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Maison de la Philo φ Romainville

Au fil des idées : la vie de la pensée, dans une ville philosophe !

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Philo pour enfants

La Fête de la Philo : retour sur notre kermesse philosophique !

Durant la Fête de la Philo qui s’est déroulée du mercredi 11 mai au mercredi 18 mai 2022, la Maison de la Philo a animé une kermesse philosophique pour les enfants !

Trois épreuves leur étaient proposées :

1 . La Pêche aux canards philosophes :

Chaque canard avait attaché à son cou, une étiquette sur laquelle figurait une question sur le thème de l’animal. Pour chaque canard philosophe péché, les enfants devaient répondre à la question que ces derniers leur posaient !

2. Chamboule tes Préjugés ! Halte aux idées reçues !

Des idées reçues étaient empilées en pyramide. Les enfants devaient choisir celle avec laquelle ils n’étaient pas d’accord et qu’ils voulaient donc faire tomber. Pour l’idée reçue choisie, ils devaient démontrer à l’aide d’arguments, en quoi elle n’était pas valable dans toutes les situations données. Une fois l’argument validé et suffisamment développé, ils prenaient une balle pour la viser, tirer et la faire tomber !

Cette épreuve s’est inspirée d’une fiche d’animation du Pôle Philo « Le Chamboule-tout philo »: https://www.calbw.be/sites/default/files/le_chamboule-tout_philo.pdf

3. La Marelle Philo :

Les participants devaient d’abord lancer un dé qui indiquait le nombre de cases pour se déplacer. Au choix, trois thèmes leur étaient proposés, entre : la nature, le bonheur et la liberté.

En fonction de leur case et du thème choisi, les enfants devaient répondre à la question correspondante . Une fois leur réponse donnée, ils pouvaient à nouveau lancer le dé et avancer !

Une fois ces trois épreuves passées, les enfants ont eu droit à une petite récompense sucrée… !

Bravo aux jeunes philosophes romainvillois !

La Fête de la Philo : du 11 au 18 mai !

Bonjour à toutes et à tous,
 
La Fête de la Philo est de retour cette année et nous en sommes ravies de vous proposer une multitudes d’activités philo tout au long de la semaine du 11 au 18 mai !
 
Et il y en a pour tous les âges et tous les publics !
 
Attention : certaines activités sont ouvertes sur inscription (maisondelaphilo@ville-romainville.fr ; 01 71 86 60 20) :

– Le Club des Jeunes Penseurs, vendredi 13 mai à 17h45
– Le Théâtre Philo Bonhomme, samedi 14 mai à 18h (attention, il faut également prendre votre place auprès du Pavillon pour aller au spectacle)
– Le Ciné-Philo en famille, dimanche 15 mai à 14h30 : s’inscrire auprès du Trianon : jeunepublic.trianon@est-ensemble.fr ; 01 83 74 56 00.
– L’Eveil Philo 4-6 ans, mercredi 18 mai à 15h30
 
Pour le reste, c’est entrée libre !

Le programme complet ci-dessous !

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 22 janvier : Le mythe du bateau de Thésée !

Le samedi 22 janvier au matin, les petits philosophes se sont retrouvés à la Maison de la Philo pour réfléchir autour du mythe du bateau de Thésée.

Voici un résumé du mythe :
Thésée fut la vedette de plusieurs aventures spectaculaires, mais cette expérience de pensée ne se réfère qu’indirectement à un de ses exploits : son affrontement contre le minotaure (un monstre composite issu d’amours contre nature de Pasiphaé et d’un taureau — ce monstre fut enfermé dans un labyrinthe construit par Dédale), qu’il a vaincu.
Une fois revenu à Athènes, les citoyens conservèrent le bateau de Thésée pour lui rendre hommage. Ils y apportèrent une telle attention que le bateau garda son allure des débuts, et ce pendant plusieurs siècles : les Athéniens remplaçaient ses parties défectueuses par d’autres, au fur et à mesure que les problèmes apparaissaient. Les Athéniens firent cela jusqu’à obtenir un bateau entièrement fait de pièces neuves.

La question était la suivante : Ce bateau constitué de nouvelles planches, est-ce encore le bateau de Thésée ? Pour répondre à la question, les enfants devaient fournir des arguments censés défendre leur position. Résumons-les dans un tableau ci-dessous :

C’est encore le bateau de ThéséeCe n’est plus le bateau de Thésée
« Même si toutes les planches ont changé, ça reste la forme qu’il a voulu. Il a les mêmes caractéristiques. »
« C’est pas parce qu’on le change que ce n’est plus le sien. »
« Ce n’est pas parce que ce n’est pas lui qui change les planches que ça ne reste à lui. Même si on change les planches, ça reste en sa possession. »
« Les habitants l’ont juste changé pour qu’il reste en bon état. C’est le même, ils ont juste changé les planches. »
« Les habitants ont entièrement reconstruits le bateau donc ce n’est plus le même. »
« Les planches sont magiques et si on les change, elles ne sont plus magiques. »
« Ce n’est pas le même bateau qui a fait tous ces voyages. Par exemple, j’ai perdu mon sac à dos, je ne voulais pas qu’on en rachète un car ce ne serait plus ce même sac. »

Trois problèmes s’offraient donc aux enfants durant la discussion :

  • par rapport à notre propre changement : est-ce qu’on peut être le/la même alors qu’on change ?
  • par rapport à la mémoire des objets  
  • par rapport à la différence entre la forme des choses et la matière de ces choses : est-ce la forme ou la matière qui constituent les choses ou les êtres ?

