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Au fil des idées : la vie de la pensée, dans une ville philosophe !

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Paroles de philosophes

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 27 mars : « A-t-on besoin des autres pour savoir qui on est ? »

Les petits philosophes se sont retrouvés le samedi 27 mars autour d’une discussion philosophique sur la connaissance de soi.

Pour introduire ce thème, Marie leur a présenté Socrate, le père de la philosophie. On lui attribue une célèbre phrase : « Connais-toi, toi-même ». Les enfants ont formulé des hypothèses sur les raisons qui ont poussé Socrate à dire cela, à donner ce conseil.  Il leur a été posé la question suivante : « Pourquoi faudrait-il se connaître soi-même ? »

Diane se lance. Selon elle, c’est important de se connaitre soi-même pour connaître ses actions. Comme ça, on sait ce qu’on aime et on choisit nos actions.

Pour Solel aussi, les actions comptent ! Il faudrait se connaitre soi-même pour dire non merci et éviter de faire du gâchis. Dans notre tête, on doit se connaitre pour savoir dans quel parc on va aller, savoir ce qu’on va manger ce soir ou bien comment faire pour décrocher le lustre. C’est connaitre nos habitudes.

Colin nous dit que c’est pour savoir ce qu’on fait. Si on ne sait pas vraiment de quoi on est capable, on peut faire n’importe quoi. Par exemple, on ne sait pas qu’on a le vertige, du coup on grimpera très très haut et ça nous ferait mal.

Yassine ajoute que ça permet aussi de comprendre les autres car on ne peut pas comprendre les autres si on ne se comprend pas nous-même. Par exemple, l’empathie ne peut pas se faire si on n’a pas vécu une telle situation. L’empathie c’est comprendre ce que vit les autres, comprendre ce qui leur arrive. En sachant ce qui nous est arrivé, on arrive à mieux comprendre ce qui arrive aux autres.

Mais, est-ce facile de se connaître soi-même ?

Pour Diane, non, parce qu’on doit connaître tous nos défauts. Il faut prendre du temps pour connaître ce qu’on aime ou pas, ce qui nous plait et ne nous plait pas.

Selon Paula, nos amis proches peuvent plus nous connaître que nous. Elle donne en exemple une amie qui a le défaut d’être mauvaise perdante sans qu’elle le sache elle-même.

Pour Solel, c’est à la fois oui et non ! Oui parce que c’est notre cerveau, on peut se connaitre un peu soi-même…et en même temps c’est difficile, car en se disant que ça va être dur on ne va pas y arriver.

Tessa admet que c’est un peu plus difficile car comme a dit Paula, c’est plutôt des proches, des amis qui vont voir nos défauts.

Yassine est d’accord avec Solel. C’est nous, c’est normal qu’on se comprend. Mais tout ce qu’on sait, on le sait de nous-même que quand ça nous arrange. C’est la majorité du temps comme ça. C’est toujours ce qui nous permet de l’emporter qu’on peut dévoiler. C’est plus dur de connaître ses défauts que ses qualités.

Marie a ensuite proposé une mission pour se connaitre soi-même : chacun devait faire son portrait en choisissant 5 mots pour se définir soi-même. Cet exercice a permis de se demander si on peut vraiment se connaître soi-même

Pour Diane, au fond de nous, il y a plusieurs qualités que notre cerveau et que notre corps ne connaissent pas. On se connait soi-même dans le temps où c’est important. Il reste toujours des qualités à connaître. Quand on est petit, on n’a pas encore tout vécu, on ne connait que certaines choses sur nous qu’on connaîtra quand on sera grand.

Solel affirme qu’on ne finit jamais de se connaître soi-même.

Yassine est d’accord avec Diane. On ne peut pas se connaitre soi-même. On ne peut pas non plus compter sur les autres pour savoir les choses sur nous-même, parce que ce sera toujours deux parties de nous. Certains diront des choses bien, d’autres des choses mal. Mais ce sera toujours ce qui est bien qu’on connaîtra le plus.

Mais alors, comment peut-on se connaître soi-même ? Qu’est-ce qu’on peut faire pour se connaître soi-même ?

Selon Colin, si on demande aux autres ce qu’ils savent sur nous, ça peut nous permettre de mieux se connaitre.

Tessa affirme que c’est grâce aux gens qui nous entourent. On leur demande nos défauts et qualités. Nous aussi, on peut voir nos qualités et défauts par nous-mêmes, grâce aux actes qu’on a fait.

Diane pense que pour se connaitre soi-même, il faut faire des actions qu’on sait qu’on sait faire et demander aux autres si c’est vraiment une action qui pourrait être nous-même. On peut aussi demander aux autres s’il s’agit d’une action qu’on fait d’habitude.

Selon Paula, les autres peuvent nous le dire, mais on peut aussi apprendre à se connaître par soi-même. Quand on fait un acte, on peut s’en rendre compte.

Yassine n’est pas d’accord. Les gens qui nous connaissent, ce n’est pas eux qui pourraient nous aider à nous connaitre. Parce que s’ils nous connaissent, ils ne pourront pas se rendre compte des changements positifs ou négatifs de nous-même. Nous même, on ne va pas pouvoir se rendre compte de plein de choses. C’est déjà dur de savoir qui on est et on ne dévoile pas tout. Le meilleur moyen c’est de sortir des personnes qui nous connaissent qu’on voit souvent : elles vont nous donner soit le côté positif, soit le côté négatif mais jamais tout. Les personnes qu’on voit moins, plus rarement, pourront se rendre compte de ce qu’on est car ce sont elles qui vont voir les changements. 

Paula n’est à son tour pas d’accord avec Yassine. Les personnes qui nous connaissent peuvent voir les changements. Les personnes qui nous voient le moins ne vont pas pouvoir remarquer ces changements.

Yassine soutient que les gens qu’on voit tout le temps ne vont nous donner que ce qu’ils voient en général, ce sera l’essentiel mais pas vraiment complètement nous. Alors que ceux qu’on voit le moins, voient nos micro-changements, ils verront vraiment ce qui change en nous.

Diane est d’accord avec Yassine. Les personnes qu’on voit souvent, ne voient pas quand on grandit. Alors que ceux qu’on voit le moins, diraient qu’on a beaucoup changé.

Les petits philosophes semblent s’accorder sur le fait que les autres ont un rôle important dans la connaissance de soi. Pour le vérifier, Marie les a sondés sur deux questions, exceptionnellement les P’tits philosophes devaient répondre rapidement et uniquement par oui ou par non :

  • Est-ce que les autres nous connaissent mieux que nous-même ?

Majoritairement les P’tits Philosophes ont voté « oui »

  • Est-ce que les autres nous voient vraiment comme on est ?

Majoritairement les P’tits Philosophes étaient partagés et ont voté pour « oui » et « non » en même temps.

Souvent on dit que les autres ne voient qu’une partie de nous, qu’ils ne nous voient jamais complètement comme on est. Mais en même temps, sans les autres, on a tendance à se dire qu’on ne pourrait pas se connaitre. Alors…a-t-on besoin des autres pour savoir qui on est ?

Yassine dirait que oui mais qu’on n’a pas besoin que des autres. Il faut aussi nous-même. On a besoin des autres même s’ils ne peuvent pas dire tout sur nous-même.

Paula est d’accord avec Yassine. C’est vrai qu’on a besoin des autres mais quelque part, ils ne sont pas suffisants. Ils peuvent nous dire nos qualités et défauts mais il y a aussi des qualités et défauts que c’est à nous de découvrir.

Diane est aussi d’accord. On a besoin des autres pour connaître qui on est, pour savoir quelques défauts sur nous mais on en n’a pas besoin pour savoir ce qu’on est.

Tessa aime beaucoup l’idée de Diane. On a besoin des autres pour savoir nos qualités et nos défauts mais on n’a pas vraiment besoin des autres pour savoir qui on est vraiment. On a besoin d’eux et de nous.

