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Au fil des idées : la vie de la pensée, dans une ville philosophe !

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Paroles d’enfants

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 23 mai

Samedi 23 mai, huit petits philosophes ; Eléa, la grande Tessa, la petite Tessa, Colin, Pacôme, Éloïse, Chloé et Marilou, se sont, à nouveau, retrouvés à distance pour philosopher autour d’un thème qu’ils avaient choisi la semaine précédente, un thème aussi ancien que la Philosophie elle-même, mais que notre contexte réinterroge vivement à nouveau : la Mort.
Nous avons commencé par récolter les grandes questions que nous pouvions nous poser sur la mort :

« Qu’est-ce qu’il y a après la mort ? » Colin

« À quoi ça sert de mourir ? » Éléa

« Pourquoi la mort existe ? » Chloé

« Qu’est-ce que la mort ? » La grande Tessa

« Pourquoi meut-on ? » Pacôme

« Pourquoi on peut mourir ? » La petite Tessa

« Où va-t-on après la mort ? » Éloïse

« Est-ce qu’on sait quand on va mourir ? » Marilou

« Peut-on revivre après la mort ? » Éloïse

« Pourquoi la mort ne va-t-elle pas sans la vie, et vice-versa ? » Chloé

« Qui décide de la mort ? » Éléa

« Pourquoi la mort c’est forcément la fin de la vie ? » La petite Tessa

« Sans la mort qu’est-ce que serait la vie ? » Pacôme

« Est-ce qu’on est obligé de mourir ? » Marilou

Ensuite, les petits philosophes ont voté pour la question du jour, et ils ont choisi : Sans la mort, qu’est-ce que serait la vie ?

Éléa s’est alors lancée : « La vie sans la mort, ce serait un peu bizarre : il n’y aurait plus de maladies mortelles, plus d’épidémies, on aurait plus besoin de vaccins, mais il y aurait beaucoup, beaucoup de personnes et aurait quasi tout vu parce qu’on serait immortel. »

Éloïse a approfondi : « On serait éternels donc il y aurait largement trop de personnes. La mort c’est indispensable. Elle est essentielle pour qu’on ne soit pas trop nombreux sur Terre. »

La grande Tessa a ajouté : « Notre vie n’aurait pas de but, pas de fin : il faut un jour partir dans la vie. »

Pacôme a proposé : « Sans la mort, il n’y aurait pas de guerre non plus mais on serait serré comme des sardines. »

Chloé a alors nuancé : « La vie sans la mort : il y aurait énormément de monde et il n’y aurait surement pas assez de place pour tous. Sans la mort, on s’ennuierait dans la vie, parce que si on ne meurt pas, on continue à grandir et vieillir. Mais l’avantage c’est qu’il n’y aurait pas de tristesse ni de peur : pas la tristesse quand on perd quelqu’un et pas la peur de mourir dans des attentats par exemple. »

Nous avons alors basculé vers une autre question : est-ce qu’une vie sans mort serait préférable, ou en d’autres termes,vaudrait-il mieux être immortels ?

La grande Tessa a affirmé : « C’est mieux d’être mortel : au moins tu laisses la place aux autres et sinon ta vie n’a plus de sens. »

Colin a, à son tour, proposé : « Il vaudrait mieux être mortel, pour qu’on ne soit jamais trop, et qu’on ne manque jamais de nourriture. »

Pacôme a nuancé : « Des fois c’est mieux d’être immortel, par exemple en cas de guerre, mais sinon je resterais mortel. »

Chloé a alors confirmé : « Moi je préférerais être mortelle et avoir des parenthèses d’immortalité. »

Eléa a alors été en sens inverse : « Moi, je préfèrerais être immortelle, tu ne meurs pas, et tu peux voir quelqu’un que tu n’as pas connu ou même revoir quelqu’un qui est décédé. »

Eloïse a synthétisé : « Pour moi, c’est un peu les deux : il y a des avantages et des inconvénients aux deux. »

La petite Tessa a déclaré : « Moi, je choisirais l’immortalité : les deux sont bien, mais immortel on fait plein de choses encore et encore même si on s’ennuierait, nous on veut toujours découvrir d’autres choses. »

Marilou a affirmé : « Moi je préfère être mortelle parce que je laisse ma place aux bébés et aux animaux. De toute façon, il faut bien qu’un jour je meurs, parce que sinon ma vie ne se terminerait jamais, je m’ennuierais et ça n’aurait pas de sens. »