Cette expérience du bateau de Thésée propose un prolongement. Imaginons qu’on reconstruise un nouveau bateau avec les anciennes planches qu’on avait remplacées. Lequel est le bateau de Thésée : celui qu’on a remplacé avec des nouvelles planches ou celui qu’on a reconstitué avec les anciennes ?

Le bateau remplacé par les nouvelles planchesLe bateau reconstitué avec les anciennes planches
« Celui avec les anciennes planches, c’est celui qui a voyagé. Mais comme il est très vieux, s’il veut voyager à nouveau, il va prendre le nouveau. »
« Il – Thésée- prendrait le nouveau pour conserver l’ancien, comme ça s’il fait de nouvelles aventures, ses anciennes planches seront toujours là. »
« Le nouveau sera successeur des aventures. »
« C’est celui-là qui a voyagé, ce sont ces planches qui ont voyagé. »

« C’est le bateau du passé mais on ne l’oublie pas. »

Les P’tits Philosophes se sont demandés en lien avec le bateau de Thésée, si le passé n’existe plus ou s’il peut encore vivre au présent…

« – Le bateau du passé n’est pas vraiment du passé car ses aventures, il peut se les rappeler, les revivre. »

« – Je ne dirai pas que le bateau appartient au passé car il est encore. »

« – Ta vie d’avant, elle est passée, mais si tu y penses toujours, elle est encore en toi. »

« – Le passé, ça ne veut pas forcément dire que ça n’existe plus. Le passé qu’on a dans notre tête, on l’a dans le présent. »

« C’est du passé mais ça reste, même si c’est du passé. »

La matière semblait compter beaucoup pour définir le bateau de Thésée. Proposons un ultime prolongement du mythe : on change la forme du bateau avec les anciennes planches vs. on garde la forme de l’autre bateau qui a des planches neuves. Qu’est-ce qui compte le plus ? La matière ou la forme ? Lequel est le bateau de Thésée ?

Celui qui est fait avec la matière de l’ancien bateau mais avec une forme différenteCelui qui a la forme mais pas la matière
« Même s’il a changé la forme, ce sont les anciennes planches qui ont voyagé. Donc c’est la matière. Ce sont ces planches qui ont fait toutes ces aventures. »
« S’il avait pris celui avec les nouvelles planches, il n’arriverait pas à les reconnaître. »

« Même si ce ne sont pas les mêmes planches, Thésée pourra revivre des aventures avec ce bateau. »
« Même s’il a la même forme, ce n’est pas le vrai qui a voyagé. »

Il est donc compliqué de définir quelque chose s’il lui manque sa forme ou sa matière. Les enfants ont donc pris connaissance d’Aristote qui s’était notamment confronté à ce problème. Selon le philosophe, un objet se définit par sa matière et par sa forme, comme c’est le cas pour le bateau de Thésée. Mais, Aristote nous dit aussi que ces deux éléments seuls ne suffisent pas. Il faut aussi le but (la finalité, à quoi ça sert) et le moteur (un agent qui agit, dans le cas du bateau, ce sont les habitants). On pourrait donc faire la même chose pour définir l’être humain… Comment savoir quelle est sa forme ? Sa matière ? Son but ? Son moteur ? Allons voir ce qu’en pensent nos P’tits Philosophes :

  • le moteur : « c’est en fonction de ce qu’on agit, ce qu’on se fixe comme objectifs »
  • la forme : « tout n’a pas la forme d’un être humain »
  • la matière : « peau, chaire, os, sang, muscle »
  • le but : « mourir le plus tard possible. » ; « J’ai entendu une interview à la radio. L’acteur, son but dans sa vie, c’était d’être acteur, il a tout fait pour l’être. Parfois, le but de notre vie, c’est le métier, mais parfois, c’est autre chose. » ; « Tout le monde a un but différent. » ; « Notre but serait de vivre en paix. » Pour Aristote, le but commun à tous les êtres humains est le bonheur !

Comme activité de fin, nous avons distribué à chaque petit philosophe une feuille sur laquelle figurait un visage morcelé en pièces de puzzle. Dans chaque pièce, ils devaient y inscrire un élément de leur identité, en utilisant s’ils le souhaitaient, les quatre éléments constitutifs de chaque être selon Aristote (matière, forme, moteur, but). 

En tout cas, nous avons la preuve chaque semaine que chaque enfant est fait de belles idées philosophiques ! Bravo aux P’tits Philosophes !

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 2 octobre !

Le premier atelier du Rendez-vous des P’tits Philosophes a démarré ce samedi 2 octobre à 11h ! Voici les paroles d’enfants récoltées à l’issu de cet atelier. Bonne lecture ! 


Des photos et dessins de portes étaient disposés aux pieds des participants. Mais pourquoi étaient-elles là ?

Les p’tits philosophes ont formulé des hypothèses autour de ces portes qui les intriguaient tant ! 

Marius : Ce sont des portes dont certaines ont été imaginées par les enfants.

Jade : Ce sont des portes mais elles sont toutes différentes.

Sarah : Ce sont des portes extraordinaires.

Solel : Beaucoup viennent de l’imagination !

Simon: Derrière chaque porte, il y a une façon de penser.

Lina: ça ouvre des passages ou à des endroits différents.

Elouan : Chaque porte a une particularité.