Yassine est aussi tout à fait d’accord avec Diane et souhaite reformuler. Les autres peuvent dire nos qualités et défauts, qui on est, ce qu’on aime ou pas. Mais ce qu’on est, ça veut dire vraiment, en détail, c’est nous seul qui pouvons le savoir. Qui on est, c’est l’essentiel et ce qu’on est, ce sont les détails mais qui sont vraiment importants.

Merci les P’tits Philosophes pour cette belle réflexion sur la connaissance de soi !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 20 mars : Les robots sont-ils libres ?

C’est samedi 20 mars les petits philosophes se sont réunis autour d’un objet de pensée inhabituel : les robots. A partir d’eux, ils ont exploré plusieurs notions et questions philosophiques. Voici le chemin parcouru ensemble :

Quelles sont les différences entre un humain et un robot ?

Les petits philosophes ont partagé leurs pensées et il en a découlé le tableau ci-dessous.




Pourquoi les humains construisent des robots ?
 
Paula a proposé une première hypothèse : parce que les humains, pas tous mais la plupart, pensent que les robots peuvent les aider à vivre.
 
Pacôme a développé : les humains construisent des robots pour faire, pas tout, mais beaucoup de choses à leur place.
 
Kaïs a interprété : les humains construisent des robots pour se faciliter la vie.
 
Diane a donné un exemple : pour la cuisine par exemple, on a besoin de robots.
 
Les petits philosophes ont alors cherché des exemples de robots facilitateurs pour les humains :
 
Diane en a proposé un premier : la machine à laver par exemple c’est un robot qui nettoie les habits à notre place.
 
Paula a suivi : le lave-vaisselle pour nettoyer ou encore la voiture pour se déplacer.
 
Tessa a alors commencé à problématiser : la machine à laver, le lave-vaisselle ou la voiture, je dirais que ce ne sont pas trop des robots mais plutôt des machines.
 
Quelle serait donc la différence entre un robot et une machine ?
 

Tessa a proposé un premier élément de distinction : Un robot serait autonome, il ferait les choses seul alors que la machine aurait besoin de l’humain pour fonctionner.
 
Yassine a alors poursuivi le questionnement : le robot n’est pas autonome, il fait ce que l’humain lui demande, il ne réfléchit pas, l’humain le programme pour que quand on lui demande de faire, il le fasse seul. Mais un robot sans l’humain, il ne fonctionnerait pas.
 
Paula a proposé un exemple pour préciser la distinction : la tondeuse c’est une machine mais il y a aussi des robots tondeuses. Ils ont tous les deux besoin de l’humain pour être créés mais, le robot-tondeuse peut se débrouiller tout seul alors que la machine-tondeuse, elle, aura besoin de l’homme.
 
Tessa a développé : les robots, ce n’est pas qu’ils sont plus dangereux mais ils sont plus risqués que les machines. Les robots comme ils sont autonomes, ils peuvent faire n’importe quoi parfois. La machine, la voiture par exemple, tu tiens son volant, tu restes au-dessus d’elle, alors que le robot, il fait seul et peut-être même que dans quelques années les robots pourront nous dépasser.
 
Paula a complété : la voiture par exemple nous la commandons, nous tenons le volant, donc ce n’est pas elle qui nous commande. Alors que les robots on ne les commande pas vraiment ils font seuls.
 
Yassine a nuancé : la seule différence entre un robot et une machine c’est comment on les a programmés. Le robot, on l’a créé pour qu’il fasse seul, alors que la machine on l’a créée pour qu’elle soit manuelle.
 

Suite à cet échange une proposition de synthèse a été faite : Le robot serait un type de machine que l’humain a programmé pour pouvoir agir tout seul, faire une action à notre place, même quand on n’est plus là.
 
Après avoir distingué le robot de l’humain puis le robot de la machine, les petits philosophes ont découvert la question du jour : les robots sont-ils esclaves des humains ou ont-ils des libertés ? Les robots sont-ils libres ?

 
Diane a proposé deux libertés : ce que les robots sont libres de faire c’est de savoir ce qu’ils vont faire pendant que l’humain les contrôlent. Parce que l’humain, il l’active et il le démarre après le robot il fait ce que l’humain lui demande de faire mais il le fait comme il le veut. Ils ont cette liberté pendant que l’humain les contrôlent : le robot a la liberté de faire ce qu’il a envie de faire pour faire ce que l’humain lui demande.
 
Paula a développé l’idée inverse : le robot, il n’a pas vraiment de moments de liberté, il ne peut pas faire ce qu’il veut. Il n’a pas besoin de moments pour s’amuser, il n’a pas besoin d’aller au cinéma, de manger des glaces ou de jouer avec ses amis ; il n’a pas besoin de tout ça parce qu’il a justement été programmé juste pour travailler. Comme c’est un robot et pas un être humain, il ne ressent pas tout ce qu’on ressent et donc il s’en fiche complètement de pas avoir de liberté, il ne sait même pas que ça existe.
 
Yassine a poursuivi : le robot fait bêtement ce qu’on lui demande de faire, il ne le fait pas à sa façon, il est programmé pour le faire d’une façon précise. Il ne va jamais vraiment choisir.
 
Pacôme a, à son tour, complété : les robots n’ont pas de cerveau, ils ne peuvent pas réfléchir et ils ne peuvent pas ressentir le fait qu’ils ne sont pas libres.
 
Diane a alors proposé une nouvelle idée : les robots, ils ont été créés pour faire du travail et pour eux le travail c’est la liberté. Ils n’ont pas été programmé pour s’amuser, pour jouer, pour se faire des amis, ils ont été programmés pour travailler.
 
Paula : les robots ne peuvent pas ressentir, ce sont des robots, ils n’ont pas de cœur, pas de pensée, ils ne connaissent pas la liberté.
 
Et si on programmait un robot intelligent, capable de réfléchir et ressentir des émotions : est-ce qu’ils pourraient ressentir leur absence de liberté ?
 
Diane a proposé une première idée : le robot a toujours été programmé pour quelque chose, même s’il est intelligent, il est intelligent que pour ce qu’il a été programmé. Il ne sera jamais vivant et il ne pourra jamais ressentir.
 
Pacôme a interrogé un présupposé de la question : un robot ne sera jamais intelligent, même pour ce qu’on lui a demandé.
 
Paula a proposé : ce sera toujours nous qui l’aurons programmé, c’est nous qui aurons décidé pour lui, il ne sera jamais libre.
 
Imaginons qu’on construise des robots en leur donnant des libertés, est-ce que ce sera de vraies libertés ?
 
Diane : On l’aura programmé pour avoir des libertés. La liberté ce sera ce qu’on lui aura programmé de faire.
 
Yassine : si la liberté c’est avoir le choix, laisser le choix au robot ce serait lui permettre d’être en partie libre.
 
Les petits philosophes ont alors découvert quatre robots imaginés pour l’atelier, pour lesquels ils devaient définir ensemble s’ils étaient libres ou non.

Robot 1 : Robert la cafetière. C’est un grand robot rouge et noir. Il a été construit par Jean-Claude, un architecte d’intérieur accro au café. Son robot a été programmé pour faire automatiquement 6 cafés par jour, toujours les mêmes, aux mêmes horaires : 7h-9h-11h-13h-15h-17h. Robert la cafetière est-il libre ?
 
Robot 2 : Umberto l’aspiro. Ce robot-ci, petit, jaune et rond, a été construit par Monsieur et Madame Fernand pour aspirer le sol. Il est programmé pour aspirer le sol, dès qu’il voit des poussières au sol. Dès qu’il y a un obstacle face à lui, il est programmé pour pouvoir choisir entre tourner à droite, tourner à gauche et reculer. Umberto l’aspiro est-il libre ?
 
