Pour lui, une société repose sur la sincérité qui unit ses membres.

Mais nous avons trouvé des situations, historiques notamment, où on peut avoir le devoir de mentir pour protéger quelqu’un en danger.

Bravo à tous pour ce bel atelier !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 9 novembre : le Bonheur

Le 9 novembre 2019, les P’tits philosophes se sont réunis pour réfléchir sur la notion de “Bonheur”.

Qu’est-ce que le bonheur ?

Le bonheur, c’est se rendre compte de ce qu’on a et que tout le monde n’a pas.” Maïa

Le bonheur, c’est quand tu enlèves tous les soucis de ton esprit” Aouès

Les enfants distinguent le bonheur de la joie.

Le bonheur, c’est un sentiment, c’est quelque chose de profond.” Simon

Une émotion, c’est moins fort qu’un sentiment. Le bonheur, c’est plus fort que la joie.” Anna

Les émotions, c’est très court. Les sentiments, ça reste.” Rayan

Le bonheur, c’est quelque chose que tout le monde peut avoir.” Pauline

Qu’est-ce qui nous permet d’être heureux ?

Ce qui nous permet d’être heureux c’est de faire quelque chose que l’on aime faire” Chloé

Oui, c’est faire quelque chose qui nous plaît mais c’est aussi se rendre compte qu’on a de la chance de vivre ce que l’on vit.” Amaranthe

C’est une question de point de vue. Ça dépend de chacun. Il y a une réponse différente pour chacun.” Yassine

Il y a de toutes petites choses qui nous rendent heureux. Et tout peut nous rendre heureux. On peut aussi partager notre bonheur avec d’autres.” Nils

« On peut être heureux de voir quelqu’un d’autre heureux. » Marie-Lou

Pour répondre à la question « Doit-on préférer le bonheur à la vérité ? », les enfants font l’expérience de pensée suivante :

Imaginons qu’il existe une machine capable de nous faire vivre toutes les expériences que l’on souhaite.

Cette machine serait capable de stimuler notre cerveau de telle sorte qu’on puisse croire et ressentir qu’on est en train de lire un livre intéressant, de jouer à un jeu extraordinaire, d’écrire un grand roman, de se faire des amis, de faire tout ce qui correspond à nos désirs, tout ce qu’on souhaite.

En réalité, on serait en permanence dans la machine, avec des électrodes branchées sur le crâne. Chacun pourrait choisir son programme d’expériences, et une fois dans la machine on ne saurait pas qu’on y est, on penserait que tout arrive vraiment.

Vous brancheriez vous ?

Les enfants ont répondu non !

Voici pourquoi :

« Je décide de ne pas me brancher même si je sais que cela peut être bien, car je préfère vivre ma vie à moi. » Aouès

« Être tout le temps heureux… Oui… Mais… C’est pas pour rien qu’on a toutes les autres émotions. Elles nous permettent d’apprécier le bonheur. » Pauline

«  Je préfère la réalité car je peux être heureuse avec mes parents, mes copains… » Carla

« Pour toi c’est bien, mais pour les autres qui ne sont pas dans la machine, tes parents, ceux qui t’aiment… Ils sont tristes ? Ils t’oublient ? » Nils

« Non. Car on ne peut pas s’améliorer. » Anna

« Non, car dans la réalité on a toute notre vie pour faire ce qu’on a envie dans nos rêves, des choses incroyables ! » Marie-Lou

Merci les P’tits Philosophes ! C’était une vraie Bonne Heure de se retrouver ensemble ce matin !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 16 novembre : la Paresse

Ce samedi 16 novembre, les P’tits philosophes ont bravé le froid plutôt que paresser sous leur couette pour venir jusqu’à la Maison de la Philo et affronter une nouvelle question : « Avons-nous le droit d’être paresseux ? »

Nous partageons ci-dessous le fils de leur réflexion.

 

Qu’est-ce que la paresse ?

Carla : « La paresse c’est quand on n’a pas envie. »

Simon : « La paresse c’est quand on est faignant. »

Nils : « Quand on est paresseux, on n’a pas trop envie de faire des choses, on a envie de trainer, de ne rien faire. »

Rayan : « Le paresseux c’est l’inverse du résignant : la résignation c’est quand on n’a pas envie de faire quelque chose mais qu’on le fait quand même, alors que la paresse, c’est quand on n’a pas envie de faire quelque chose et qu’on ne le fait pas. »

Amaranthe : « La paresse ça peut aussi être quand on a envie de faire autre chose que ce qu’on doit faire. »

Tessa : « La paresse c’est quand on est fatigué et qu’on a envie de ne rien faire. »

Yassine : « La paresse ce n’est pas seulement être fatigué, mais c’est être faignant. On n’a pas envie de faire une chose, peut-être parce qu’on est fatigué mais peut-être aussi alors qu’on est en pleine forme. »

Simon : « La fatigue c’est quand on ne peut plus faire, la paresse c’est quand on ne veut plus faire. »

 

Sommes-nous tous paresseux ?

Yassine : « On pourrait tous faire certaines choses plus difficiles, ou en s’impliquant plus alors qu’on se contente de faire moins. »

Carla : « On est tous paresseux quand on fait lentement quelque chose qu’on a pas envie de faire. »

Nils : « Même si on veut le cacher, on est tous paresseux pour certaines choses. »

 

La paresse est-elle plus forte que nous ou est-ce qu’on décide d’être paresseux ?

Simon : « On décide d’être paresseux. »

Aouès : « On peut lutter contre note paresse. »

Clara : « Parfois, la paresse nous tombe dessus, et on ne peut rien y faire alors que d’autres fois, c’est possible de lutter. »

Amaranthe : « Ne plus avoir envie de faire une chose n’est pas forcément signe de paresse, on peut simplement ne plus aimer la chose. »

 

Peut-il y avoir une bonne paresse ?

Amaranthe : « La paresse peut permettre de se reposer, de se détendre. Dans chaque chose, il y a de bons et de mauvais côtés. »

Rayan : « Le bon côté de la paresse c’est qu’elle nous permet de découvrir d’autres choses comme rester dans son lit, ou ne rien faire pour quelqu’un qui est toujours occupé. »

Simon : « ça dépend du contexte, on doit s’empêcher d’être paresseux dans les moments où ça nous prive de découvrir ou d’apprendre de nouvelles choses par exemple. »

Rayan : « Sans paresse il n’y aurait que de la routine, on ferait toujours les mêmes choses sans surprise. »

 

Merci aux P’tits Philosophes pour cet atelier, nous vous retrouvons le samedi 23 novembre autour de la question « Toute vérité est-elle bonne à dire ? » (Nous avons échangé les thèmes du 23 novembre et du 14 décembre).

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