Puis leur a été donnée la consigne suivante : Choisissez une porte qui inspire le plus et qui vous permet d’imaginer des choses derrière. Selon vous, qu’est-ce qui se passe derrière la porte ? 

Elouan : J’ai imaginé qu’il y a une grande bibliothèque avec une plante pour monter voir les livres.

Marius : J’ai eu l’idée de dessiner. Il y a deux enfants qui ont le pouvoir des rêveurs. Tout ce qu’ils imaginent, ça apparaît. Ils peuvent tout faire apparaître dans leur rêve.

Léonore : J’ai imaginé une porte d’immeuble. Derrière, il y a des escaliers. C’est assez ancien.

Céleste : J’ai imaginé que derrière cette porte, il y avait un grand jardin avec pleins de lianes.

Solel : Un jour, j’étais à un endroit où j’ai vu pleins de choses. Il y a avait une porte un peu comme ça.

Jade : Derrière ma porte, j’ai imaginé une espèce de forêt. Le château est inaccessible car dans la forêt, il y a des loups. C’est une porte au milieu de nulle part dans un désert.

Sarah : J’ai imaginé une maison normale. Ce ne sont pas des hommes qui l’habitaient mais des chats !

Lina : J’ai choisi cette porte car c’est la nature qui l’a faite. J’ai dessiné la famille des écureuils avec une petite vie normale comme des humains !

Cette petite expérience dans l’imaginaire de chaque enfant a permis de leur poser la question suivante : « Est-ce que vous avez imaginé la même chose derrière ces portes ? »

Jade : On n’a pas imaginé la même chose car les portes étaient différentes. On n’a pas non plus les mêmes idées.

Marius : On n’a pas la même imagination. On ne crée pas dans notre imagination les mêmes choses.

Solel : On a tous des goûts différents. Par exemple, quelqu’un qui aime les pokémons, l’autre les voitures.

Simon : Je ne suis pas d’accord avec Jade. La porte ne fait rien dans l’histoire. On est tous différents donc on imagine tous différemment. Même sans la porte, on aurait imaginé la même chose qu’on a imaginé. La porte confirme juste ce qu’on a imaginé.

Céleste : On n’a pas tous fait la même chose car on n’a pas tous la même pensée.

Elouan : Chacun a une personnalité différente donc chacun aura sa propre imagination.

En conclusion de leur échange, on a demandé aux p’tits philosophes si nous avons tous les mêmes pensées. Voici quelques unes de leurs réponses !

Elouan : On n’a pas tous les mêmes pensées, chacun a son imaginaire, son monde. Du coup, chaque monde est différent, chacun a son monde à soi.

Sarah : On n’a pas tous le même cerveau !

Céleste : On a chacun une histoire différente à dire. Il faut plusieurs pensées pour imaginer d’autres choses.

Lina : A chaque fois qu’on fait quelque chose, on pense à cette même chose.

Jade : On ne peut pas avoir les mêmes pensées car à chaque seconde, on pense des choses différentes.

Marius : On n’a pas tous le même cœur, le même esprit, la même imagination.

Simon : Si on demande à chacun de créer un monde où il voudra aller plus tard, ce sera différent. Chaque personne a sa propre histoire.

La discussion s’est ensuite penchée sur la question suivante : « Que peut-on créer avec la pensée ? »

Sarah : On peut tout créer avec la pensée car c’est nous qui créons nos pensées.

Elouan : On peut penser des choses réelles qu’on peut réaliser, d’autres qu’on ne peut pas réaliser.

Céleste : On peut créer pleins de choses : des choses qu’on aime, des histoires… mais c’est à nous d’y penser, on doit l’inventer. Il y en a qu’on peut faire, d’autres qu’on ne peut pas faire, mais on peut l’inventer.

Simon : On peut tout penser mais on ne peut pas tout créer. On peut tout créer et rien : on peut créer des choses, d’autres non.

Jade : Avec la pensée, on peut tout créer. S’il y avait par exemple des gens qui n’avaient pas pensé de faire des portes aux maisons, alors on n’aurait jamais eu de porte à nos maisons.

Est-ce qu’on peut penser l’infini et le rien ?

Elouan : On peut penser à l’infini mais penser à rien, c’est impossible. Sinon, ça veut dire qu’on a enlevé le cerveau.

Céleste : Si on pense à un endroit tout vide, c’est pas rien car c’est un endroit !

Simon : On ne peut pas penser à l’infini, on ne peut pas se présenter autant de choses, on ne peut pas toutes se les imaginer. C’est impossible de voir l’infini en entier.

Enfin, la discussion s’est terminée sur la pensée liée au temps

Marius : Dans ma tête, j’ai une mini télé. Dès que je pense à quelque chose, je le vois. Je vois le passé, le présent et le futur.

Jade : On peut penser le futur mais seulement si c’est probable !

Merci les P’tits Philosophes pour ces chouettes pensées ! Rendez-vous au prochain atelier !

La rentrée des Eveils Philo 2021/2022 !

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Dès l’âge de 4 ans, les enfants se posent des questions immenses, intenses et signifiantes. La curiosité philosophique naît et il est important de l’accueillir. C’est pourquoi nous proposons cinq rendez-vous dédiés aux tout-petits, à la Maison de la Philo. L’objectif ? Leur proposer des activités d’éveil à la philosophie, grâce à des outils singuliers : images, histoires, jeux pédagogiques et ludiques… L’activité est ouverte aux familles et centres de loisirs maternels.