Robot 3 : Caliste l’artiste. C’est un beau robot de toutes les couleurs, qui a été construit par Violette, une artiste qui ne pouvait plus peindre à cause de son arthrose. Elle lui a donné une mémoire et lui a appris tout ce qu’elle sait sur la peinture : la façon de construire la perspective, le choix des couleurs, les techniques, le style de grands peintres comme Van Gogh ou Picasso. Violette a programmé son robot pour peindre un tableau par semaine. Ensuite, Le robot peut donc peindre de façon autonome : elle peut choisir ce qu’elle peut parmi ce qu’elle connaît, choisir les couleurs à partir de celles qu’elle connaît, il peut choisir son style parmi les styles qu’il connaît. Il peut peindre à son rythme, du moment qu’il fasse un tableau par semaine : il peut peindre beaucoup le matin, et se reposer l’après-midi, il peut peindre beaucoup le lundi et le mardi, et puis plus du tout.
 
Robot 4 : Juliette la Pipelette a été construite par Siméon, un journaliste qui adore converser, discuter, bavarder. Parfois la journée, il s’ennuyait (et son mari devait aller travailler, donc il se retrouvait tout seul), donc il a décidé de créer un robot avec lequel il pourrait parler. Il lui a donc donné une mémoire et lui a appris tous les mots de la langue française. Il lui a lu mille livres sur des sujets divers (histoire, littérature, art, etc.), tous les sujets qu’il aime. Il lui a appris à discuter. Depuis, Juliette la Pipelette discute avec Siméon dès que celui-ci en a envie : elle peut réagir à sa façon, elle crée des phrases, elle a le droit de changer de sujet, de s’énerver, de faire des blagues. Juliette la Pipelette est-elle libre ?

Au plaisir de vous retrouver pour le prochain rendez-vous !

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 13 mars : « Quelle différence entre parler et agir ? »

Les P’tits philosophes se sont retrouvés le samedi 13 mars pour réfléchir autour de deux concepts : « PARLER » et « AGIR ». Léonie leur a donc demandé à quoi leur faisait penser chacun de ces deux concepts. Chaque enfant devait proposer un mot pour « Parler » et un mot pour « Agir ».

Voici en image leurs nuages conceptuels :

Léonie a ensuite mis sous les yeux des enfants une expression qui aborde justement ces deux concepts :

« C’est plus facile à dire qu’à faire »

Que signifie-t-elle ?

Paula : Le jeudi soir, je fais du théâtre. On se dit que c’est facile à faire mais une fois sur la scène, c’est beaucoup plus difficile.

Diane : C’est quand on a un peu peur de faire ça. Quand on fait, on a peur. Mais quand on le dit, on n’a pas peur.

Héloïse : Quand on voit ce qu’on lit dans un livre, dans la vraie vie, c’est plus compliqué.

Orphée : Quand on dit, on a juste besoin de la parole.

Tessa : Pour faire, on a besoin de courage, de notre corps et de la parole.

Diane : Pour faire, on a besoin de bouger, de faire de l’action, de parler.

Héloïse : Cette expression est souvent utilisée. Quand je dois ranger ma chambre, dans ma tête, c’était facile, mais en vrai, ça prend beaucoup de temps.

Cette expression part d’un présupposé. Colin se lance pour rappeler ce que le mot « présupposé » peut bien vouloir dire : « c’est quand on dit quelque chose et qu’il y a une idée derrière ».

Dans l’expression « C’est plus facile à dire qu’à faire », que peut-on donc sous-entendre ? Selon Yassine, ça veut dire que « faire » c’est plus compliqué et que « dire » c’est plus facile. On peut donc se poser la question suivante : « Est-ce plus facile de dire que de faire ? »

Léonie a présenté aux enfants des situations tirées d’un magazine de philosophie pour enfants Philéas et Autobule. Des situations d’interaction entre plusieurs personnages étaient représentées avec des bulles de parole. Mais ces bulles n’étaient pas à la bonne place ! Les enfants devaient donc expliquer chaque situation, remettre les bulles correspondantes à leur place et répondre à la question « Qu’est-ce qu’on peut faire en parlant ? » Voici quelques réponses à la question :

  • Diane : Elle sert à dire ce qu’elle a envie d’avoir.
  • Héloïse : à mentir
  • Colin : ça sert à s’échanger des informations
  • Tessa : à exprimer ce qu’on pense et à se faire des amis.
  • Paula : à exprimer sa tristesse
  • Héloïse : à faire la morale, gronder.
  • Colin : à se plaindre
  •  Héloïse : à se défendre
  • Tessa : à s’excuser

Cette activité nous a permis d’arriver à une grande question : « Notre parole peut-elle avoir un effet sur le monde ? »

Diane : Les animaux ont un langage qui leur servent à communiquer et d’avoir un mode de vie plus clair. Du coup, c’est pareil pour nous.

Héloïse : ça dépend de qui on est dans le monde. Si on est quelqu’un comme nous – des enfants – notre parole, elle ne vaut rien comparée au président, on n’exprime pas grand-chose.

Diane : Je suis d’accord avec Héloïse. Il y a quand même certaines choses qu’on peut exprimer qui sont importantes.

Tessa : Je suis d’accord avec Héloïse. La parole de nous – les enfants – est importante dans l’humanité car ça fait partie de notre avenir. Si on se met tous ensemble à parler devant le président, on pourrait arrêter de mettre des déchets par terre. La parole des enfants pour l’avenir est très importante.

Paula : Comme on est des enfants et qu’on n’est pas célèbre dans le monde, il n’y a que nos amis et notre famille qui nous connaissent : notre parole peut être importante qu’auprès d’eux. Mais notre parole dans le monde elle ne va pas se faire entendre. Le président, comme il a été élu, il va pouvoir parler et que tout le monde l’entende à la télé, la radio, etc. Moi je ne vais pas passer à la télé et à la radio parce que j’ai dit quelque chose. Ça dépend ce qu’on fait dans la vie. On pourrait quand même essayer de faire un effet sur le monde. Ce n’est pas parce qu’on est juste des enfants et pas célèbres qu’on ne pourrait pas faire un effet sur le monde. Peut-être qu’au fur et mesure qu’on dit des choses, on pourrait être célèbre.

A-t-on besoin d’être célèbre pour que notre action ait un effet sur le monde ?

Yassine : Pour que la parole soit importante, il faut aussi une action par rapport à ça. L’action c’est connaitre la personne. Du fait que les autres connaissent cette personne, sa parole est importante. Donc la parole ne peut pas être importante (ou difficilement) sans action.

Paula : Si on ne parle pas et qu’on ne fait pas d’action, notre parole n’aura pas d’importance pour les autres. Si on veut qu’on nous écoute, il ne faut pas se dire « On ne va pas m’écouter car je ne suis pas célèbre. Je ne suis pas importante face au président », sinon notre parole n’aura pas d’importance. Pour que notre parole ait de l’importance, il faudrait faire des choses pour qu’on nous entende.

Pour qu’on nous entende il faudrait faire des choses : la parole aurait alors besoin de l’action ?

Tessa : On n’est pas obligé d’être célèbre pour faire passer la parole, on peut faire passer la parole avec beaucoup de personnes. J’ai fait une manifestation pour le climat aux Champs-Elysées, j’ai fait passer ma parole avec des milliers d’autres personnes. T’es pas obligé d’être célèbre pour faire passer ta parole.

Dire dans ce cas c’est toujours plus facile que faire ?

Colin : Pour moi, c’est plutôt difficile. Parler en public sur un truc où tout le monde n’est pas d’accord, où ça risque de poser problème, c’est plutôt difficile.

Héloïse : Notre parole n’a pas un poids si on ne fait rien. Greta Thunberg a commencé par parler, après elle a agi car on ne l’écoutait pas, elle a fait une grève tous les jours. Si elle n’avait pas fait d’action, on ne l’aurait jamais écoutée.

