Bien que la philosophie soit une affaire sérieuse, il n’est pas nécessaire de s’interdire toute convivialité. Il est même primordial de l’ouvrir à tou·te·s les citoyen·nes de la vie publique ! C’est le principe des Café-philo : se rassembler pour explorer ensemble une question.

Souvent, il s’agit simplement déchanger nos points de vue et notre culture de façon libre. Mais à la Maison de la Philo, nous appliquons une autre méthode : l’animatrice se fait l’avocate d’un philosophe de l’Histoire et nourrit ainsi la discussion par l’analyse détaillée d’un.e penseur.euse. Cela permet de découvrir la culture philosophique de façon vivante et décomplexée !

En un mot :
• Un samedi par mois à 16h
• Une méthode pour découvrir de façon vivante la culture philosophique
• Un moment de partage collectif et décomplexé !

Café-philo

Programme des Café-philo 2021/2022

Samedi 2 octobre, 16h

La vie est-elle absurde ?

Il y a des jours où la vie fait sens, où l’on sent qu’elle a une valeur, où l’on sait qu’elle nous mène quelque part. Alors, il est bon d’exister. Mais on a parfois aussi l’impression que la vie est dépourvue de signification, qu’elle est juste un joyeux chaos dans lequel on tente désespérément de survivre, sans trop savoir pourquoi. Ces moments nous révèlent-ils la vérité de l’existence ? La vie est-elle absurde ? Si l’existence se définit par le non-sens, est-ce qu’il devient impossible de la savourer ? Dans son ouvrage, Le mythe de Sisyphe (1941), Albert Camus tente de dépasser le désespoir de cet homme chargé de la tâche absurde et infinie de pousser une pierre en haut d’une montagne et de la regarder retomber. Il tente d’imaginer un Sisyphe heureux : peut-on, nous aussi, trouver le bonheur en nageant dans l’absurde ?


Samedi 13 novembre 2021, 16h  

Qu’est-ce qu’être offensé ?

© Jérôme Bonnet

Sommes-nous facilement offensés ? Par des actes, des paroles, des idées, des comportements ? On parle souvent de l’offense, mais il est difficile de la définir : elle peut se confondre avec l’indignation, la vexation ou la simple gêne. Pour Ruwen Ogien, philosophe français du 20ème siècle, auteur de La liberté d’offenser (2015), l’offense n’est pas un bon guide : on a tendance à être offensé par les comportements et paroles d’autrui alors même qu’ils ne nous concernent pas. Ce sentiment serait alors trompeur : on s’oppose à quelque chose alors qu’on est simplement dérangé, gêné, saisi par l’inconnu.


Samedi 18 décembre 2021, 16h : 

Pourquoi le sublime nous laisse-t-il bouche bée ? 

© Wikipediacommons

Tout autour de nous, il est possible de trouver des choses belles, jolies, mignonnes. Le beau est là, malgré tout, si l’on parvient à ouvrir les yeux. C’est peut-être le rôle des artistes : rendre visible ce qui est invisible, comme dirait Paul Klee. Cela dit, au-delà du beau, on est parfois subjugué au point de considérer que l’on est face à quelque chose de sublime. Le sublime serait plus intense, plus déstabilisant, plus époustouflant. Kant, philosophe allemand du 18ème siècle, considérait qu’il avait une puissance telle qu’il pouvait épuiser nos forces vitables. Parfois, le sublime nous laisse bouche bée : pourquoi ? Comment ? 


Samedi 22 janvier 2022, 16h 

Qu’est-ce qu’une vie réussie ? 

Lorsqu’on parle de la réussite, on a tendance à penser à la réussite des individus. On se demande, alors, comment réussir sa vie, de façon personnelle. Il est possible que cette démarche ne suffise pas. On peut se demander si la réussite est vraiment quelque chose qui se joue de façon individuelle, personnelle, voire individualiste. Pour Aristote, philosophe grec du 4ème siècle avant notre ère, le bonheur individuel passe par la sphère collective : pour lui, c’est en occupant une place et une fonction au sein de la société que l’on réussit sa vie. Comment faire, alors, pour que notre rôle collectif nous apporte du bonheur individuel ? Pourquoi la réussite individuelle dépend-elle de la réussite collective ?


Samedi 19 février, 16h 

Le tragique de la vie peut-elle nous faire jubiler ?