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  • 1 mercredi sur 3 à 15h30, pour les petits accompagnés d’un adulte
  • Une pédagogique adaptée aux tous petits
  • L’occasion d’être témoin d’un monde philosophique naissant !
  • Programme : 29 septembre / 20 octobre / 10 novembre / 1er décembre / 22 décembre / 12 janvier / 2 février / 23 février/ 16 mars / 6 avril / 27 avril / 18 mai / 8 juin

Pour inscrire votre enfant, veuillez nous écrire un mail à l’adresse suivante : maisondelaphilo@ville-romainville.fr .

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 19 juin : « Peut-on apprendre à penser ? »

Le samedi 19 juin a eu lieu le dernier atelier de l’année du Rendez-vous des P’tits Philosophes ! Les enfants on pu faire un bilan de l’année écoulée en réfléchissant au rôle que pouvait avoir la philosophie et à la question de savoir si la pensée pouvait tout compte fait s’apprendre.

Ardoises en mains, les enfants ont dans un premier temps écrit ou dessiné ce que symbolisait pour eux la philosophie. En voici l’illustration !

Ensuite leur a été posé la question suivante : « Pourquoi on fait de la philosophie ? » Voici l’univers des idées autour de la planète « Philosophie » !

Le mot « penser » est ressorti fréquemment des échanges. A l’origine, la philosophie pour enfants a été défendue par quelqu’un qui considérait que la philosophie pouvait permettre d’apprendre à penser. Les P’tits philosophes devaient réagir sur cette idée : « Peut-on apprendre à penser ? »

Judith : Penser ça peut s’apprendre mais le plus souvent, on n’apprend pas la pensée car on pense déjà. Mais pour des gens, la pensée ça s’apprend. Donc oui et non. La pensée on l’a depuis qu’on est tout petit, le plus souvent c’est comme ça chez les gens.

Paula : Je suis d’accord et pas d’accord avec Judith. On ne peut pas apprendre à penser parce que depuis qu’on est tout petit, on a déjà la pensée dans notre tête. Tous les gens ont la pensée naturellement, c’est impossible que quelqu’un ne puisse pas penser.

Colin : Moi je dirai oui et non. Non, parce que beaucoup de personnes ont déjà la pensée et l’apprendre pour moi, c’est la développer, c’est continuer à pouvoir trouver d’autres idées. En fait ça dépend du sens du mot « penser ». Si penser c’est juste penser dans sa tête ou alors penser à des questions, à des choses plus philosophiques, la pensée logique ou la pensée stratégique… ça dépend de quoi on parle dans la pensée.

Pacôme : Pour moi, la pensée ça peut s’apprendre. Pour moi, apprendre, c’est développer sa pensée. D’accord tu penses déjà quand tu es petit, mais tu développes ta pensée au fur et à mesure que tu grandis. Quand t’es petit, tu ne penses pas déjà comme Kant.

Yassine : Je suis d’accord avec Colin et Pacôme parce qu’on n’apprend pas à penser directement mais on apprend à développer sa pensée. On pense tous. Même quand on ne pense à rien, on pense à quelque chose. On pense à : rien. Mais on utilise notre pensée différemment. On apprend à l’utiliser de la meilleur des façons.

Gabriel : Au début, on n’est pas à l’école dans le ventre de notre mère. Mais dès qu’on sort, on peut penser. Au début, on peut penser à comment est l’extérieur. Mais quand on est petit, on ne sait pas ce que c’est la logique donc on ne peut pas penser logique : ça s’apprend en grandissant.

Céleste : Je suis d’accord avec Paula. La pensée, on l’a depuis qu’on est tout petit, mais on ne sait pas encore comment trop l’utiliser.

Simon : Je ne suis pas d’accord avec Céleste, ni Paula parce que la pensée on l’a depuis qu’on est petit. On l’utilise, on ne réfléchit pas à « est-ce que je l’utilise maintenant ou est-ce que je ne l’utilise pas ? ». Quand on va à l’école, on apprend des choses qui remplissent le cerveau et après le cerveau va utiliser ces choses pour apprendre à penser. Mais on ne va pas apprendre directement à penser mais c’est grâce aux choses qu’on apprend qu’on va apprendre à penser. On va apprendre à développer sa pensée tout seul, ce n’est pas quelque chose que quelqu’un nous enseigne.

Solel : Je suis d’accord avec Yassine pour dire que même quand on ne pense à rien, on pense à quelque chose : à rien. On pense tout le temps. Mais on peut, en grandissant, développer son cerveau et du coup apprendre de nouvelles choses et penser à ces nouvelles choses. Quand tu nais, tu penses mais tu ne connais pas tout donc tu ne peux pas penser à tout.

Simon : Pour moi, tout le monde sait penser. C’est pas parce qu’on sait penser, qu’on a appris à penser.

Il a été conclu de ces échanges qu’on sait tous penser naturellement mais qu’on ne sait pas tous d’emblée penser de manière philosophique, logique, mathématique, et que ça se développe. On apprendrait à utiliser notre pensée et à la développer.

Simon : Pour moi, la pensée elle se développe mais elle n’apprend pas à se développer. Elle se développe d’elle-même, ce n’est pas naturel, mais ce n’est pas appris directement non plus.