Sa parole était-elle déjà une action ?

Héloïse : Dire c’est déjà aussi faire quelque chose.

Judith : On n’est pas obligé d’être connu pour parler devant plusieurs personnes. Notre parole peut avoir des effets sans être connu.

Léonie a demandé en guise de bilan de l’atelier quel est le mot ou l’idée qui a marqué chaque enfant de l’atelier.

Pour Tessa, c’est qu’on n’est pas obligé d’être connu pour dire ce qu’on veut exprimer.

Pour Solel et Paula c’est le mot « parole » qui semble important.

Pour Colin, c’est qu’on peut changer le monde en parlant et l’appliquer.

Pour Héloïse, on a beau être jeune, notre parole peut être écoutée si on fait une action avec.

Pour Diane, notre parole peut être écoutée même si on n’est pas connu.

Enfin, Yassine propose le mot « Parler » car on a parlé à propos de la parole et on en a conclu pleins de choses !

Eh bien, merci aux p’tits philosophes pour ces belles paroles !

Le rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 6 mars : « Que gagne-t-on en travaillant ? »

Le samedi 6 mars, Yassine, Paula, Pacôme, Paula, Bonnie, Orphée, Solel, Diane ont réfléchi sur le thème du travail.

« Que gagne-t-on en travaillant ? » était en effet la question proposée par le programme.

Julia, qui animait cet atelier, a d’abord commencé par demander aux enfants ce qu’était pour eux, la philosophie.

Pour Pacôme, la philosophie, c’est « quand on réfléchit sur une grande question et que ça en fait pleins de petites ». Pour Solel « il n’y a pas de mauvaises réponses en philosophie mais parfois il y a une petite question et au fur et à mesure il y a une grosse question. »

Pour Orphée, la philosophie, «  c’est des questions et jamais on trouve ce qui est bon, on trouve jamais de réponse ». Solel complète l’idée d’Orphée en précisant qu’on peut trouver des réponses mais « pas totalement ».

Paula dit que la philosophie, c’est « réfléchir à une grande question et on en discute. »

Bonnie pense « qu’on pose des questions, et qu’on va donner des exemples. »

Pour Yassine, la philosophie, « c’est quand on discute sur une grande question et il n’y a jamais une seule réponse ». Pour Diane enfin, philosopher c’est « réfléchir à des questions qu’on se pose sur la vie. »

Julia installe la discussion en demandant aux enfants :

Qu’est-ce que ça veut dire pour vous, « travailler » ?

Orphée prend la parole : « Quand on est pauvre, on travaille pour être riche et pour ne pas mourir de faim. »

Diane exprime une idée proche et complète : «  Je crois que quand on travaille c’est pour avoir des sous, pour ne pas avoir de problèmes de santé et ne pas mourir de faim. »

Pour Solel aussi, « travailler ça sert à avoir de l’argent » mais il développe cette idée et en ajoute au autre : « du coup ça sert à avoir une maison, partir en vacances, payer le médecin. Travailler c’est aller à un endroit particulier sauf si on télétravaille. Travailler c’est faire quelque chose sur une feuille ou sur un ordinateur. On peut devenir soit salarié soit chef. Et gagner ou pas de l’argent. »

Pacôme est d’accord avec Solel mais il nuance en disant que « le travail, ce n’est pas que gagner de l’argent. Travailler ça veut dire apprendre, gagner sa vie aussi. Tout le monde travaille. »

Paula amène ensuite une nouvelle idée : « Quand on travaille, ce n’est pas obligé d’être riche. Nous on travaille à l’école et on n’est pas riche. »

Yassine rebondit sur cette idée : « Travailler, c’est faire une chose que l’on nous a demandé de faire. A l’école, on travaille parce que l’on nous demande quelque chose ».

Pour Paula, « travailler, ça demande de l’effort. »

Julia a ensuite proposé des situations aux enfants afin qu’ils déterminent s’il s’agissait ou non du travail. Cela afin qu’ils se demandent si travailler, c’était lié à l’école, à un métier ou si c’était un peu plus large. Remplir un cahier de vacances ? Faire le ménage ? S’occuper des enfants ? Jouer aux échecs ? Peut-on appeler ça du travail ?

  • REMPLIR UN CAHIER DE VACANCES :

Orphée : Oui, quand on fait un mouvement, c’est aussi travailler.

Diane : On fait travailler son corps.

Paula : C’est travailler mais en s’amusant car il y a des jeux dedans

Pacôme : C’est pas comme à l’école même si à l’école y’a du travail ludique parfois.

  • FAIRE LE MENAGE :

Orphée : Pour moi, comme c’est bouger son corps, c’est travailler, car c’est faire bouger ses muscles. Toute la vie on travaille.

Diane : C’est du travail, et les femmes de ménage elles travaillent.

Solel : Les femmes de ménage on les paye, c’est beaucoup de travail !

Paula : C’est pas obligé que ce soit un métier. Mon père il a fait le ménage, il a passé l’aspirateur. On fait le ménage sans être payé même si c’est un travail.

  • S’OCCUPER DE SES ENFANTS :

Diane : C’est du travail car parfois on ne peut pas faire autre chose quand on s’occupe de ses enfants.

Orphée : C’est à la fois travailler de son métier et s’occuper de ses enfants. Quand c’est un bébé, c’est très dur.

Pacôme : C’est du travail, surtout quand tu as beaucoup d’enfants, car ils se disputent, tu dois faire le repas, le linge…

Julia : Quand on est obligé, c’est du travail ?

Yassine : On doit le faire et on le fait, donc c’est du travail

  • JOUER AUX ECHECS :

Yassine : C’est s’amuser, car on n’est pas obligé.

Diane : Quand on a envie de jouer, quand on est en train de jouer, on travaille sa mémoire. Jouer aux échecs c’est travailler. Il faut réfléchir pour choisir des tactiques etc. travailler dans notre tête.

Yassine : On peut ne pas jouer de manière stratégique. Comme on n’est pas obligé de le faire, ce n’est pas du travail !

Paula : Les échecs, c’est un jeu où il faut vraiment réfléchir.

Orphée : Pour les échecs, il faut faire travailler ses muscles : les doigts et le cerveau.

Puis les enfants ont regardé deux vidéos pour approfondir leur réflexion : un extrait de  « Les Temps modernes » de Charlie Chaplin et un extrait de « Monstres et Cie ». A partir de ces images, ils devaient repérer ce qui était différent entre ces deux situations et réfléchir à ce qui pouvait poser problème dans le travail.

  • « Dans les vidéos on apprend que parfois le travail c’est facile et parfois c’est très dur. » Orphée
  • « Dans la première vidéo, ils étaient dans une usine. Ils étaient pas exploités mais… je ne sais pas… être exploité, c’est être mal payé pour un travail très dur. » Paula
  • « Le patron a la tache la plus difficile parce qu’il fait travailler toutes les personnes de l’usine. » Diane
  • « C’est pas le patron qui travaille le plus ! Il reste sur son fauteuil et fait des puzzles -j’imagine qu’il est bien payé -et les autres travaillent beaucoup -j’imagine qu’ils sont peu payés ! » Paula

Julia interroge :

Qu’est-ce qui peut poser problème dans le fait de travailler ?

  • « Ça peut être trop dur. Tu peux te faire renvoyer » Pacôme
  • « Souvent, il y a des personnes qui sont exploitées dans les usines. On les menace pour qu’ils travaillent très bien. » Paula
  • « Parfois c’est dur le travail et on a même mal. » Orphée
  • « C’est pas juste. C’est pas bien si au travail on nous fait mal. » Diane
  • « Des fois y’a des gens qui fouettent les autres personnes. » Bonnie
  • « Y’a des pays où les enfants fabriquent des chaussures, en Thaïlande par exemple. Ils sont très peu payés. » Paula
  • « Les esclaves souvent ils ne sont pas payés. Les autres ils sont payés mais pas beaucoup. » Paula

Julia demande : Est-ce que parfois le travail ça peut être plaisant ?

