Philosopher, c’est prendre le temps de penser. C’est se retirer, pour un temps, du monde et de son agitation pour réfléchir. Une activité donc particulièrement propice à l’âge de la retraite! Nous proposons donc un moment de philosophie à la Maison des retraité·es, un vendredi par mois.

En un mot :

  • Une rencontre par mois pour les usager·ères de la Maison des retraité·es
  • Réservation obligatoire auprès de la Maison des retraité·es : 01 49 15 56 41. 
  • L’occasion de revenir sur toute une expérience de vie et d’y réfléchir profondément. 
  • Il n’est jamais trop tard pour apprendre à philosopher !

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Programme 2020-2021 :

Vendredi 2 octobre, 10h : Peut-on affirmer que c’était mieux avant ?

À-t-on raison d’être nostalgique ? Est-ce que c’était mieux avant ? Face au monde actuel, aux problèmes, aux nouveautés incompréhensibles, on a tendance à dire que « c’était mieux avant ». Mais à quoi renvoie ce temps d’avant ? À l’enfance ? À un temps objectivement plus heureux ? Que cache ce « mieux » ? Que révèle notre nostalgie sur notre rapport au présent ? Ce sont ces questions que nous explorerons grâce à Michel Serres, philosophe français contemporain, et à son ouvrage C’était mieux avant (2017).


Vendredi 6 novembre, 10h : Faut-il être prudent ?

Nous entendons ces dernières années se multiplier les appels à la prudence : « Soyez prudents » pour affronter les intempéries, face aux épidémies, mais aussi dans la prise de décisions politiques. Mais qu’est-ce que signifie être prudent ? Si la prudence est aujourd’hui souvent associée à une forme de retenue, d’hésitation voire même de peur, se réduit-elle à cette forme passive ? Certainement pas pour Aristote, le philosophe grec à l’origine de cette notion ; la prudence est, pour lui, une vertu, et même, la vertu clé pour bien agir. C’est donc en faisant retour à sa pensée que nous chercherons ce que cette vertu antique peut nous apporter aujourd’hui.


Vendredi 11 décembre, 10h : Être créatif, est-ce faire de la magie ?

L’« Eurêka » est cet instant magique où LA nouvelle idée, tantôt brillante, tantôt surprenante, surgit dans notre esprit. L’ampoule qui s’illumine au-dessus de notre tête, c’est bien à notre créativité que l’on doit en attribuer le mérite ! Mais cette créativité nait-elle du hasard ou bien est-ce le fruit d’une pensée rigoureuse et inconsciente ? Luc De Brabandere, philosophe et mathématicien contemporain, nous fera voyager au cœur d’une pensée de la créativité au détour de la pensée logique, grâce à son ouvrage Pensée magique, pensée logique.


Vendredi 8 janvier, 10h : Faut-il apprendre à décélérer ?

On se déplace plus vite, on communique plus vite, on change plus souvent de métier, de ville, d’amoureux, d’amoureuse. Il semble que dans notre monde actuel, tout s’accélère. Depuis la fin du 19e siècle, la société cherche à aller toujours plus vite, de façon toujours plus efficace. À première vue, l’accélération semble aller de pair avec le progrès. Mais faut-il continuer,
indéfiniment, à accélérer ? Est-il important, également, de prendre le temps de décélérer ? C’est à ces questions que tente de répondre Hartmut Rosa, philosophe allemand, au travers de ses travaux passionnants, mêlant un regard sociologique et philosophique.


Vendredi 5 février, 10h : L’empathie se cultive-t-elle ?

Il est possible que nous soyons naturellement empathiques : il semble que les humains aient, en eux, cette capacité à se mettre à la place des autres, à éprouver et comprendre leur situation. Qui n’a jamais été triste à la contemplation d’un être malheureux ? Bien que l’empathie semble inscrite en nous, il n’est pas certain qu’elle reste nécessairement vivace et présente. Peut-on perdre sa faculté d’empathie ? Peut-on, au contraire, la cultiver ? Et comment ? Ce sont des axes de réflexion que nous explorerons, en nous aidant d’un ouvrage de Martha Nussbaum : Les émotions démocratiques (2012).


Vendredi 5 mars, 10h : La femme, secondaire ?

Il est révoltant de penser que les femmes seraient le deuxième sexe. Et pourtant, c’est une idée qui a pu régner dans l’histoire, dans les mentalités et les sociétés. Les femmes ont été, et sont parfois encore, perçues comme inférieures. Même lorsqu’elles sont considérées comme les égales des hommes, il reste quelques relents discriminatoires : au travers de l’idée, notamment, que les femmes auraient un destin tout tracé. C’est contre cette idée que Simone de Beauvoir a écrit un ouvrage fondateur : Le deuxième sexe (1949).


Vendredi 2 avril, 10h : Le bonheur est-il en nous ?

Il existe un débat ancestral autour du bonheur. Les positions sont partagées : d’un côté, le bonheur pourrait éclore à partir d’éléments extérieurs (amour, famille, réussite, etc.) ; de l’autre, le bonheur émergerait à partir de soi, de son sentiment de plénitude et de contentement. Quelle est la source du bonheur ? Peut-on trouver le bonheur en nous-même ? Ou sommes-nous dépendant·e·s des circonstances qui nous entourent ? Face à ces questions, Confucius propose une réponse radicale, qui nous occupera au cours de cette réflexion.



Vendredi 7 mai, 10h : Qu’est-ce qu’être offensé ?

Sommes-nous facilement offensé·e·s ? Par des actes, des paroles, des idées, des comportements ? On parle souvent de l’offense, mais il est difficile de la définir : elle peut se confondre avec l’indignation, la vexation ou la simple gêne. Pour Ruwen Ogien, philosophe français du 20e siècle, auteur de La liberté d’offenser (2015), l’offense n’est pas un bon guide : on a tendance à être offensé par les comportements et paroles d’autrui alors même
qu’ils ne nous concernent pas. Ce sentiment serait alors trompeur : on s’oppose à quelque chose alors qu’on est simplement dérangé·e, gêné·e, saisi·e par l’inconnu.



Vendredi 4 juin, 10h : L’art permet-il d’expulser les émotions ?

Pleurer en écoutant une chanson, rire au théâtre, avoir peur au cinéma : parfois, nous faisons appel aux œuvres pour nous faire éprouver des émotions. L’art nous permet d’expulser des émotions, d’éprouver des sentiments, de rire, de pleurer. C’est étrange : ce n’est pas notre vie qui est montrée dans l’œuvre d’art, et pourtant, celle-ci résonne avec elle. Les œuvres nous permettent d’expulser nos émotions, nos passions, dirait Aristote, philosophe grec de l’Antiquité. C’est lui qui a parlé, pour la première fois, de la fonction cathartique de l’art : c’est elle que nous explorerons lors de cette discussion.