Chloé a alors proposé une synthèse de toutes les idées : « La vie sans la mort ça serait comme être immortel, il n’y aurait pas de guerre, pas de maladie, mais on s’ennuierait, et il n’y aurait plus de place pour tout le monde. Être mortel en fait, ça nous incite à être plus curieux, à vouloir savoir comment c’est la vie. Sans mort il n’y aurait plus le métier de chercheur, on aurait plus l’envie de chercher à connaître le monde de la même façon. »

Les petits philosophes ont alors choisi d’approfondir la discussion par la lecture d’un mythe : le mythe d’Orphée et d’Eurydice(dont nous vous joignons une version). Après l’avoir lu et découvert pour certains ou redécouvert pour d’autres, ce mythe, nous avons cherché à ce qu’il pouvait nous faire penser sur la mort

« Que tout le monde n’est pas immortel » a affirmé la grande Tessa

« On ne peut pas ramener les gens à la vie : une fois qu’on est mort, c’est fini » a complété Chloé avant d’ajouter : « Ce mythe nous apprend aussi quelque chose sur la confiance et il nous dit que la mort ça fait peur parce qu’on ne sait pas beaucoup de choses dessus, et que c’est triste parce qu’on perd des personnes. Il nous dit en fait, que la mort c’est inconnu pour les êtres humains »

Merci beaucoup les P’tits Philosophes pour cet atelier et rendez-vous samedi prochain pour continuer à philosopher à distance en approfondissant notre réflexion à travers le thème que vous avez choisi, celui de la vie cette fois !

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du 23 mai à distance : Les Concepts philosophiques !

C’est un atelier ludique et néanmoins très philosophique qu’a proposé le samedi 23 mai, Johanna !

Lors du confinement, une des missions philo qui avait été proposée au public de la Maison de la Philo était celle de la création de concepts nouveaux… Les P’tits philosophes ont aussi relevé ce défi !

Nous avons commencé par chercher à définir le mot concept en trouvant des exemples :

La liberté, la joie, la peur, la jalousie, le langage, la parole, la communication, l’égalité, l’animal, l’oubli, la solidarité…

Les enfants ont aussi trouvé beaucoup de concepts avec des concepts opposés : la vie/la mort, le respect/l’irrespect ; la bêtise/l’intelligence ; humain/inhumain/extra-terrestre ; sérénité/inquiétude/agitation ; bien/mal…

Qu’est-ce qu’un concept pour vous ? Donnez-en votre définition :

Gabriel : « Un concept, c’est un mot philosophique compliqué, important »

Rayan : « Un concept est un mot philosophique, dont la définition est difficile et qui nous est propre. On retrouve les concepts dans notre quotidien. »

Yassine : « C’est un mot qui permet de lancer une discussion. Plus la discussion avance plus on trouve de nouveaux concepts. »

Ulysse : « C’est un mot avec lequel on réfléchit. »

Maintenant que vous savez ce qu’est un concept, vous allez en inventer ! Vous avez en effet expérimenté des choses nouvelles pendant ce confinement et vous allez pouvoir créer des mots qui disent ces réalités nouvelles.

Par exemple, nous avons pu expérimenter « la milliberté » : une liberté millimétrée ou « le frustrage », qui désigne la grande colère de ne pas pouvoir faire ce que l’on souhaite.

Voici la liste des concepts tout neufs des p’tits philosophes d’aujourd’hui !

Ils ont même fini l’atelier en les dessinant pour les faire deviner à leurs camarades !

Gabriel :

  • La joiec’lère : pendant le confinement, on a éprouvé en même temps ce sentiment de joie et de colère mêlé.
  • L’escarvitesse : désigne un changement de rythme vécu pendant le confinement. Comme un escargot qui est tout à coup poussé « par le souffle d’un ventilateur et porte des patins à roulettes ».
  • Confinouais ! : victoire sur le covid en étant confinés.

Ulysse :

  • Rabatriste : c’est quelqu’un qui est toujours joyeux, qui gâche la tristesse ; c’est le cas d’une dame qui de rabat-joie est devenue « rabat-triste » pendant le confinement.
  • La Tissjoie : désigne celui qui tisse la joie entre plusieurs personnes.
  • Guépartort : un changement de vitesse pendant le confinement.

Yassine :

  • L’Amuselongue : « amusement que l’on ressent très long alors qu’avant, on le ressentait court »
  • La Réusseule : une réunion, un « groupe de seuls ».