Diane fait un lien avec l’extrait des Temps Modernes : « Oui, le monsieur il jouait au puzzle ! On peut s’amuser ! »

Paula ajoute : « On peut aussi rencontrer des amis, nous à l’école mais aussi quand on a un métier. »

QUE GAGNE-T-ON EN TRAVAILLANT ?

Pacôme : Tu gagnes de l’argent, de l’apprentissage, des découvertes.

Orphée : Tu peux gagner ce que tu veux parfois… Gagner des médailles, un lingot d’or

Solel : On peut gagner de l’argent mais aussi de l’intelligence.

Diane : On gagne sa vie quand on travaille.

Julia : ça veut dire quoi  « Gagner sa vie » ?

Diane : ça veut dire qu’on arrive à faire ce qu’on a envie de faire.

Paula : Gagner sa vie c’est pouvoir se payer à manger, avoir un toit… on peut aussi gagner de l’amitié, on apprend aussi quand on travaille.

Julia : Est-ce qu’on peut gagner du bonheur en travaillant ?

Diane : Oui, on peut souvent quand on choisit son métier.

Solel : Si quelqu’un choisit un travail à ma place, je peux le découvrir et être heureux de faire ce travail.

Pacôme : Tu peux tomber sur le travail que tu pouvais faire et être heureux.

BRAVO LES PETITS PHILOSOPHES ! A la semaine prochaine !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 6 février : « Qu’est-ce qui nous pousse à bien agir ? »

Le samedi 6 février, les P’tits Philosophes se sont retrouvés une dernière fois avant les vacances d’hiver pour réfléchir sur ce qui nous pousse à faire de bonnes actions.

Pour mener la réflexion, nous avons débuté l’atelier par le récit de l’anneau de Gygès, une expérience de pensée imaginée par Platon, philosophe de l’Antiquité grecque.

Voilà l’histoire :

Gygès était un berger au service du roi de Lydie. Un jour, au cours d’un violent orage accompagné d’un tremblement de terre, le sol de fendit et il se forma une grande ouverture près de l’endroit où il gardait son troupeau. Plein d’étonnement, il y descendit, et, entre autres merveilles, il vit un cheval de bronze : creux, percé de petites portes. S’étant penché vers l’intérieur, il y aperçut un cadavre de taille plus grande, semblait-il, que celle d’un homme, et qui avait à la main, une bague en or. Il s’en empara et partit sans pendre autre chose. Quelques jours plus tard, portant son anneau au doigt, Gygès se rendit à l’assemblée mensuelle des bergers où l’on informait le roi de l’état de ses troupeaux. Ayant pris place au milieu des autres, il tourna par hasard le chaton de la bague vers l’intérieur de sa main. Aussitôt, il devint invisible à ses voisins qui parlèrent de lui comme s’il était parti. Etonné, il mania de nouveau la bague, tourna le chaton vers l’extérieur et redevint visible. S’étant rendu compte de cela, il répéta l’expérience plusieurs fois pour voir si l’anneau avait bien ce pouvoir magique. Le même prodige se reproduisit : en tournant l’anneau en dedans, il devint invisible, en dehors, visible.

Avant de dévoiler la fin de l’histoire, les p’tits Philosophes ont formulé des hypothèses sur ce que pourrait faire Gygès grâce au pouvoir d’invisibilité de l’anneau.

L’hypothèque d’Orphée est que Gygès va voir le roi pour l’impressionner et lui dire qu’il veut lui aussi être roi.

Solel pense que Gygès va vouloir voler la couronne du roi car en général, on aime bien avoir le pouvoir.

Selon Pacôme, Gygès va faire des blagues à ses amis et du coup, ils seront impressionnés. Il va s’en servir pour les embêter ou pour rigoler.

Pour Jade, il va peut-être se venger des gens qui lui ont fait des trucs méchants, en faisant des blagues. Par exemple, il irait chez eux, il leur ferait peur en allumant les lumières. Les gens ne reviendraient plus et arrêteraient de l’embêter.

Paula imagine qu’il n’est pas riche : il pourrait voler des fruits !

Parmi toutes ces hypothèses, il a été demandé aux p’tits philosophes de nous expliquer celle qui leur paraissait la plus probable.

Bonnie reprend l’hypothèse de Jade : si Gygès entre dans la maison d’un autre, on verrait que la porte s’ouvre et on tenterait de l’assommer.

Mais Orphée rétorque que c’est possible de croire que c’est le vent qui a ouvert la porte.

Pacôme pense que c’est plus probable que Gygès vole la couronne du roi et les richesses.

Pour Paula, l’hypothèse de Jade est probable car quand des personnes nous embêtent, on n’arrive pas à se défendre. S’il devient invisible, c’est probable qu’il aille se venger.

Il a ensuite été demandé aux enfants d’imaginer ce qu’ils feraient eux-mêmes s’ils avaient le pouvoir d’être invisible.

Orphée attendrait le 1er avril pour faire un poisson d’avril et prendrait tout son temps pour préparer sa blague.

Baptiste volerait tout, même des dinosaures !

Yassine préfèrerait détruire l’anneau car personne ne mérite un pouvoir qui le rend supérieur aux autres. En effet, avoir un choix que les autres n’ont pas nous rend supérieur.

Pacôme, lui, ferait du bien. Il sauverait les gens et les animaux. Comme Robin des Bois, il volerait pour aider les autres.

Paula en profiterait pour embêter ceux qui embêtent les autres pour leur montrer ce que ça fait.

Jade reformule les idées de Paula en disant que ce serait embêter pour faire comprendre que ça ne se fait pas de faire ça et que, peut-être, la personne ne recommencerait pas. Jade irait, quant à elle, voir les gens harcelés pour les aider.

Yassine réagit aux idées de Paula et Jade. Cela lui évoque le fait de se venger. La personne qui a reçu du mal punit, attaque celui qui a fait du mal.

Mais pour Paula, la vengeance c’est tout de même un petit peu plus violent.

Nous pointons ici un problème : est-ce qu’embêter quelqu’un pour lui faire comprendre ce que ça fait d’être embêté et se venger c’est la même chose ? A méditer lors d’un autre atelier !

La fin du mythe a ensuite été dévoilé :

 Alors, avec l’aide de cet anneau magique, il (Gygès) arriva à se glisser parmi les messagers qui se rendaient auprès du roi. Arrivé au palais, il séduisit la reine, complota avec elle la mort du roi. Le tua. Et obtint le pouvoir.

A partir de ce récit de l’anneau de Gygès, les P’tits philosophes ont été mis au défi de réfléchir sur les problèmes, les questions philosophiques que pourraient poser cette histoire.

Pour Orphée, Platon a voulu aborder le problème de la violence.

Jade constate qu’avoir un pouvoir, ça veut dire être au-dessus de tout, qu’on a plus de capacités que les autres.

Pacôme propose la question « Faut-il toujours prendre le pouvoir ? »

Une autre grande question philosophique peut se poser à la suite de cette histoire et qui est notamment celle du jour : « Qu’est-ce qui nous pousse à bien agir ? »

Gygès aurait pu bien agir au lieu de tuer le roi, nous dit Solel.

Paula pense que ce qui a poussé Gygès à faire le bien ou le mal est le pouvoir d’invisibilité.

Pour Orphée, on en profite de le faire car des fois on ne peut pas.

Pacôme nous explique que ce qui nous pousse à faire du bien c’est parce qu’on a envie d’être gentil avec les autres, comme ça, ça fait la paix dans le monde. Parce qu’on nous a aidé, on a envie de faire pareil.

Yassine estime qu’on fait le bien et le mal pour nous, quand on a l’opportunité. On agit pour l’occasion d’obtenir quelque chose.