Gabriel : Il y a deux sortes de pensées : d’abord, la pensée quand on imagine des choses. Par exemple, je pense comment étaient les dinosaures alors que je ne vois que leurs squelettes. Et il y a des pensées qui se développent comme la pensée mathématique. Ces deux sortes de pensées, on les apprend différemment.

A la fin de l’atelier, la Maison de la Philo a offert aux P’tits Philosophes des boules à neige qu’ils ont personnalisées et remplies de belles idées philosophiques !

La Maison de la Philo remercie tous les P’tits Philosophes qui ont participé et enrichi les discussions tout au long de l’année. Nous leur souhaitons un bel été foisonnant d’expériences philosophiques !

A la rentrée !

La Maison de la Philo

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 29 mai : Bien Parler

Samedi 29 mai les P’tits Philosophes se sont retrouvés autour d’une nouvelle question : « qu’est-ce que bien parler ? ».

Pour commencer Julia leur a demandé de révéler le présupposé de la question. Colin a alors expliqué que cette question supposait l’existence de bonnes et mauvaises façons de parler.

Qu’est-ce que cela signifierait alors « bien parler » ?

Diane a proposé : ne pas dire de gros mots, dire merci, dire de rien, etc.

Tessa a complété : respecter les autres quand on parle.

Colin a complexifié : Bien parler ce serait s’exprimer correctement : devant tes amis tu ne t’exprimes pas de la même façon que devant des adultes par exemple.

Solel a proposé un contre-exemple : Dire « ouais qu’est-ce que t’as wesh » ce serait l’inverse de bien parler.

Paula, en accord avec Diane et Tessa a reformulé : Bien parler ce serait être poli, ne pas dire de gros mots, être respectueux.

Yassine a complété l’idée de Colin : Il y a plusieurs façons de bien parler mais bien parler n’a qu’un seul sens. Avoir un vocabulaire adapté selon la situation dans laquelle on est et la personne à qui on parle.

Julia leur a alors proposé une synthèse de leur conceptualisation et leur a demandé de trouver des exemples de phrases pour l’illustrer. Cette collecte d’exemples a amené d’autres remarques :

Tessa a proposé une nouvelle idée : Bien parler ce serait quand ton idée est soutenue, mais aussi quand elle est intéressante. Ce serait s’exprimer avec politesse mais aussi sortir ses idées de la tête. Il y aurait deux formes de bien parler : la politesse et les personnes qui parlent bien dans le sens, logique et intéressant, qui se font comprendre, comme les philosophes.

Julia a alors proposé d’examiner l’exemple de l’homme politique, réputé pour sa capacité à bien parler. Cette exploration a amené la question suivante : est-ce que notre façon de parler révèle qui on est ?

Diana a commencé : Non, la parole ne révèle pas notre façon d’être, ce n’est pas parce qu’on a plus de mots qu’on est plus intelligent. On peut avoir beaucoup de mots et les utiliser n’importe comment alors que quelqu’un peut avoir peu de mots mais être juste.

Paula a complété : Ce n’est parce qu’on a un vocabulaire riche qu’on est plus intelligent : ça veut dire qu’on est intelligent dans ce domaine mais pas forcément dans d’autres.

Colin a ajouté : Tu peux faire semblant de bien parler aussi.

Les P’tits Philosophes ont poursuivi l’atelier par la lecture de l’album La grande fabrique de mots qui les a amenés à penser le personnage du « beau parleur » qu’ils ont distingué du « bon parleur » par son rapport à la vérité.

Yassine a proposé une idée : Le beau parleur va chercher un moyen pour être intéressant sans chercher à respecter la vérité.

Colin : Le beau parleur veut obtenir quelque chose, il amadoue, il ne dit pas forcément la vérité. Il peut par exemple dire un compliment qu’il ne pense pas pour amadouer.

Les P’tits Philosophes ont fini l’atelier par une petite activité proposée par Philéas&Autobule intitulé « Cela vaut bien un fromage » que vous trouverez ci-dessous.

La consigne était la suivante : « vous êtes face à Quignon et Crouton, 2 rats beaux parleurs qui tentent d’obtenir le plus gros fromage. Ils essaient de se convaincre, ou de se persuader que c’est à eux que revient le fromage. Ils sont très malins car ils peuvent vous avoir avec leurs beaux discours mais heureusement, vous êtes des super philosophes à l’esprit critique bien aiguisé ! Vous allez donc repérer les arguments fallacieux qu’ils utilisent pour vous avoir dans la poche et vous manipuler ! »

Merci aux P’tits Philosophes de s’attacher chaque samedi matin à bien parler !

Rendez-vous des P’tits philosophes du 22 mai : le sens de la vie

Aujourd’hui, c’est un grand concept en 3 lettres autour duquel les enfants vont réfléchir :

LA VIE 

Marie anime et commence par présenter un nuage conceptuel…

La vie… à quoi ça vous fait penser ? Trouvez un seul mot ! 1, 2, 3, pensez !

Pacôme : la paix      Diane : l’amour        Paula : la famille      Bonnie : l’amitié

Yassine : être           Pacôme propose un autre mot : la nature

Baptiste : la tranquillité     

Yassine : ce qui me vient à l’esprit en parlant de la vie, c’est la mort

Yassine : la chance aussi. Parce qu’être en vie, vu les probabilités, c’est une chance.

Marie : Est-ce que vous voulez réagir à ces mots ? Ce serait bien que vous les commentiez.

Paula : L’amitié et la famille, c’est important dans la vie. Mais pourquoi le verbe être ?