Judith :

  • Le Mald’amie : désigne la tristesse de ne pas voir ses amies.
  • La Tessjoie : désigne le fait de ressentir en même temps la joie d’être à la maison et de voir davantage ses parents et la tristesse de ne pas aller à l’école.

Rayan :

  • L’inoubli : désigne le fait de ne jamais rien oublier, puisqu’on ne sort pas.

Bravo les philosophes, créateurs de concepts ! N’hésitez pas à continuer cette semaine à faire jaillir ainsi vos idées !

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Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 16 mai à distance : L’Obéissance !

Le samedi 16 mai 2020, les p’tits philosophes se sont réunis autour du concept d’OBEISSANCE. Pas facile !

Nous avons commencé par la question : À qui obéit-on ?

Gabriel : « Faut obéir aux personnes qui ont des bonnes idées, qui nous demandent de faire des bonnes actions ; ceux qui nous demandent de faire de mauvaises actions, on leur obéit pas ! Par exemple, à la guerre, Hitler, il fallait pas lui obéir. »
Ulysse : « Déjà faut obéir aux lois, aux députés et d’autres personnes. »
Judith : « Je dois obéir aux parents. »
Yassine : « Moi pour regrouper tout ça, je dirai qu’il faut obéir à notre hiérarchie : la hiérarchie c’est le placement en importance. Les supérieurs nous donnent des ordres. À des demandes à des commandes ! »

  • C’est pareil les ordres et les demandes ?

Yassine : « Les ordres c’est une obligation, les demandes c’est pas vraiment une obligation. »
Gabriel : « Faut obéir aussi, quand on est enfant, aux maîtres et maîtresses. »
Judith : « Il y a certaines personnes ils croient à des choses (par exemple à Dieu), pour eux, ils obéissent à Dieu. »

  • Vous parliez du fait qu’on obéit à des supérieurs, est-ce que parfois on obéit à des gens qui sont nos égaux ?

Yassine : « En fait, dans la hiérarchie, on obéit à toute la hiérarchie : les égaux, les supérieurs, les inférieurs. »
Judith : « On peut obéir à notre égal : par exemple un frère, une sœur, s’il dit « faut aller dans ta chambre. »

  • Durant le confinement, est-ce qu’on a dû obéir ?

« Il y a des consignes auxquelles il faut obéir, y a davantage de consignes du coup »

Puis, nous sommes passés à une autre grande question : Qu’est-ce qui fait qu’on obéit ?
Ulysse : « On obéit par la peur d’attraper le coronavirus. C’est pas toujours à cause de la peur qu’on obéit. »
Gabriel : « En fait c’est pas que la peur, ça peut être aussi la joie. Par exemple si ma maman elle me dit « Demain à 3h tu vas voir ton copain, et bah là j’obéis, parce que j’ai envie de voir mon copain. »
« Aussi, par l’obligation. Par exemple « Obéis à ça sinon tu vas aller en prison pendant 2 ans »

Peut-on choisir d’obéir sans être obligé ?
Judith « Bah oui ! »

Pourquoi est-ce qu’il faut toujours obéir ?
Gabriel : « Des fois ! Par exemple t’es obligé d’obéir si t’as, s’il dit « pendant 2 ans tu vas être en prison, là t’es obligé d’obéir. Mais t’es pas obligé d’obéir si c’est une loi qui est pas très grave, si c’est une petite loi, une loi qui est pas importante. C’est mieux d’obéir mais c’est pas grave. »

– C’est quoi la différence entre une petite loi et une grande loi ?
Gabriel : « Une grande loi c’est les gestes barrières, qui empêchent qu’on meure ! Donc là c’est grand ! »

– Une grande loi, c’est une loi qui a des grandes conséquences ?
Ulysse : « Moi je dis que toutes les lois il faut les respecter, même si elles sont petites, même si elles sont pas très graves. »

Yassine : « Je suis pas d’accord. Il faut toutes les respecter, sauf si elles sont injustes. Mais la majorité est juste. Parce que les lois elles ont été votées et décidées. Une loi, c’est d’abord l’idée, puis on va voir si tout va, et après voter pour voir si tout le monde est d’accord. Donc je crois pas qu’une loi injuste passe ! »

  • Quand est-ce qu’il faudrait désobéir ?