Mais au fond, qu’est-ce qui pousse Gygès à agir comme il l’a fait ? Qu’est-ce que ça change d’être invisible ?

Orphée nous dit que ça change parce que c’est rare et donc qu’on en profite.

Paula pense qu’en étant invisible on peut faire beaucoup plus de choses qu’en étant visible, c’est plus facile.

Selon Pacôme, quand personne ne peut nous voir, on peut faire n’importe quoi.

Paula admet qu’être invisible peut nous apporter beaucoup de choses mais ajoute cependant qu’il y a des choses qui ne changeraient pas.

Enfin, Yassine nous dit qu’avoir le choix entre invisible ou visible permet d’avoir une supériorité. Par exemple, on peut choisir selon notre envie que les autres sachent ou pas que c’est nous.

Merci aux p’tits philosophes d’avoir partagé leurs pensées ! On s’accorde des vacances pour se demander à la rentrée : « Que gagne-t-on en travaillant ? »

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 23 Janvier : Les héros !

Le samedi 23 janvier, les P’tits Philosophes se sont retrouvés pour philosopher sur le thème du Héros !

Les enfants ont dans un premier temps, costumé un héros. Chaque vêtement ou accessoire devait représenter une qualité, une caractéristique essentielle du héros.

Voici l’illustration de leur héros/héroïne :

La discussion a ensuite été menée autour de la question « Est-ce qu’on peut tous être des héros ? » Allons voir ce qu’en pensent nos petits philosophes :

Orphée : On peut tous être des héros. Quand on est petit, on ne peut pas être des héros mais plus tard dans la vraie vie, oui.

Yassine : On peut tous être des héros à sa façon. On peut faire des petits actes comme des grands actes de gentillesse.

Pacôme : Quand tu marches pour la première fois, tu peux être un héros pour ta famille. Ce n’est forcément faire de bonnes actions.

Solel : On peut tous être des héros à tous les âges. On peut être des héros quand on est venu au monde.

Judith : Si on a envie, on peut être des héros en faisant du bien aux personnes. Les gens qui sont dans les hôpitaux, ils sont des héros car ils sauvent des personnes.

Yassine : On est héros grâce au regard des autres. Les autres le voient comme un héros. Le héros est célébré. Ou bien il est héros mais il n’est pas connu en tant que héros.

Pacôme : Le héros a de la force : la force dans les muscles et la force de l’esprit, comme l’intelligence par exemple.

Solel : Il peut avoir plusieurs sortes de forces : penser, philosopher d’ailleurs, d’amitié, d’amour.

Les enfants devaient ensuite réfléchir sur des exemples de personnes qu’ils considéraient comme des héros ou héroïnes. 

Orphée : Des policiers par exemple, ça pourrait être des héros car ils sauvent les gens des méchants.

Pacôme : Les pompiers sont des héros.

Orphée : Les héros arrivent à accepter quand ils ont mal.

Pacôme : Les pauvres quand on les aide, on fait un acte héroïque.

La question centrale de l’atelier « A-t-on besoin de héros ? » a été abordée à travers une chaîne de Questions-Réponses. Pour cela, les enfants avaient devant eux deux feuilles : une feuille « Question » en vert et une feuille « Réponse » en orange.

  • Dès qu’un enfant voulait remettre en question une réponse, il brandissait sa feuille « Question ».
  • Dès qu’un enfant voulait répondre à une question, il brandissait sa feuille « Réponse ».

Voici le déroulé de leur chaîne philosophique de Questions-Réponses :

Question : A-t-on besoin de héros/héroïnes ?

Réponse de Mona : ça dépend si on a un problème ou pas.

Remise en question : Dans quel genre de problème avons-nous besoin d’un héros ?

Réponse de Judith : On peut avoir besoin de héros quand on se fait mal, quand on ne comprend pas quelque chose.

A-t-on besoin de héros ?

Réponse de Judith : Oui, les gens qui ont du mal à faire des choses, qui ont besoin qu’on s’occupe d’eux, qui ont des difficultés,

Remise en question : Qu’est-ce que les héros vont faire face aux difficultés que les gens ont ?

Réponse d’Orphée : Ils peuvent aider les autres pour faire du bien partout.

A-t-on besoin de héros ?

Réponse d’Orphée : S’il n’y avait pas de héros et qu’on était en danger, on serait en plus grand danger !

Remise en question : Est-ce qu’on a forcément besoin de héros pour qu’il n’y ait plus de danger ?

Réponse de Mona : On a besoin de héros car sinon le problème peut être encore plus grave.

Est-ce qu’on peut se sauver tout seul ?

Réponse de Yassine : On peut. Ça dépend du problème ou de la situation. Il y a certaines situations où on n’a pas besoin d’aide extérieure. On a besoin d’un héros, ça peut nous aider mais pas tout le temps.

Merci à nos super héros/héroïnes de la pensée pour leurs belles idées !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 30 janvier : Aider

Ce samedi 30 janvier les petits philosophes se sont retrouvés pour discuter d’une question philosophique pas habituelle mais essentielle : Faut-il toujours aider les autres ?

Pour s’attaquer à cette grande question, les P’tits Philosophes ont eu une mission : ils devaient commencer par en rechercher les présupposés. Lorsqu’on se demande « faut-il toujours aider les autres ? » qu’est-ce qu’on sous-entend ?

Les p’tits philosophes ont pu comprendre ce qu’était un présupposé au détour d’un petit exercice où ils ont été invités à repérer dans des questions comme « pourquoi les filles aiment le rose ? » ou « pourquoi la lune est en carton » ce qui était sous-entendu. La personne qui pose cette question pense que les filles aiment le rose, ou que la lune est en carton.

Tessa s’est alors lancée : Quand je pose la question « faut-il toujours aider les autres ? », je pense qu’il faut aider les autres.

Les P’tits philosophes ont alors été invité à ouvrir cette réflexion philosophique par une recherche d’exemples : ils devaient trouver des situations où ils avaient aidé quelqu’un d’autre ou des situations où ils avaient vu quelqu’un aider quelqu’un d’autre, et commencer à réfléchir à pourquoi. Ils avaient comme consigne de simplifier leur récit pour proposer un exemple précis en deux phrases. À l’issue de cette intéressante récolte d’exemples, les p’tits philosophes ont alors pu se demander : Pourquoi on aide ?

Tessa a proposé une première idée : On aide pour le plaisir. Mais en plus, ça a de bons effets : quand on aide, on nous aide en échange. Par exemple j’aide mon voisin à ranger ses courses, il m’aidera ensuite.

Colin a proposé une autre motivation : On aide pour le bien de l’autre. La contradiction ce serait quand on aide quelqu’un pour le mal.

Paula alors complexifié en faisant se rencontrer les deux idées : Quand on aide quelqu’un ça lui fait plaisir et nous, ça nous fait plaisir de voir qu’on lui fait plaisir.

Léonie a alors lu une petite histoire à partir de laquelle les enfants devaient trouver de nouvelles questions sur notre thème.

Un homme a trouvé un jour un cocon de chenille et a décidé de l’apporter chez lui. Quelques jours plus tard une petite ouverture est apparue. L’homme s’est assis et a observé pendant plusieurs heures le papillon se débattre de toutes ses forces afin de sortir du cocon. Au bout d’un certain temps, le papillon ne bougeait presque plus. Comme s’il avait donné son maximum et qu’il n’avait plus rien à faire. L’homme a décidé alors d’aider le papillon. Il a pris une paire de ciseaux et a coupé le reste du cocon. Le papillon est sorti alors facilement de son cocon. Le corps du papillon était enflé et petit et ses ailes était toutes ratatinées. L’homme continuait alors à observer le papillon et s’attendait à ce qu’il ouvre tout grand ses ailes et commence à voler. Mais rien de cela ne se passait. En fait, le papillon a passé le reste de sa vie à ramper avec son corps enflé et ses ailes déformées. Il n’a jamais été capable de voler. Ce que l’homme avec sa gentillesse et son empressement n’avait pas compris, c’est que la lutte que le papillon devait effectuer pour sortir de son cocon était essentielle à son développement. En luttant ainsi de toutes ses forces, les fluides de son corps se seraient répartis dans ses ailes et, compte tenu du temps qu’il lui fallait pour crever son cocon par lui-même et déployer ses ailes, le papillon aurait été alors en mesure de voler et de se libérer une fois pour toutes de son cocon.

