Recherche

Maison de la Philo φ Romainville

Au fil des idées : la vie de la pensée, dans une ville philosophe !

Catégorie

Paroles d’ados

Compte-rendu du Club des Jeunes Penseurs du vendredi 18 février : « Sophistes vs. Philosophes ! »

Le vendredi 18 février, au moment où les jeunes penseurs de 11 à 16 ans venaient tout juste d’être en vacances, ces derniers se sont prêtés au jeu « Sophistes VS. Philosophes« .

D’abord, un texte d’introduction pour les placer dans l’ambiance leur a été présenté :

“Bienvenue au Logos Club, mes amis, venez démontrer, venez délibérer, venez louer et blâmer pour la beauté du verbe ! Approchez, beaux parleurs, fins rhéteurs, orateurs au long souffle ! Prenez place dans l’antre de la folie et de la raison, le théâtre de la pensée, l’académie des rêves, le lycée de la logique ! Venez entendre le fracas des mots, admirer l’entrelacs des verbes et des adverbes, goûter les circonvolutions venimeuses des dompteurs de discours ! Gloire au logos, mes amis ! Vive la dialectique ! Que la fête commence ! Que le verbe soit avec vous ! Ce soir, le Logos Club vous offre un combat de choix. Aux prises : Socrate, père de la philosophie qui défie Gorgias, maître sophiste, pour tenter de gravir un échelon au classement du Club. Sujet de la dispute : La philosophie contre la rhétorique. » 

Texte de Laurent Binet, extrait de La septième fonction du langage (Quelques éléments du texte ont été modifié pour les besoins de l’animation).

Puis, les jeunes penseurs ont réfléchi aux techniques qu’eux-mêmes connaissaient et qu’ils ont peut être une fois utilisées pour convaincre les autres. Voici leurs idées :

  • argumenter, donner des raisons
  • donner ses qualités et jamais ses défauts ou donner un défaut minime pour montrer notre honnêteté
  • mettre en valeur, embellir son projet
  • supplier la personne en face de nous
  • prendre son auditoire comme son allié : il faut toucher là où ça fait mal, plaire, séduire.
  • choisir son moment où placer ses idées
  • alterner entre les sentiments ou la logique, tout dépend de la connaissance qu’on a de notre public
  • étonner en donnant des défauts directement pour ensuite manipuler plus facilement. Etonner le public a pour fonction de le manipuler plus facilement
  • Choquer l’auditoire, se différencier
  • La corruption !!
  • entrer dans le vif du sujet sans jamais endormir l’auditoire

Les jeunes penseurs ont ensuite pris connaissance des querelles de la Grèce Antique entre les sophistes, des beaux parleurs qui discouraient dans le but de plaire et de convaincre leur auditoire (peu importe s’ils possédaient ou non la vérité) ; et les philosophes qui, eux sont du côté de la raison et de recherche de la vérité.

Vint ensuite le moment du jeu « Sophiste vs. Philosophes »… Le groupe a été divisé en deux : ces deux groupes devaient revêtir simultanément la casquette de sophiste et celle de philosophe (dès qu’un groupe était sophiste, l’autre était philosophe) :

  • Les sophistes devaient défendre un message parmi un choix de trois sujets proposés en étant le plus convaincant possible
  • Les philosophes devaient repérer les stratégies argumentatives et les arguments fallacieux utilisés dans le message défendu, ceci afin de les déconstruire et de montrer en quoi ils ne sont pas valables.

Pour cela, une liste de plusieurs arguments fallacieux, issu de l’ouvrage Question de logiques d’Oscar Brenifier leur a été présentée : l’argument émotionnel, l’argument de l’habitude, le glissement d’argument, l’argument d’autorité, l’argument du nombre, la généralisation abusive, l’argument du contraire, l’argument d’exagération, la fausse alternative, la justification abusive, l’argument de sincérité, l’argument du sentiment personnel, le glissement de sens et la pétition de principe.

Un premier groupe de sophiste a choisi d’argumenter en faveur du port de l’uniforme à l’école. Le second pour le vote obligatoire. Les philosophes ont quant à eux, aiguisés leur esprit critique pour contrer les stratégies utilisées par les sophistes pour nous convaincre de leur message !