Gabriel : « Bah euh ça rejoint ce que j’ai dit tout à l’heure : en fait, ça marche… Faut désobéir quand par exemple, avec une loi qui est pas bien, qui fait du mal, ou si c’est une loi qui sert à rien, et qu’elle est dure à faire. »

– Ça existe une loi qui sert à rien ?
Gabriel : « Non, ce serait une loi où personne n’obéirait. Mais…ce serait plus vraiment une loi si elle n’est pas respectée. En fait il y a beaucoup de règles mais on s’en aperçoit pas vraiment. Parce qu’on les fait pas toutes en même temps. On obéit quand les règles servent à nous protéger. »
Rayan : « Pour moi il faut juger au niveau de la situation et peser le pour et le contre pour voir si la loi est morale ou pas morale. » 
Ulysse : « Si on respecte pas toutes les règles, si on tue une personne, c’est grave. Ça va si tu traverses sur le passage piéton alors que c’est rouge, s’il y a aucune voiture. » 
Rayan : « On évalue au niveau du futur proche.»
Yassine : « Je suis d’accord avec Rayan, il faut voir si c’est vraiment important de le faire, et il faut réfléchir aux conséquences. S’il y a aucune conséquence grave, on peut ne pas respecter la loi. Rarement mais ouais ».

 

Nous avons fini l’atelier sur la proposition suivante :

ACTIVITE : Demain vous avez le pouvoir de vous faire obéir par tout le monde. Quel ordre voulez-vous donner ? Quelle loi choisiriez-vous pour tous les humains sur terre ?
Judith : « C’est bien que parfois il y ait des personnes qui regardent un film, je demanderai aux familles de faire des activités ensemble. »
Gabriel : « En fait j’ai un copain qui a un train en lego télécommandé et j’aimerais qu’il me le prête. Et je demanderai que chacun ait une bulle d’air pour se déplacer. « 
Yassine : « Moi c’est une demande plus grande. Mille scotch, des legos, mille fils, pour faire des constructions. » 
Rayan : « Pour moi, l’ordre c’est que tout le monde soit libre. Que chacun fasse ce qu’il veut si c’est pas trop dangereux pour lui et les autres. J’ai choisi parce que c’est un ordre qui est simple à comprendre. »
Ulysse : « Moi je dirai : Que l’on fabrique des foyers dans le monde entier pour les pauvres et qu’on arrête d’utiliser le nucléaire. Je les ai choisis parce que quand je vois des pauvres ça me fait pitié, j’avais essayé de monter une association pour les pauvres, mais là avec le confinement, ça s’est écroulé. »

BRAVO les philosophes et à la semaine prochaine !

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Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 16 mai à distance : Le Divertissement !

Le samedi 16 mai, les P’tits Philosophes se sont à nouveau retrouvés pour réfléchir et discuter sur un thème dont ils ont fait l’expérience durant le confinement : le DIVERTISSEMENT. Pour faire passer le temps durant ces deux mois à rester chez soi, il a bien fallu se divertir ! Allons donc voir ce qu’ils en pensent…

 

Que signifie « se divertir » ?

Les p’tits philosophes ont commencé par définir ce concept qu’ils ne connaissaient pas encore tous, bien qu’ils en fassent chaque jour l’expérience…

Eléa : « Quand on se divertit, on peut jouer, on peut lire, ce sont toutes les choses qu’on fait qui nous amuse. »

Iliana : « C’est prendre du temps pour soi. »

Ils se sont ensuite demandés si les temps de sommeil et de repos pouvaient être du divertissement :

Pacôme : « Quand on dort, on se divertit, on occupe du temps. »

Eléa : « On se divertit quand on dort car on rêve. »

Iliana : « Faire des siestes, dormir, c’est plutôt un besoin de notre corps pour reposer notre cerveau. Quand on se divertit, on fait des choses par plaisir, par envie. »

 

Ils en sont alors venus à définir le divertissement par le plaisir qu’il pouvait procurer par distinction du besoin ou de l’obligation : se divertir c’est occuper son temps par des activités qui nous font plaisir.

 

De quoi a-t-on besoin pour se divertir ?