Quelle question nous pose cette histoire ?

Colin a alors proposé une interprétation : Pour moi, il nous dit qu’avant d’aider il faut réfléchir aux conséquences, avant d’aider, il faut regarder et chercher pour voir si ça ne causera pas de problèmes.

Est-ce qu’aider quelqu’un ça peut causer des problèmes ?

Colin a partagé une première réponse : Quand on veut aider quelqu’un, il faut connaître son problème, sinon on ne pourra pas lui donner ce dont il a besoin.

Une autre question est alors apparue : Est-ce qu’aider quelqu’un c’est toujours bien ?

Yassine a proposé une idée : Aider quelqu’un pour faire une chose, par exemple un devoir, de temps en temps ça peut l’empêcher d’apprendre par lui-même et donc de savoir le faire. Il aura l’habitude de demander aux autres, sans chercher par lui-même. Par exemple, si tu aides quelqu’un à faire un exercice, il ne saura peut-être pas après trouver la solution par lui-même.

Quelles seraient alors les bonnes raisons de ne pas aider quelqu’un ?

Orphée a proposé une reformulation de l’idée de Yassine : Si on t’aide tout le temps à faire tes devoirs, tu ne peux pas vraiment apprendre parce que tu vas prendre l’habitude d’être aidé par les autres et quand tu seras grand tu ne pourras pas faire tout seul.

Paula a donné un exemple : Souvent les oiseaux, on leur donne à manger mais après, quand on n’est pas là, par exemple le jour où on déménage, les oiseaux vont se retrouver sans nourriture et ne sauront plus se nourrir par eux-mêmes.

Orphée a induit : Il y a des choses que les autres doivent faire tout seuls et qu’on ne doit pas faire leur place.

Colin a ajouté une autre considération : Une personne peut aussi mal prendre qu’on l’aide. Par exemple quelqu’un qui n’arrive pas à faire un casse-tête veut y arriver tout seul.

Solel a alors proposé un exemple pour illustrer l’idée de Colin : Les parents veulent parfois aider les enfants pour des choses qu’ils peuvent faire tout seul, et qu’ils préféreraient faire seul, comme traverser la route.

Les P’tits Philosophes en sont alors venus à se poser une nouvelle question : est-ce que l’on aide pour soi ou pour l’autre ?

Orphée a proposé en premier : On aide pour soi et pour l’autre en même temps. On aide pour soi parce qu’on a envie d’aider l’autre mais on aide aussi pour l’autre pour qu’il n’ait pas de mal.

Pourquoi peut-on avoir envie d’aider les autres ?

Tessa a affirmé : On peut avoir envie d’aider parce que ça nous aide en même temps nous, on apprend à aider les autres et on découvre que ça nous met de la paix entre nous. Quand on aide les autres, on apprend à vivre en paix avec les autres, en même temps on les aide et en même temps ils nous aideront.

Colin a alors problématisé : Si on aide en pensant à bien faire mais qu’on aide à faire le mal ça peut produire tout le contraire.

Paula a illustré l’idée de Colin en réutilisant l’histoire du papillon : Le monsieur pensait bien faire en aidant le Papillon, et en fait il a mal fait.

Comment savoir alors quand il faut aider les autres ?

Colin a affirmé : Il faudrait vérifier si c’est une bonne idée.

Paula a interrogé : C’est difficile parce qu’on ne pas toujours savoir.

Tessa a proposé : Pour savoir si on doit aider quelqu’un il faut se poser la question, à chaque fois que je vais aider quelqu’un je me demande « est-ce que c’est bien pour la personne ? ».

Les enfants ont alors tenté de faire une synthèse de toutes ces idées en se posant la question du jour : Faut-il toujours aider les autres ?

Colin s’est lancé en synthétisant : Il ne faut pas toujours aider les autres, parce qu’aider les autres peut créer des problèmes pour la personne qu’on veut aider.

Tessa a reformulé une autre idée : Il ne faut pas aider quand ça empêche d’apprendre. Tessa a alors donné l’exemple des animaux domestiques qu’on a tellement aidé à tout faire qu’ils ne pourraient plus vivre sans nous.

Les enfants ont fini l’atelier en s’imaginant les conséquences d’une situation où un être humain serait laissé sans aide. Si un petit enfant était laissé dans la nature sans aide, il pourrait se débrouiller mais il aurait besoin d’aide pour pouvoir se développer. Mais quand on imagine qu’un adulte de 40 ans serait laissé seul dans la forêt, il saura se débrouiller mais il aurait beaucoup plus de mal à s’adapter parce qu’il est habitué à la civilisation, à être aidé par les autres humains.

Un grand merci les P’tits philosophes de nous aider chaque samedi à penser toujours plus et toujours plus grand.

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 16 janvier : La Richesse !

Le samedi 16 janvier 2020, nous avons retrouvé nos petits philosophes en visio, autour du thème de la Richesse.

Et comme ils en ont l’habitude, on commence par conceptualiser, définir ce nouveau concept. Qu’est-ce que c’est la richesse ? « 1, 2, 3, pensez ! »

 « Pour moi, a dit Yassine, la richesse, c’est avoir une chose en grande quantité ; pas forcément de l’argent, par exemple de la connaissance, une grande quantité de savoirs. »

La plupart des petits philosophes ajoutent à la richesse d’argent –qui semblent une évidence pour eux- d’autres formes de richesses :

Solel énumère ainsi « la richesse de l’argent, la richesse de l’amour, de l’amitié, on peut être riche en honnêteté, en générosité -en référence avec ma mamie qui donnait beaucoup de choses, elle donnait même trop ! »

Jade ajoute la richesse de la nature, Colin celle des mots qui nous permet de mieux négocier, communiquer, Judith la richesse des sentiments.


Julia demande ensuite aux petits philosophes d’écrire chacun une affirmation sur la richesse. Cette récolte d’affirmations servira ensuite de supports pour trouver des questions philosophiques au sujet du thème. Voici le résultat de leur travail :

Les affirmations :

  • Yassine : La richesse nous donne souvent envie d’avoir plus
  • Jade : La richesse peut créer des problèmes si elle est mal utilisée.
  • Judith : La richesse peut rendre fou, être dangereuse
  • Tessa : Je pense qu’être riche c’est avoir des ascendants riches
  • Mona : On peut être riche avec les mots
  • Colin : On ne choisit pas d’être riche
  • Solel : Il y a plusieurs formes de richesse

Les questions :

  • La richesse nous donne envie d’avoir plus : Pourquoi la richesse nous donne envie d’avoir plus ? De quoi nous donne envie la richesse ? Qu’est-ce qu’il y a dans la richesse qui nous donne envie d’avoir plus ?
  • La richesse peut créer des problèmes : Quels problèmes cause la richesse ? Comment éviter que la richesse nous pose des problèmes ?
  • La richesse peut être dangereuse : Pourquoi la richesse peut-elle être dangereuse ? Quels dangers provoque la richesse ? Comment savoir si la richesse va causer un danger ?
  • Être riche, c’est avoir une famille riche : Pourquoi avoir une famille riche ? Quelles richesses nous donne nos ancêtres ? Est-ce que la richesse se récupère d’autres façons qu’avec une famille riche ?
  • Être riche c’est non seulement avoir beaucoup d’argent mais aussi dans les mots : Est-ce qu’il y a que la richesse des biens ? Peut-on avoir des richesses différentes de ce que l’on possède ? Quels mots peut-on qualifier de mots riches ?
  • On ne choisit pas d’être riche : Pourquoi on ne choisit pas d’être riche ? Si on ne choisit pas d’être riche, pourquoi certains ont envie d’être riche ?
  • Il y a plusieurs formes de richesses : Quelles sont les différentes formes de richesses ? Combien il y a de formes de richesse ? Pourquoi avons-nous plusieurs sortes de richesse ?