Bravo aux jeunes penseurs, dorénavant experts de l’esprit critique !

Club des Jeunes Penseurs (12-16 ans) du vendredi 4 février : « Comment savoir si quelque chose est vrai ? »

Le vendredi 4 février de 17h45 à 19h, les jeunes penseurs de la Maison de la Philo, âgés de 12 à 16 ans, ont échangé autour de la question « Comment savoir si quelque chose est vrai ? »

Ils ont d’abord regardé une vidéo « Le Complot Chat », vidéo parodiquement complotiste créée par des élèves du lycée Madeleine Vionnet de Bondy. Avant de dévoiler les artifices utilisés pour nous convaincre du complot, les jeunes penseurs ont tenté de répondre aux questions suivante : Quel message cette vidéo veut nous transmettre ? A votre avis, est-ce qu’elle nous dit des choses vraies ou des choses fausses ? Quels éléments vous paraissent vrai ? Lesquels vous paraissent faux ?

A la question « Quelles techniques sont utilisées pour que vous puissiez être convaincu du message ? », ils ont donné les éléments suivant :

  • on utilise des éléments précis qu’on décide de mettre en lien
  • les gros titres qui sont en gros plan et qui masquent les contenus des articles
  • la voix grave et robotique
  • ils mettent des éléments vrais
  • il y a une succession d’images qui ressemblent à des preuves
  • il y a un défilement rapide des informations
  • on utilise des éléments connus, des personnages célèbres pour que ce soit encore plus convaincant
  • il y a une technique de métamorphose – « morphing » – de l’image
  • un recours aux effets spéciaux et aux montages

Les participants ne s’en étaient pas rendus compte mais le recours aussi à une musique inquiétante dans la vidéo était un moyen pour jouer notre peur !

Cette réflexion autour de la vidéo du « Complot Chat » a permis aux jeunes penseurs de définir ce qu’est une théorie du complot et le rôle de l’esprit critique face aux informations qui nous sont soumises au quotidien.

Dans un second temps de l’atelier, les participants ont pris le rôle « d’experts spécialistes de l’esprit critique ». Il s’agit d’un métier qui consiste à démêler au quotidien le vrai du faux. Ces professionnels sont des chercheurs de vérité !

En tant qu’experts de l’esprit critique, ils doivent se poser un certains nombre de question pour vérifier que quelque chose est vrai. Voici les questions qu’ils ont proposé :

  • Est-ce que le sujet a déjà été abordé avant ?
  • Est-ce que c’est possible ou pas ?
  • D’où sort l’information ? / D’où vient l’information ? / Quelles sont les sources ?
  • Où je vois l’information ?
  • Sur quel site a été publié cette information ?
  • Est-ce que c’est réaliste ?
  • Est-ce que la source de l’information est fiable ?
  • Est-ce que l’information est cohérente ?

Les jeunes penseurs ont confronté leurs questions aux planètes-questions du magazine Philéas et Autobule n°58, « Comment sais-tu si c’est vrai ? »

Pour chaque proposition d’information qui leur était donné, les jeunes penseurs devaient déterminer la planète-question la plus utile et la planète-question la moins utile. Chaque choix de planète-question devait aussi s’accompagner d’un argument.

Bravo aux Jeunes Penseurs experts de l’esprit critique !

Le Club des Jeunes Penseurs du vendredi 7 mai : Voyage en utopie !

Le vendredi 7 mai, les Jeunes Penseurs ont expérimenté en visio la fiche d’animation « Voyage en utopie » proposée par le Pôle Philo (https://www.calbw.be/pole-philo). Le but de cette activité était de s’exercer à dégager des conséquences des propositions que nous émettons lors d’un atelier philo.