Pour répondre à cette question, les p’tits philosophes ont énuméré toutes les activités qu’ils font pour se divertir, certaines en lien avec leur expérience du confinement…

Tessa B : « On a besoin de jouer, de construire des choses, de faire de la peinture, de faire des activités créatives. »

Eléa : « On a d’abord besoin de nous-même. On joue aux billes, avec ses mains… il y a plein de sortes de jeux. Et on a besoin de notre cerveau ! »

Tessa B. : « On peut jouer avec notre sœur ! »

Eléa : « Tu peux écrire dans ton journal intime, faire de la cuisine. »

Tessa B. : « J’ai fait de la peinture durant le confinement et pleins de gâteaux ! »

Pacôme : « On va sur notre balcon. »

Colin : « Moi je fais des petits films. »

Iliana : « Ecouter de la musique. »

Elea : « On peut sortir dehors, jouer au balcon. »

Tessa B. : « Dans le jardin, on a fait pleins de jeux, on peut passer du temps en famille. »

Pacôme : « Avant le confinement, on pouvait faire du sport, de la musique. »

La discussion a ensuite amené les p’tits philosophes à se poser la question suivante : travailler, est-ce se divertir ?

Tessa B. : « Faire ses devoirs, c’est pas se divertir, c’est obligatoire. »

Eléa : « L’école ça peut être un plaisir mais c’est une obligation. Il y en a qui vont à l’école mais qui n’aiment pas ça. »

Tessa B. : « Si on aime son travail, on le fait avec plaisir. »

 

Pourquoi a-t-on besoin de nous divertir ?

Eléa : « On a besoin de se divertir car sinon la vie serait trop dure. Si on ne fait que des choses qu’on n’aime pas, on craque. »

Iliana : « Pour ne pas s’ennuyer, pour faire des choses qu’on aime ».

Pour les aider, nous leur avons demandé d’imaginer un monde sans divertissement, un monde dans lequel on ne peut pas se divertir :

Pacome : « Sinon la vie serait trop ennuyeuse »

Elea : « Les gens feraient tout le temps une tête d’enterrement. »

Tessa : « Imaginer un monde où on ne peut pas se divertir ? On s’ennuierait ! »

Eléa : « Le divertissement, c’est quelque chose qui nous fait plaisir, qui n’est pas obligatoire, qui occupe notre temps. On n’a pas besoin de beaucoup de choses pour se divertir. »

L’atelier s’est terminé par une petite expérience de pensée à partir de la théorie de Blaise Pascal sur le divertissement. On illustre souvent sa pensée du divertissement par cette célèbre phrase : « Tout le malheur des hommes vient de ne pas savoir demeurer en repos, dans une chambre. » Nous nous sommes alors demandés ce qui faisait qu’il était si difficile pour l’être humain de de rester en repos dans une chambre. Pourquoi nous ne pouvons pas vivre sans divertissement ? Selon Pascal, nous nous divertissons et faisons toutes sortes d’activités pour nous occuper l’esprit et nous détourner ainsi de nos contrariétés et angoisses de l’existence.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Etes-vous d’accord avec la pensée de Pascal ?

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Le rendez-vous des P’tits Philosophes du Samedi 9 Mai

Ce matin, nous retrouvons dans nos carrés de lumière, les jolis visages de Judith, Yassine, Gabriel, Ulysse, Simon, Céleste et Rayan. C’est parti pour une discussion sur le thème de la LIBERTE.

Dans ce contexte particulier de la pandémie, on commence par poser la question suivante aux enfants :

  • Est-ce que nous avons perdu des libertés ces derniers mois et si oui, lesquelles ?

Les enfants listent une série de libertés perdues qui ont réduit : notre espace, notre temps, nos déplacements, l’utilisation de nos sens, nos apprentissages, nos relations :

« On ne peut pas aller où l’on veut puisqu’on est limité à un kilomètre. »  Simon

« On ne peut sortir qu’une heure. » Ulysse

« On a perdu la liberté du toucher, on a perdu un de nos 5 sens. Avant, on ne s’en rendait pas compte. C’était normal cette liberté. » Rayan

« On ne peut plus jouer car on n’a pas le droit de toucher les jouer. » Céleste « On ne peut pas jouer à plusieurs » Simon

« On ne peut pas voir les gens qu’on veut » Simon. Il n’y a plus la liberté « d’amitié » Ulysse

« Je ne peux plus aller à l’école » Gabriel On n’a plus la liberté d’apprendre « en communauté » Ulysse

  • Une activité est proposée : les cercles de libertés pendant le confinement

  Capture libertés Rdv des ptits philosophes du 16 mai groupe Leonie

« On avait la liberté de s’amuser mais sans s’en rendre compte ». Yassine

« On apprend à vivre dans des conditions difficiles ». Gabriel

À la suite d’une remarque de Rayan sur l’instabilité de certaines libertés, la question suivante est posée :

  • Est-ce que toutes les libertés sont fragiles ?