Yassine : la vie, c’est quand on est.

Diane : c’est un bon exemple. Quand on est quelqu’un on doit vivre. C’est important d’être ce qu’on a envie d’être. C’est important. C’est vraiment être soi.

Baptiste : Dans la vie, il faut être tranquille.

Pacôme complète l’idée de Baptiste : Si on vit en n’étant pas tranquille, à quoi bon vivre ? On ne peut pas être tranquille tout le temps mais c’est mieux d’être tranquille.

Diane également : Quand on est tranquille dans notre vie, on est tranquille dans notre corps. Quand on n’est pas tranquille, on est pressé, on ne profite pas. Après quand on est grand, on regrette de ne pas avoir profité.

Marie : Ça signifie qu’on a besoin d’être tranquille pour vivre une bonne vie, c’est ça ?

Marie présente ensuite l’idée du jour, c’est celle du SENS de la vie.

Marie fait la lecture du livre « Le sens de la vie » d’Oscar Brenifier… et annonce une cueillette de questions à la fin.

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Quelles questions philosophiques peut-on se poser à partir de cette histoire, à partir de ce livre ?

Pacôme : Est-ce que la vie, c’est forcément faire ce que l’on veut ?

Diane répond à la question de Pacôme : Dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut. Par exemple, si on veut vivre éternellement, ce n’est pas possible. Puis, elle pose sa question : Qu’est-ce qu’on peut faire et qu’est-ce qu’on ne peut pas faire dans la vie ?

Paula : Est-ce qu’il faut travailler toute sa vie ?

Yassine : Qu’est-ce qu’on doit faire dans la vie ?

Marie pose la grande question que nous allons discuter aujourd’hui :

Qu’est-ce qui donne du sens à la vie ?

Cette question a un présupposé. Vous vous souvenez de ce que c’est, un présupposé ?

Yassine : Un présupposé c’est quand on donne idée et que dans cette idée il y a une autre idée que l’on n’a pas vérifié d’abord.

Il y a derrière la question du jour, une idée qui est considérée comme vraie alors qu’elle peut être discutée. Qu’est-ce qu’elle suppose cette question ?

Yassine : la question suppose qu’il y a un sens à la vie et qu’il y a quelque chose qui donne du sens à la vie.

Marie acquiesce. Oui, et on aurait pu avoir la question : quel est le sens de la vie ? avec le seul présupposé : la vie a un sens.

SELON VOUS QU’EST-CE QUI DONNE DU SENS A LA VIE ?

1, 2, 3, Pensez !

Avant qu’on se pose cette question est-ce que vous voulez discuter de nos deux présupposés : que la vie ait un sens ou que des choses lui donne du sens.

Pacôme relève un problème : quel sens pour …le mot « sens » dans cette question ? Marie reprend : Quand on dit sens, ça peut vouloir dire quoi ?

  • Qu’est- ce que ça veut dire la vie ?
  • A quoi sert la vie ? Qu’est-ce qu’elle nous apprend ? Pourquoi on vit ?

Voici les réponses des enfants :

Pacôme : elle nous apprend à vivre, à découvrir la vie, à découvrir plein de choses.

VIVRE et DECOUVRIR

Diane : Voir les choses, ce qu’on entend, découvrir ce qu’il y a autour de nous. Être soi-même, être content d’être soi, être content d’être vivant, avoir du plaisir.

DECOUVRIR-VOIR-ENTENDRE-ETRE SOI

Yassine : Le sens de la vie, c’est simplement d’être. Parce que en étant, on vit.

ETRE-EXISTER

Paula : Je suis d’accord avec Diane, avec l’idée d’être content d’être soi-même, d’être en bonne santé, d’exister.

ETRE CONTENT d’EXISTER

Paula : Il y a des personnes qui n’aiment pas leur vie, qui se suicident. C’est important d’être content de vivre.

Bonnie est d’accord avec Paula.

Marie propose de reprendre les idées du livre en utilisant le petit jeu :

« Esprit critique, garde à vous ! » : D’accord parce que OU pas d’accord parce que ?

Vous connaissez l’expression « Esprit Critique » ? Que signifie-t-elle ?

Yassine : être capable de critiquer les choses, pas seulement négativement mais aussi positivement une idée.

Marie : avoir un esprit critique de façon générale c’est s’interroger sur ce qui est dit, se demander si c’est vrai ou faux, bien ou mal, valable ou non valable, c’est prendre le temps d’examiner les idées avant de les valider ou de les refuser.

IDEE 1 : le sens de la vie, c’est prendre soin des autres.

Tous les enfants sont plutôt d’accord avec cette idée. Pourquoi ?

Pacôme : parce que aider les gens, c’est bien, c’est gentil et dans la vie, il faut être gentil.

IDEE 2 : le sens de la vie, c’est d’être heureux.

Diane est plutôt d’accord.

Paula dit que parce que lorsque on est heureux, on peut profiter de la vie.

IDEE 3 : le sens de la vie, c’est bien agir ?

Les enfants sont d’accord.

Diane : ça sert à rien de vivre si on n’aime pas notre vie.

Pacôme : parce que bien agir, c’est important, pour être une personne bien.

Pour finir deux idées ont été examinées en vis-à-vis qui reprenaient les avis de deux personnages du livre.

IDEE 4 : le sens de la vie on le trouve dans notre relation avec les autres.

IDEE 5 : le sens de la vie se trouve en nous-même.