Tout d’abord, nous nous sommes assurées que tout le monde savait bien ce que pouvait être une utopie :

« Aujourd’hui, nous allons voyager en utopie. Une utopie, c’est quoi ? Dérivé du grec « topos » (lieu) et du préfixe privatif « u », il signifie « l’absence de lieu ». Une utopie, dans le langage courant, est un monde merveilleux, idéal, rêvé, dans lequel nous aimerions tous vivre. »

Puis la consigne leur a été donnée : « A votre avis, qu’est-ce qui pourrait rendre le monde meilleur…utopique ? Vous allez réfléchir individuellement à ce que vous souhaitez comme grand changement dans le monde et vous allez le poser à l’écrit. Vous pouvez vous aider en complétant la phrase : « Le monde serait meilleur si… »

Par exemple : « Le monde serait meilleur si… tout le monde devient ami avec tout le monde. »

Voici les propositions des participants pour rendre monde meilleur :

Yassine

Le monde serait meilleur si on pouvait tous être d’accord sur les choses logiques

Justification : « car on dialoguerait mieux.  »     

Pauline

« Le monde serait meilleur s’il n’y avait pas d’escroc ni de tueur »

Justification : « Parce qu’il y aurait moins de personnes malheureuses.»

Clémence

« Le monde serait meilleur si tout le monde était heureux et content de ce qu’il a. »

Justification : « Parce que personne ne chercherait à prendre aux autres  »

Mia

« Le monde serait meilleur s’il n’y avait plus de bagarre ni de guerre. »

Justification : « Parce que le monde serait moins dangereux.  »

Raphaele

« Le monde serait meilleur si les gens se respectaient un peu plus. »

De ces propositions d’un grand changement dans le monde, les jeunes penseurs se sont exercés à en dégager des conséquences, sous la forme « Si…alors… »

Pour cela, nous leur avons demandé d’ajouter un « Si » au début de leur proposition et un « alors » à la fin. Prenons en exemple, la proposition de Raphaele : « les gens se respectaient un peu plus ». Cela nous donne : « Si les gens se respectaient un peu plus, alors…« 

Les participants ont ensuite été répartis en deux équipes :

  • L’équipe 1 devait dégager des conséquences de l’équipe 2
  • L’équipe 2 devait dégager des conséquences de l’équipe 1.

Voici les conséquences qui ont été dégagées par équipe :

Equipe 1 : Pauline et Clémence

Si on pouvait tous être d’accord sur les choses logiques, alors :

  • on réglerait beaucoup de conflits.
  • il n’y aurait plus de débat, ce serait ennuyeux.

S’il n’y avait plus de bagarre ni de guerre, alors :

– il n’y aurait plus certains métiers (il y’en aurait moins), les infirmiers , médecins…  il y’aurait moins de décès 

– il y aurait moins de dégradations (Pays , Villes)

– les gens seraient plus insouciants.

Si les gens se respectaient plus, alors :

–  on ne pourrait pas s’amuser un peu, on finirait par arriver dans une société où personne ne rigole. Par exemple, se moquer de nos professeurs après les cours.

–  on serait beaucoup plus heureux.

Equipe 2 : Yassine, Mia et Raphaele

Si tout le monde était heureux et content, alors :

  • on aurait moins besoin de la police, 
  • il y aurait moins de jalousie dans le monde. 

S’il n’y avait plus d’escroc, ni de tueur, alors :

  • nous aurons presque plus besoin de la police, 
  • une grande partie des informations disparaîtrait des journaux, 
  • on aurait moins d’idées de scénarios et d’histoires sur lesquels se baser (films, séries, livres)

Voici un tableau récapitulatif des propositions et conséquences dégagées :

Chaque conséquence exposée par les participants était interrogée (nous leur demandions par exemple s’il s’agissait d’une conséquence nécessaire ou seulement possible) et donnait lieu à une discussion.

Merci à nos jeunes penseurs philosophes pour nous avoir fait voyager en utopie !

Philo’Ville, une ville imaginée par nos jeunes penseurs !

Philo’Ville est une activité proposée par le Pôle Philo (https://www.calbw.be/pole-philo) sur le thème du pouvoir, que la Maison de la Philo a expérimenté (en changeant parfois ses règles) avec ses jeunes ados penseurs ! Il s’agit d’une ville dans laquelle chaque participant est un représentant – Maire-Adjoint – d’un domaine qu’il a lui-même choisi : éducation, culture, sports et loisirs, emploi, sécurité, santé, famille, environnement .