On s’est demandé si la fragilité des libertés dépendait de notre âge, de notre santé, des situations.

Nous avons constaté que certaines libertés augmentent avec l’âge et la compétence comme la liberté d’expression qui dépend aussi d’une capacité à s’exprimer.

Gabriel a conclu que les libertés qui faisaient partie du cercle « libertés immuables » étaient très solides et que l’on ne pouvait pas nous les enlever.

Bravo à vous les philosophes du samedi ! Et à la semaine prochaine !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 9 mai

Samedi 9 mai, un groupe de huit petits philosophes ; Eléa, la grande Tessa, la petite Tessa, Colin, Pacôme, Éloïse, Chloé et Marilou, s’est retrouvé à distance pour philosopher autour de la question qu’ils avaient formulée et choisie la semaine précédente : Peut-on être libre et confiné en même temps ? Une discussion à travers laquelle ils ont tenté de d’éclairer notre contexte complexe à la lumière de la philosophie : un défi qu’ils ont relevé avec brio !

Ils ont commencé par définir le concept du jour : la Liberté :« Être libre c’est pouvoir faire ce qu’on veut sans faire de dégât. » Chloé

« Être libre c’est faire ce qu’on veut sans qu’on nous dise non. » Pacôme

« La liberté, c’est faire ce qu’on veut sans enfreindre les lois qui ont été votées. Il y a plusieurs libertés : la liberté de penser, la liberté de presse par exemple. » Eléa

Ensuite, ils ont cherché à définir la liberté en trouvant son contraire :

« Être enfermé, être enfermé chez soi par exemple » affirmait Marilou

« Ne pas avoir le droit de faire les choses, c’est le contraire de la liberté. Donc être libre c’est aussi avoir le droit » ajoutait Cholé

C’est alors que la grande Tessa a proposé une idée « Être confiné, c’est contraire à la liberté »

Nous avons alors basculé sur notre question du jour : le confinement nous empêche-t-il d’être libre ? Peut-on être confiné et libre en même temps ?

Colin a proposé une première idée : « On est libre de faire des choses qu’on ne pouvait pas faire avant. »

Pacôme a ajouté : « On a encore beaucoup de libertés : danser, rêver, penser mais pas toutes. »

Eléa a nuancé : « On a encore des libertés mais il y a des libertés dont on a été privé. »

Chloé a alors synthétisé : « On peut être libre et confiné en même temps parce qu’il y a des libertés qu’on ne peut pas nous enlever : penser et parler par exemple. On est donc libre mais moins qu’avant. »

La petite Tessa a précisé : « Confiné, c’est rester chez soi mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas sortir du tout. »

Marilou a complété : « On est un peu libre, on peut faire des balades par exemple mais pas tout le temps. »

Éloïse a amené une autre idée : « On n’a pas tous la même liberté, ça dépend des fois aussi de la liberté des gens. »

Les petits philosophes ont alors essayé d’énumérer les différentes formes de libertés qui existaient :

Libertés

Après cette récolte le groupe avait comme mission de classer les différentes libertés en deux catégories ; les libertés qu’on pouvait perdre en étant confinés et les libertés que ne pouvait pas nous enleverle confinement, ils ont ajouté un troisième groupe, les libertés renforcéespar le confinement

TableauLibertés

Chloé a alors conclu : « A cause du confinement, il y a des libertés qu’on a perdues, mais aussi des libertés qu’on a gardées, et mêmes des libertés qu’on a renforcées. On avait des libertés qu’on aimait plus ou moins, des libertés qu’on n’aimait pas forcément avant et là, elles vont être renforcées par le confinement : la liberté d’apprendre par exemple et la liberté de sortir voir d’autres personnes aussi. »

Merci beaucoup les P’tits Philosophes pour cet atelier et rendez-vous samedi prochain pour continuer à philosopher à distance !

Compte-rendu du Rendez-vous des P’tits Philosophes à distance du 2 mai !

Le samedi 2 mai à 11h, un autre groupe de P’tits Philosophes a participé à un atelier philo à distance ! Parmi eux : Clara, Mattia, Colin, Pacôme, Nils, Tessa B., Eléa et Tessa G. !