Les enfants étaient plutôt d’accord avec les deux, alors qu’elles pouvaient sembler contradictoires, ce qui a ouvert un échange sur cette confrontation :

Yassine : il n’y a pas une chose qui fait le sens de la vie. Le sens de la vie, on le trouve dans plein de choses. C’est pour ça que j’ai toujours répondu que j’étais d’accord, parce que le sens de la vie peut se trouver dans toutes ces choses.

Êtes-vous d’accord avec cette idée de Yassine ? demande Marie.

OUI ! répondent les enfants en chœur.

ET vous, quel(s) sens donnez-vous à la vie ?

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 15 mai : « Sommes-nous tous des monstres ? »

Le samedi 15 mai au matin, Diane, Yassine, Colin, Solel ont participé au Rendez-vous des P’tits Philosophes animé par Léonie sur le thème des Monstres !

Léonie a commencé par demander aux p‘tits philosophes si eux-mêmes connaissaient un monstre…

Diane : Le vampire parce qu’il a de grosses dents et il suce le sang. Il a peur de la lumière donc il sort le soir et la nuit pour faire des cauchemars.

Colin : Quelqu’un de conte. C’est Barbe Bleu, il a beau avoir ne pas avoir une allure de monstre, il est cruel et méchant, il tue des femmes.

Solel : SCP 096. Ce sont des espèces monstres, il y en a plusieurs donc on leur donne des numéros. Ils sont tout blanc et quand tu les regarde dans les yeux, ils courent sur toi et ils te tuent. Ce sont des livres sur des monstres SCP.

Yassine : Polyphème : je l’ai choisi pour 2 raisons. Parce que c’est le seul monstre qui me venait à l’esprit qui est à la fois est monstre en apparence et monstre par ses actes. Monstre en apparence parce que le monstre ça vient du mot « étranger, différence » si je m’en rappelle bien, quelque chose comme ça. Le cyclope Polyphème est étrange, différent par rapport à l’humanité : c’est un monstre physiquement. Il est aussi cruel, il fait des actes cruels comme manger de la chair humaine.

Yassine a fait une distinction sur les monstres. Laquelle ?

Colin a deviné : Il a distingué leurs actes et leur apparence.

Et le monstre se définit par rapport à quoi ?

Diane : il se définit par le fait qu’il soit différent des autres, qu’il fasse peur.

Colin : Je peux être un humain mais aussi un monstre par rapport à mes actes.

Yassine : Ce qui est différent ce serait les actes, l’aspect moral.

Est-ce qu’il suffit d’avoir une apparence de monstre pour être un monstre ?

Colin : Non, on peut avoir une apparence de monstre et être tout à fait gentil.

Solel : On peut être aussi très méchant et avoir une apparence d’humain normal. J’ai un copain qui embête tout le monde dans la cour et il a une apparence d’humain.

Est-ce que ça suffit pour définir ce camarade comme un monstre ?

Solel : Oui, un petit monstre.

Yassine : ça dépend de comment on parle du monstre. Si on parle du monstre à l’aspect physique, là l’exemple de Solel ne marche pas. Si on parle de l’aspect moral alors ça peut marcher.

Diane : Je ne suis pas d’accord avec Solel. Pour moi, un monstre c’est vraiment très méchant.

C’est quoi alors la différence entre être un monstre et être méchant ?

Diane : Quand on est un monstre on est plus méchant que quand on est juste méchant.

Yassine : Pour moi, il y a une grande différence par rapport aux autres.

Les p’tits philosophes ont ensuite fait un petit exercice philosophique sur les monstres. Pour chacun des cas, Léonie leur demandait s’il s’agissait d’un monstre ou pas…

  • L’ornithorynque, mammifère qui a un corps de loutre, une queue de castor, un bec de canard, des pieds venimeux et pond des œufs :

Diane : C’est pas un monstre, il a tué personne, il a été méchant avec personne. C’est juste son apparence qui fait peur.

Yassine : Le monstre il est anormal, alors que l’ornithorynque, c’est quelque chose de normal car tous les autres de son espèce sont comme ça. Un monstre c’est un cas unique, très rare.

Colin : Pour moi, ce n’est pas un monstre car personne ne sait son caractère et s’il pique avec ses pattes venimeuses, c’est juste pour se défendre. On ne connait pas son caractère, on ne peut pas savoir ses intentions, s’il est méchant ou pas.

  • L’homme le plus gros du monde, qui pèse 560kg :

Diane : Il ressemble à un monstre mais il n’a rien fait, il n’a pas fait de mal, il n’a jamais été méchant avec quelqu’un.

Yassine : Si Usain Bolt n’est pas considéré comme monstre, alors l’homme le plus gros du monde non plus. C’est juste quelqu’un qui a battu un record. Il est hors-norme, il a quelque chose que les autres ont mais de façon anormale. C’est la démesure de quelque chose que les autres ont.

Solel : Ce n’est pas un monstre car oui il est très gros mais ça veut pas dire qu’il est forcément monstrueux. Il n’est pas pareil que les autres, il est juste différent.

  • Un meurtrier en série qui a tué beaucoup de gens :

Diane : C’est un monstre. S’il tue les gens, c’est un acte cruel et très méchant. C’est très important pour nous d’être vivant.

Yassine : Il y a aussi de la démesure mais sur ce que les êtres humains font rarement : tuer. Mais surtout, c’est un acte cruel. C’est enlever la chose la plus importante aux êtres vivants.