Pour commencer, chacun devait proposer une loi liée à son domaine d’action. Chaque loi exposée devait être ensuite discutée en passant par l’épreuve des habiletés de penser. Voici les habiletés de penser que les jeunes penseurs devaient utiliser durant leurs échanges :

  • Dégager une conséquence : “Si… alors…”
  • Trouver un exemple : “Par exemple…”
  • Donner un argument pour (donner des bonnes raisons en faveur de l’adoption de la loi)
  • Donner un argument contre (donner des raisons contre l’adoption de votre loi)
  • Définir un mot
  • Poser une question
  • Trouver une exception

L’épreuve était validée quand 6 interventions pertinentes recouvraient 4 habiletés de penser différentes.

Après avoir discuté de chacune de leur loi, les participants procédaient à l’amendement : chacun devait retravailler sa loi en tenant compte des remarques exprimées lors de l’épreuve des habiletés de penser.

ParticipantDomaineLoi 1Loi 2
YassineCultureLa ville doit rendre la culture accessible à tous en mettant des lieux culturels à proximité de tousConstruire quelques espaces culturels peu coûteux mais placés de sorte qu’ils soient près de chacun et proposer aux écoles des balades. Créer des espaces de travail pour faire des stages et des présentations de ces métiers dans les écoles. Donc le coût des espaces culturels (léger) sera amorti grâce au nouveaux emplois.
ClémenceEducationChaque école devra organiser un stage de sensibilisation à l’écologie en seconde et des séances consistant à apprendre les gestes simples aux plus jeunes enfants (primaire)Les écoles devront organiser des stages dans des zoos pour toutes les classes de seconde afin de les sensibiliser à l’écologie. Les parents les plus aisés devront payer l’entrée de leur enfant.
En primaire, les professeurs enseigneront les gestes les plus simples (recyclage, etc.) aux élèves, et ce, du CP au CM2. Les coûts éventuels de ces enseignements seront pris en charge par l’école (très peu), la mairie et par les parents les plus riches.
PaulineSantéLa ville doit proposer des soins médicaux aux personnes en difficulté économique.Construire un centre de santé avec plusieurs cabinets (plutôt petits) qui nous serviraient à ausculter ou contrôler la santé des patients qui sont en difficultés économiques (les personnes qui ne sont pas en difficulté économique pourront aller au centre de santé mais en payant un peu plus. Avec l’argent qui nous reste, nous pourrons payer les employés ou les écoles.
MiaEnvironnementLa ville doit aménager des potagers publics, mettre de la verdure(plantes,fleurs,arbres,etc.) dans le plus d’endroits possibleLa ville peut verdurer les toits et végétaliser les façades des immeubles, de sorte a mettre plus de verdure en laissant de la place pour les autres propositions. Il pourrait y avoir des potagers derrière la mairie pour laisser la plus grande place pour des constructions.
JuliaFamilleUne maison des familles verra le jour, permettant aux parents de recevoir des conseils de professionnels sur la parentalité et l’éducation des enfants; et d’organiser des ateliers en famille, tels que des jeux de société, des ateliers de poterie, des groupes de parole, etc.Une maison des familles verra le jour, permettant aux parents de recevoir des conseils de professionnels sur la parentalité et l’éducation des enfants et d’organiser des ateliers en famille (jeux de société, ateliers poterie, des groupes de parole, etc.) Une participation financière sera demandée aux usagers sous la forme d’une cotisation à l’année,calculée en fonction des revenus de chacun. Les ateliers seront adaptés aux horaires de travail des parents (ouverture le samedi, horaires du soir, etc).
MarieEmploiLa ville doit accompagner chaque habitant dans la recherche d’un emploi adapté à ses intérêts et compétences.PhiloVille disposera d’un service d’accompagnement à la recherche d’emplois où chaque habitant pourra recevoir aide et conseils personnalisés pour trouver un emploi adapté à ses intérêts et compétences.
Tableau comparatif des lois avant et après l’épreuve des habiletés de penser

Un vote a été ensuite été proposé aux participants pour élire la loi qui remporterait le grand prix de Philo’Ville. Et c’est la loi sur l’EDUCATION qui a gagné la première place ! Bravo Clémence !

Et voici, la belle carte de Philo’Ville :

Cette activité a permis à nos jeunes penseurs d’adopter une posture citoyenne en expérimentant les différentes étapes du processus démocratique : le choix d’un domaine à représenter, la proposition d’une loi, la discussion, l’amendement et le vote.