© Telerama

Souvent, la joie s’explique de façon logique : nous avons une raison d’être content, et notre joie en découle naturellement. De ce point de vue, la joie s’enracine dans les évènements beaux et positifs de l’existence. Mais la jubilation serait, quant à elle, différente : il arriverait, parfois, que l’on jubile face à la négativité, en plein coeur de ce qui est sombre. On rit face à l’échec, on ressent une allégresse dans une situation tragique. On explose, non dans la joie, mais dans une jubilation noire, comme dirait Clément Rosset. Ce philosophe français du 20ème siècle a longtemps réfléchi à cette jubilation noire, et sa pensée nous guidera dans son exploration.  


Samedi 12 mars, 16h 

La femme existe-t-elle ?

Il est révoltant de penser que les femmes seraient le deuxième sexe. Et pourtant, c’est une idée qui a pu régner dans l’histoire, dans les mentalités et les sociétés. Les femmes ont été, et sont parfois encore, perçues comme inférieures. Mais, même lorsqu’elles sont considérées comme les égales des hommes, il reste quelques problèmes : notamment, l’idée que les femmes auraient un destin tout tracé. En effet, la société a tendance à définir la femme selon certaines carctéristiques physiques, comportementales, mentales, émotionnelles. Les femmes seraient comme ceci, ou comme cela… Ainsi, elle fige la femme dans une idée. Mais les femmes, sont-elles conformes à cette idée de la femme ? La femme – comme idée que l’on a tendance à figer – existe-t-elle ? Les femmes sont-elles des incarnations d’une idée de la femme ? Ou sont-elles libres d’exister à leur façon ? C’est contre cette idée que Simone de Beauvoir a écrit un ouvrage fondateur : Le deuxième sexe (1949).


Samedi 9 avril 2022, 16h  

Pourquoi veut-on se distinguer ? 

© France culture

L’humain est paradoxal. D’un côté, on aspire à être comme tout le monde, on se modèle en fonction des attentes de la société et de notre entourage personnel et professionnel. De l’autre, on aspire à se distinguer des autres, à être supérieur ou simplement différent. Nous sommes pris au milieu de ces deux injonctions contraires : être comme tout le monde, mais pas trop ; être différent, mais pas trop. Cette ambivalence a été étudiée par Pierre Bourdieu, sociologue français du 20ème siècle, dans son ouvrage La distinction. Critique sociale du jugement (1979). Avec lui, nous réfléchirons à de multiples questions : pourquoi veut-on se distinguer ? Jusqu’où peut-on se distinguer ? Qu’est-ce qu’être une personne distinguée ? 


Samedi 14 mai 2022, 16h : 

Que découvre-t-on dans la contemplation ? 

Nos yeux nous permettent d’appréhender le monde de multiples façons : nous pouvons voir, regarder et, même, contempler. En quoi consiste donc la contemplation ? Qu’a-t-elle de si particulier ? Elle semble indiquer un regard long, attentif, pensif et méditatif sur l’objet de notre contemplation. Lorsqu’on contemple, on se connecte davantage avec l’objet, on se relie à lui avec intensité. Si je contemple un paysage de montagne,  je l’observe, je l’analyse dans le détail et je me laisse imprégner par ces montagnes. Rousseau, dans son dernier livre, les Rêveries du promeneur solitaire, fait l’éloge de la contemplation : en se promenant dans la nature, il la contemple et se retrouve enfin lui-même. Que nous apporte la contemplation ? Quelle est sa richesse ?


 Samedi 11 juin 2022, 16h 

Qu’est-ce qui constitue une expérience ? 

© Wikipediacommons

Tous les jours, nous vivons de multiples moments, au gré de nos activités, de nos rencontres, de nos échanges. Chaque jour, il se passe quelque chose et cela fait partie de notre vécu. Néanmoins, on peut se demander si tous ces moments vécus sont de véritables expériences ? Chaque moment vécu constitue-t-il une expérience ? Qu’est-ce qui fait qu’un vécu devient une réelle expérience ? Cette question est centrale, pour Hans Gadamer, philosophe allemand du 20ème siècle : elle est centrale dans la vie et dans l’art. Ses idées nous guideront pour réfléchir aux expériences : elles seraient, selon lui, non seulement des moments où l’on est réellement présent, mais aussi des moments où il se passe quelque chose que l’on n’avait pas prévu.