  • Une mygale :

Colin : Une mygale, c’est juste une araignée. Elle pique c’est tout. On ne sait pas son caractère, il y a des animaux plus terrifiants mais qui ne sont pas des monstres.

Solel : Pour moi, c’est un monstre car je suis arachnophobe.

Yassine : C’est parce que Solel en a peur qu’il dit c’est un monstre.

Un nouveau concept émerge : le concept de peur. Colin et Solel n’ont pas le même rapport avec l’araignée, ce qui fait que l’un la considère comme un monstre, l’autre non…

  • Un énorme lion qui terrorise un village en attaquant ses habitants :

Diane : Les animaux ne sont pas des monstres. Par exemple, les léopards s’ils chassent c’est parce qu’ils ont faim ou qu’ils veulent protéger leurs petits.

Mais pour les villageois, ce lion est-il un monstre ?

Colin : Oui, car comme il les terrorise, ils ont un autre point de vue du lion. Pour les villageois, c’est un tueur qu’il faut éliminer.

  • Un homme qui ne pense qu’à gagner de l’argent :

Diane : C’est pas gentil mais c’est pas un acte de monstre. Un acte de monstre ce serait tuer des gens pour le plaisir. C’est pas assez méchant pour être un monstre.

Colin : Il a juste une ambition qui est de gagner de l’argent. Un monstre il fait des choses plus cruelles que ça. S’il pense qu’à gagner de l’argent, c’est juste son plaisir, son envie.

Est-ce que ça peut devenir monstrueux un homme qui ne pense qu’à l’argent ?

Solel : Oui, avec son argent il peut acheter un fusil et tuer des gens.

Est-ce qu’une personne qui fait du mal aux autres pour son propre plaisir est un monstre ? 

Diane : C’est forcément un monstre car c’est un acte cruel.

Colin : Oui, parce que bien qu’il ait une apparence humaine, il tue des gens et ça c’est un acte monstrueux. Parce que la personne n’a rien demandé et rien fait pour être violemment punie.

Diane : Pour le plaisir, faire mal aux gens c’est pas gentil. Quand c’est pas fait exprès, ce n’est pas un acte méchant. Un acte méchant c’est quand on fait vraiment exprès d’être méchant.

Il y a donc l’intention de faire mal pour être monstrueux !

  • Une mère qui abandonne ses enfants :

Diane : ça dépend pourquoi elle les abandonne. Par exemple, en pleine guerre, c’est pas un monstre. Une mère n’abandonne jamais ses enfants comme ça, c’est impossible. Ce qui est possible est que la mère veuille protéger ses enfants. Durant la première guerre mondiale, il y a des enfants qui ont été envoyé dans un autre pays pour les protéger de la guerre. Ça s’appelle pas abandonner ses enfants, mais protéger ses enfants de la guerre. S’il elle les avaient laissés en guerre, ses enfants seraient sûrement morts donc elle a protégé ses enfants !

Colin : Elle a totalement raison. Si c’est pour les protéger, je ne vois pas ce qu’il y a de monstrueux.

Léonie a fait remarquer aux p’tits philosophes que les exemples donnés dans cette exercice philosophique existent alors que ceux qu’ils ont cités au début de l’atelier étaient fictifs.

A partir de la discussion les P’tits philosophes ont ensuite fait un nuage de mots sur les principales caractéristiques du monstre :

La discussion nous a enfin menés à la question du jour : « Sommes-nous des monstres ? »

Colin : On a tous une part de mal en chacun de de nous.

Diane : On n’est pas tous des monstres. Parfois, ça nous arrive de nous bagarrer, d’être méchant. On n’est jamais des monstres. J’ai pas tué de personnes, j’ai pas fait d’actes de monstres.

Solel : On peut être un monstre et on peut ne pas l’être. Tout le monde a une part de méchanceté. Mais cette méchanceté peut apparaître à des moments spéciaux. Cette partie peut ne pas se dévoiler. Si t’es très sage, tu peux résister mais si tu t’embarques dans n’importe quoi, tu peux sortir ta méchanceté.

Léonie leur a raconté le conte amérindien des deux loups. Le voici :

« Un soir, un vieil indien Cherokee raconte à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe chez les gens et lui dit :

Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est le Mal : C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’ego.

L’autre est le Bien : C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »

Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :

Lequel des deux loups gagne ?

Le vieux Cherokee répondit simplement :  Celui que tu nourris. »

Comment peut-on interpréter cette histoire ?

Yassine : Ça veut dire que si tu fais en sorte de faire le bien alors c’est celui qui fait le bien que tu nourris. Mais si tu fais des choses mal, c’est le mauvais loup que tu nourris.  

En dernière activité, les p’tits philosophes ont réfléchi autour de la question du jour : « Est-ce qu’on peut tous être un monstre ? » Pour répondre, ces derniers ont été réparti en deux équipes. L’une composée de Colin et Solel devait donner des arguments en faveur du « oui » ; l’autre équipe composée de Diane et Yassine devait répondre « Non ».

Pour conclure, Léonie a demandé aux p’tits philosophes de donner l’idée qui leur a plu dans l’atelier :

Diane : Pour être un monstre, il faut être méchant et vraiment faire un acte cruel.

Colin : Pour être un monstre, il faut donner plusieurs adjectifs.

Solel : Moi c’est l’exemple du lion, que c’était pas vraiment un monstre.

Et vous, quelle est l’idée qui vous a plu ?

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