Philo’Ville, Romainville…villes de jeunes philosophes !

Compte-rendu des ateliers « Espaces de pensées » du 31 décembre 2019 et du 3 janvier 2020

La Maison de la Philo vous souhaite une très bonne année… 2020 !

Durant les vacances scolaires, la Maison de la Philo est restée ouverte et a accueillie durant deux matinées, les jeunes âgés de 12 à 15 ans de l’Espace Cachin pour des ateliers « Espaces de pensées ».

 

La matinée du 31 décembre 2019, nous avons fait un grand tribunal de la raison dans lequel les jeunes ont défendu leurs idées par équipe.

La question suivante a été piochée : « A-t-on besoin d’un chef ? »

  • Equipe1 : « Oui, nous avons besoin d’un chef »

  • Équipe 2 : « Non, nous n’avons pas besoin de chef »

  • Équipe 3 : « Nous avons parfois besoin de chef »

Chaque équipe devait défendre sa position à l’aide d’un avocat et répondre ensuite aux questions du juge et des autres équipes.

Voici la retranscription de leur fiche :

  • Equipe 1 : « On a besoin d’un chef »

Réponse développée / Idées Défendues :

On a besoin de chef à la fois au travail, à l’école, à la maison et pour diriger un pays.

Arguments :

– Avec un chef, on peut diriger le travail pour bien le faire

– Si on n’avait pas de chef, on serait irrespectueux à l’école et trop gâté à la maison

– Les chefs sont là pour éviter de nous battre et de faire le bazar

– Si on n’a pas de chef, on ne travaillerait pas

Exemples :

– On est maçon et on transporte du ciment. Le chef nous dirait où le mettre.

  • Equipe 2 : « On n’a pas besoin de chef »

Réponse développée / Idées Défendues :

Nous n’avons pas besoin de chef pour nous débrouiller tout seul.

Arguments :

– Nous n’avons pas besoin de chef parce que nous connaissons déjà nos droits et devoirs

– Nous savons ce qu’on n’a pas le droit de faire.

– Pour s’amuser car on est libre

– Nous sommes libres de parler et de nous exprimer.

Exemples :

– Nous pouvons nous déplacer sans avoir besoin de chef

– Pour utiliser des appareils électroniques, on n’a pas besoin de chef car on sait s’en servir tout seul.

  • Equipe 3 : « On a parfois besoin de chef »

Réponse développée / Idées Défendues :

On a à la fois besoin de chef et pas besoin de chef selon certains domaines.

Arguments :

– On n’a pas besoin de chef dans un groupe d’amis car il déciderait de tout et les autres ne pourront rien dire.

– On a besoin de chef pour diriger des pays, sinon il n’y aurait pas de règles.

– Nous avons besoin d’un chef au travail sinon les gens ne respecteraient les règles.

Exemples :

– On va au cinéma avec nos amis et le chef décide de tout. Au final, il prend sa décision tout seul, sans écouter les autres.

– Au travail, quelqu’un qui n’a pas de chef ne respecte par les horaires : il vient quand il veut et part quand il veut.

Le vendredi 3 janvier 2020, nous avons entamé une discussion votée à l’unanimité par les jeunes : « Faut-il toujours dire la vérité ? »

Avant de commencer, un test comportant 15 situations (Exemple : « A un(e) ami(e) qui a acheté un nouvelle paire de chaussures qui ne lui vont pas. Est-ce que tu lui dis la vérité ? ») leur était distribué. Pour chaque situation, il leur était demandé s’il fallait dire la vérité ou inventer un mensonge. La calcul des « oui » (« il faut dire la vérité ») et des « non » (« il faut inventer un mensonge ») permettait de déterminer un profil de philosophe proche de leurs idées : Etes-vous Kant ou Bentham ?

Voici ci-dessous, de quoi il s’agissait :

Déontologisme

= on s’intéresse aux intentions

Conséquentialisme ou utilitarisme

= on s’intéresse aux conséquences, à l’utilité

Emmanuel KANT

Jérémy BENTHAM

Selon Kant, il faut toujours dire la vérité, quelque soit la situation devant laquelle nous faisons face. Il faut agir selon une règle qui s’appliquerait à tous. Si l’on fait exception, nous ne respectons plus cette règle. Cela véhiculerait l’idée que chacun aurait ses propres règles et plus personne ne respecterait celles dictées dans la loi.