A la suite de cela, Julia a proposé une promenade réflexive à travers ces questions (très riches !). Voici quelques-unes des idées en or qui ont émergé de nos têtes pensantes !

Yassine : quand tu es riche d’une chose, tu as envie d’avoir plus, et au bout d’un moment quand tu as tout, qu’est-ce qu’il y a quand c’est fini, qu’on a tout ?

Colin : Si on est riche en mots, on a envie d’en avoir plus.

Judith : Les gens qui sont un peu fous, ont toujours envie de plus plus plus

Jade : Tu achètes tu achètes toujours plus, tu es heureux alors tu fais n’importe quoi pour avoir de l’argent, par exemple, voler une banque.

Tessa : La richesse peut créer des jalousies, entrainer des comportements violents

Jade : La richesse ne vient pas que de la famille, tu peux la gagner à la sueur de ton front.

Tessa : La famille nous apporte la richesse en amour. Normalement nos parents nous aiment.

Yassine : La famille peut apporter des richesses culturelles, des traditions, ce qu’il faisaient à l’époque.

Solel : Aller à l’école est une grande chance. Ma grand-mère n’a pas pu aller à l’école.

Colin précise : L’école ça nous fait la richesse du savoir.

Judith ajoute : L’école si on travaille bien et qu’on réussit bien, si on est sage, on peut apprendre beaucoup de choses, on peut devenir médecin ou chimiste. C’est la richesse du travail.

Tessa : Aller à l’école c’est une marque de richesse (par rapport à d’autres enfants du monde)


Enfin, l’atelier s’est terminé par l’expression de la préférence de chaque participant en ce qui concerne la richesse. Si vous pouviez choisir une richesse, laquelle aimeriez-vous avoir ?

Mona : la richesse de pouvoir manger, et de l’argent pour acheter beaucoup à manger !

Colin : la richesse des mots pour pouvoir parler bien aux personnes de mon entourage et savoir quelle manière de parler selon les personnes.

Jade : la richesse de savoir tout pour avoir mon bac, être une chef d’entreprise.

Tessa : la richesse en amour

Solel : la richesse du travail, du chant, la richesse de fabriquer des systèmes d’ordinateur

Judith : la richesse de l’intelligence pour réussir sa vie, pour avoir moins de difficultés à faire les choses, la richesse de la liberté aussi.

Yassine : la richesse des connaissances, celle de découvrir de nouvelles choses que l’on n’a pas encore compris et les biens nécessaires pour découvrir cela.

Bravo pour la richesse de vos idées et à la semaine prochaine !

L’année 2020… une année qui nous a fait réfléchir !

Bonjour à toutes et à tous !

Merci aux usagères et usagers qui ont joué le jeu pour apporter leur contribution réflexive sur l’année 2020 ! Et oui, la précédente année a été très particulière en raison du contexte sanitaire dans lequel l’humanité entière a été baignée. Des questions, des concepts liés aux enjeux multiples, à la fois métaphysiques, éthiques, politiques et épistémiques ont émergé… Allons voir en détail ce qu’en pensent nos usagers philosophes !

Bonne lecture !


Voici la contribution de Jacques M. :

« 2020, notamment avec l’expérience du confinement, m’a fait mieux prendre conscience que VIVRE, ce n’est pas seulement travailler, ni consommer, ni faire du sport, ni regarder la télévision, etc. : ça peut être un peu tout cela mais à condition que ces lieux d’activité soient aussi des lieux de rencontre. de partage, d’échange, de RELATION. La relation est vitale. Chacun peut la vivre différemment, mais elle m’est apparue encore plus essentielle au vu des situations de déprime (dans le télétravail solitaire, dans l’absence de liens au fond de sa chambre en Ehpad, dans la solitude de son deux pièces …).  L’être humain est un être de relation !

VIVRE, c’est aussi INVENTER, OSER L’INITIATIVE … Je pense à deux initiatives merveilleuses qui ont pu se réaliser entre voisins lorsque l’un, l’une ou l’autre a su (a osé ?) prendre l’initiative de sortir son instrument de musique pour jouer un air à la fenêtre en déclenchant d’autres initiatives dans le voisinage (partage du verre d’amitié, fête d’un anniversaire, etc.) – comme cela s’est vécu dans un immeuble de 4 étages du quartier de la Boissière à Montreuil (et ça continue : chaque vendredi soir, en inter générations, ces voisins apprécient de se retrouver, de se donner des nouvelles, un cuistot au chômage est tout heureux d’apporter un gâteau pour souhaiter un anniversaire, etc.), ou rue Etienne Marcel à Romainville … Il a fallu simplement l’initiative d’une personne qui a INVENTE l’occasion de la rencontre … Ces personnes qui osent, et celles qui emboîtent le pas sont simplement des bienfaiteurs d’humanité !

Bon … Voilà ma modeste contribution !« 


Voici les différentes pistes de réflexion apportées par Sylvie C. :

« La différence majeure porte sur l’aspect collectif. Toute l’humanité est pour la première fois devant un même fléau à combattre. Qu’en avons-nous fait, qu’en faisons-nous et qu’en ferons-nous ? Alors ce qui me frappe, 

1) C’est le repli qui prend le pas sur la coopération : première grande question sur notre humanité, notre intelligence collective, nos archaïsmes peut-être. Aurons-nous la force d’âme de renverser cet angle de vue et de construire un projet de santé pour l’humanité à l’échelle du globe ? (solidarité vaccinale avec les pays pauvres, partage des savoirs à la place de la concurrence…). Aurons-nous l’intelligence de comprendre que l’intérêt individuel et l’intérêt collectif sont exactement alignés pour la première fois dans l’histoire de l’humanité sur l’étendue totale de la planète ?

2) À un niveau plus intérieur, c’est la force du lien : la relation quotidienne, même banalisée; les liens affectifs majeurs qui font défaut lorsqu’on ne peut plus voir les êtres chers, ni les enterrer dans la tradition humaine la plus ancestrale ; 

3) La question des générations « sacrifiées » …. Les vieux devaient-ils payer de leur vie pour que les jeunes ne souffrent pas de la crise sociale qui s’ensuit ? (Comte-Sponville m’a totalement énervée). Fallait-il jouer l’un contre l’autre ?

4) La question des responsabilités politiques locales immédiatement désignées. Accepte-t-on que nos gouvernants tâtonnent, soient incompétents sur un sujet auquel personne n’était préparé ? Pourquoi ne s’en prend-on pas plus clairement au véritable responsable objectif de cette pandémie ?

5) Quelles leçons de politique sanitaire et environnementale pour la suite : les pandémies à venir, le changement climatique qui nous attend … ?

Au fond et pour résumer peut-être, c’est la conjugaison de notre force et de notre fragilité qui m’apparaît : pris entre sidération, peur et force de résistance, de prodiges scientifiques, de créativité. Nous sommes tout cela à la fois. Un vertige !« 


2020, l’année de la résilience selon Fouzia S. :

« L’année 2020 m’a interrogé sur le sujet suivant comment alors que certains savent trouver les ressources pour tirer le meilleur de toutes les situations y compris les plus exceptionnelles, d’autres n’y arrivent pas  Je pense que c’est le ressort de ce thème de la résilience qui a été utilisé à toutes les sauces ces derniers mois mais au delà du buzz word comme disent les américains c’est un sujet de fond qui m’a toujours interrogé et encore plus cette fois ci. »

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