Chaque enfant a commencé par donner de ses nouvelles et à relater sa propre expérience du confinement. Puis, nous avons recueilli les questions que chacun se posait par rapport à cette expérience :

  • Pourquoi y’a-t-il le Coronavirus ?
  • D’où est parti le Coronavirus ?
  • Pourquoi le Coronavirus est aussi long ?
  • Pourquoi le Covid-19 est-il si dangereux ?
  • Comment le Covid-19 fait-il pour faire mourir les gens ?
  • Pourquoi le virus se transmet-il si facilement ?
  • Est-ce que le 11 mai sera sans danger ?
  • A partir de quand le Covid-19 est-il dangereux ?
  • Qui a fabriqué le Coronavirus ?

Nous avons ensuite rappelé ce qu’était une question philosophique. Pour les aider à en formuler, nous avons fait un petit jeu : « Voyage autour de la planète Concept ». Les enfants nous ont proposé tous les concepts philo qu’ils avaient en tête en rapport avec leur expérience du confinement. Voici la récolte de leurs concepts en dessin :

PlaneteConceptConfinement

A partir de ces concepts, les enfants ont formulé les questions philosophiques suivantes :

  • Pourquoi on ne peut pas voir les gens qu’on aime ?
  • C’est quoi être confiné ?
  • Qu’est-ce qui fait qu’on se sent en danger ?
  • Quelle est notre liberté ?
  • Peut-on être confiné et libre ?
  • Pourquoi on s’ennuie ?
  • Pourquoi on ressent de la solitude ?
  • Pourquoi nous interdit-on de sortir ?
  • Qui décide de nous donner des interdictions ?
  • De quoi a-t-on besoin pour s’amuser/se divertir ?
  • Pourquoi a-t-on besoin de jouer/Pourquoi a-t-on besoin de se divertir ?
  • Pourquoi on n’a pas la même impression du temps qui passe pendant le confinement ?

Nous avons fini l’atelier par un vote pour déterminer quelle sera la question à aborder pour la prochaine séance. La question qui a reçu le plus de voix est : « Peut-on être confiné et libre ? » La liberté… cette notion qui nous interroge bien évidemment toutes et tous durant ces derniers mois !

Atelier philo à distance : compte-rendu du 25 avril 2020 !

Le samedi 25 avril à 11H, nous avons eu le plaisir de retrouver nos p’tits philosophes, à distance, grâce à un atelier en ligne ! 

8 enfants, 2 adultes, et une belle discussion ! Yassine, Céleste, Simon, Rayan, Léon, Ulysse, Lina et Gabriel, micros allumés !

Nous avons commencé par prendre des nouvelles, raconter l’expérience de chacun, ces derniers temps. Déjà, beaucoup de choses sont apparues dans les paroles des enfants : leur rapport au temps, à l’invention et d’autres encore.

  1. Récolte de questions libres

Ensuite, nous avons proposé aux enfants de récolter toutes les questions qu’ils s’étaient posées, depuis le début de la crise sanitaire du Covid19, et du confinement. Des questions précises et fulgurantes :

  • Est-ce que c’est pire que la 1ère ou la 2ème guerre mondiale ?
  • Est-ce qu’on va vraiment reprendre l’école le 11 mai ?
  • Comment l’épidémie a réussi à faire le tour du monde ?
  • Pourquoi on ouvre les écoles et pas les parcs ?
  • Est-ce que la grippe est plus dangereuse que le coronavirus ?
  • Pourquoi le président nous dit de ne pas mettre de masque ?
  • Le principe du déconfinement, c’est un boucle : être déconfiné pour être reconfiné pour être déconfiné ?
  • Pourquoi il y a pas assez de lits dans les hôpitaux ?

 

2. Recherche de questions philosophiques. 

Ensuite, nous sommes allés vers la philosophie. Nous avons demandé aux enfants de chercher des questions philosophiques qu’ils se sont posées durant le confinement, mais qui sont aussi des grandes questions que tous les humains peuvent se poser. Une magnifique et touchante récolte :

  • Est-ce qu’un jour on pourra être prisonnier ?
  • C’est quoi la liberté ?
  • Pourquoi les aiguilles tournent de gauche à droite ?
  • Qui a décidé la durée d’une seconde ?
  • Est-ce qu’un jour, le bonheur n’existera plus ?
  • Est-ce que l’Homme a déjà eu des périodes de confinement ?
  • Est-ce que le confinement c’est une sorte de prison libre ?
  • Est-ce que le travail est difficile ?