Une bonne règle est une règle que nous pouvons appliquer à tous. Quelle règle veut-on donc appliquer à tous ? La règle de la vérité ou la règle du mensonge ???

Il faut passer le test d’universalisation devant chaque situation : est-ce que je veux que cela soit une règle universelle ? Est-ce que je veux appliquer cette règle au monde entier ? Un monde où dire la vérité n’est qu’un choix individuel et plus une règle fondamentale à suivre par tous et à tout moment est un monde qui ne suis plus aucune morale.

Extrait de Fondements de la Métaphysique des Moeurs, 1785 de Kant : « Je dois toujours me conduire de telle sorte que je puisse aussi

vouloir que ma maxime devienne une loi universelle. »

Majorité de « Oui » dans le test

Selon Bentham, il faut réfléchir aux conséquences de la vérité, c’est-à-dire aux effets qu’elle va produire. On s’intéresse à la façon dont va réagir l’individu qui va recevoir cette vérité. Elle peut parfois faire plus de mal que de bien. On peut donc s’autoriser à mentir du moment que ce soit pour une cause juste.

Devant chaque situation, il faut se poser la question suivante : est-ce utile de dire la vérité ? (d’où la notion d’utilitarisme) Si non, il est évident qu’il ne vaut mieux donc pas la dire.

Bentham propose donc l’idée suivante : il faut prendre en compte les conséquences pour tous et pas pour une personne particulière. Il faut viser le bonheur du plus grand nombre de personnes. Autrement dit, il faut agir de sorte à produire le bonheur de la majorité : peu importe si cette majorité vit dans un mensonge, du moment qu’il n’y a pas de peine.

Un mensonge est parfois préférable pour ne pas blesser les autres… et peut même sauver des vies !

Majorité de « Non » dans le test

Ces situations nous ont permis de réfléchir ensemble sur cette question au cour d’une discussion. Ci-dessous, un schéma synthétique de leurs idées :

Synthèse atelier espace de pensées 3 janvier 2020

 

Une semaine très riche en philo pour ados !

 

La philo, à quoi ça sert ?

Au terme d’un atelier philo dans le cadre du dispositif ACTE (Accueil des Collégiens Temporairement Exclus), un jeune de 15 ans nommé David réfléchit sur la raison, le sens de cet atelier philo. Voici ses mots lorsqu’il nous donne son impression à la fin de l’activité philo :

« La philo ça sert à faire travailler la conscience, à prendre conscience de ses actes, pour savoir si c’est bien ou mal. »

Faire travailler la conscience… Joliment dit !

Discussion autour du jeu « Feelings »

En cette rentrée des classes, deux collégiennes habituées de la Maison de la Philo nous retrouvent autour du jeu de société : « Feelings ». Cette nouvelle acquisition de la Maison de la Philo est un jeu éducatif qui permet de définir les émotions et se familiariser avec l’empathie.

 

C’est en aidant son amie à définir la peur, qu’Imène trouve cette heureuse formulation :

« La peur c’est notre imagination qui nous joue des tours »

Et vous qu’est-ce que vous ressentez quand vous avez peur ?

 

Bonne journée et belles pensées,

La Maison de la Philo

Compte-rendu du club philo : « Le monde est-il un théâtre dans lequel nous jouons tous un rôle? »

Petit dialogue sur la Liberté

Le 16 janvier 2016 à 16h à la Maison de la Philo : C’est quoi être libre?

  • « Être libre, c’est en respectant la loi, faire ce qu’on veut (Melissa, 9 ans)
  • Enfant, on est soumis aux règles des parents.  Adulte, on fixe ses propres règles, tout en respectant la loi » (Mickaëla, 11 ans)
  • Sans règles, on ne serait pas libre de vivre avec les autres » (Matthieu, 12 ans)
  • On peut être libre sans avoir de haine » (Eric, 46 ans)
  • Si on n’est pas respectueux envers les autres, ça reflète une mauvaise image de soi, et donc on n’est pas respectueux envers soi-même » (Maeva, 16 ans) »

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