Nous avons ensuite voté pour choisir une question qui fera l’objet d’un échange. La question choisie est « Est-ce qu’un jour, le bonheur n’existera plus ?

3. Discussion philosophique : « Est-ce qu’un jour, le bonheur n’existera plus ?

Cette question, saisissante, a donné lieu à un échange fructueux, où nous avons notamment parlé du rapport entre l’intérieur et l’extérieur : si, à l’extérieur, le bonheur est empêché, est-ce que, à l’intérieur, en nous, le bonheur est aussi empêché ? Les enfants se sont demandés si ce qui se passait à l’extérieur contrôlait notre bonheur intérieur : et si, oui, notre bonheur dépend des gens qui contrôlent l’extérieur. Au fond, nous sommes arrivés à une question ancestral : Le bonheur dépend-il de nous ? Comment faire si à l’extérieur, c’est le malheur : est-ce que cela empêche le bonheur intérieur de chacun ?

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 7 mars : Pourquoi veut-on être connu ?

Ce dernier samedi matin, les P’tits Philosophes se sont intéressé à un phénomène particulier et pleinement d’actualité : être connu.

Comme souvent, ils ont commencé par se demander ce que signifiait « être connu » :

« Être connu c’est quand tout le monde te connaît, ou presque, on te copie, on s’inspire de toi » Pauline

« Il y a deux types d’“être connu“, il y a être populaire et quand certaines personnes te connaissent. » Yassine

« Être connu c’est que tu es populaire, on sait qui tu es, mais on ne t’aime pas forcément. Le deuxième sens d’être connu c’est quand des personnes te connaissent très bien, tu es connu de tes amis par exemple. » Anna

« Quand on est populaire, on est connu pour notre célébrité, ce qu’on fait, mais on ne connait pas notre caractère, notre façon de faire, notre vie. » Maïa

 

Les p’tits philosophes en sont alors venus à distinguer deux façons de connaître quelqu’un. D’une part, la connaissance de quelqu’un de célèbre, une connaissance limitée à ce que fait la personne, ce pourquoi elle est célèbre. Dans ce cas, « les autres ne savent pas qui on est en réalité » affirmait Tim. D’autre part, la connaissance de quelqu’un, qui est celle que l’on retrouve dans l’amitié, une connaissance de la personne elle-même, et pas seulement de ce qu’elle fait. Maïa, Anna et Colin se sont accordés pour dire qu’elle avait plus de valeur pour eux que la célébrité.

 

Les apprentis philosophes ont alors recherché les différentes raisons pour lesquelles on pouvait être connu : inventer de grandes choses pour le monde, avoir fait de bonnes actions, ou de mauvaises, avoir relevé un exploit, avoir un talent (la voix, le jeu d’acteur de quelqu’un), ou même désormais par l’utilisation de réseaux sociaux.

 

Ils se sont alors demandé pour quelles raisons on pouvait vouloir être connu.

« On peut vouloir être connu pour le plaisir, pour faire parler ses idées ou pour avoir des avantages. » Pauline

« On peut vouloir être connu par rapport à un manque d’attention ou parce qu’un veut attirer l’attention sur nous » Maïa

« On peut vouloir être connu pour montrer nos talents ou défendre les droits de certaines personnes » Héloïse

« Pour avoir de l’argent, pour le plaisir ou par l’obligation de soi-même » Mia

 

Ils ont alors interrogé le présupposé de la question et se sont demandé si on voulait tous être connu. Ils ont alors affirmé qu’on pouvait être connu sans le vouloir et aussi sans le savoir, parce qu’on pouvait « ne pas vouloir être connu et faire quelque chose qui nous rende connu quand même » affirmait Pacôme, ou bien on pouvait agir et être vu par d’autres qui vont nous rendre connu sans qu’on le sache, expliquait Pauline.

En indiquant toutes les conséquences que pouvait avoir le fait d’être connu ; le manque de vie privée, la limitation de nos libertés, l’addiction au fait d’être connu, les p’tits philosophes ont affirmé qu’on avait surtout de nombreuses raisons de ne pas vouloir être connu.

Enfin, ils ont fini par une petite activité au cours de laquelle chacun d’eux disposait d’une étoile du « Walk of Fame », le célèbre trottoir hollywoodien, et pouvait la transformer au gré de son imagination, en réfléchissant à la raison pour laquelle il aimerait être connu.

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Merci les P’tits Philosophes de nous avoir permis de connaître vos idées !

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