Bien que la philosophie soit une affaire sérieuse, il n’est pas nécessaire de s’interdire toute convivialité. Il est même primordial de l’ouvrir à tou·te·s les citoyen·nes de la vie publique ! C’est le principe des Café-philo : se rassembler pour explorer ensemble une question, mêlant temps d’échange libre et culture philosophique et appliquant une méthode au cours de laquelle l’animatrice se fait l’avocate d’un philosophe qui sert de support de réflexion. Un moyen de découvrir la philosophie de manière ludique et décomplexée !

En un mot :
• Un samedi par mois à 16h
• Une méthode pour découvrir de façon vivante la culture philosophique
• Un moment de partage collectif et décomplexé !

Café-philo

Programme des Café-philo pour 2020/2021

Samedi 10 octobre, 16h : Est-ce un art d’avoir raison ?

Il faut l’admettre, il est souvent difficile de reconnaître d’avoir tort… surtout devant votre pire ennemi ! Bien que la vérité soit dans le camp adverse, vous restez paradoxalement attaché·e·s à votre position de départ et vous n’en démordez pas ! Cruel dilemme : faut-il admettre son tort en se rangeant du côté de la vérité ou bien batailler pour avoir le dernier mot ? Schopenhauer, privilégiant cette seconde alternative, prodiguera quelques stratagèmes pour vous exercer à l’art d’avoir toujours raison ! Ce philosophe allemand du 19e siècle nous guidera dans notre réflexion, grâce à son ouvrage L’art d’avoir toujours raison (1831).

Samedi 14 novembre, 16h : Sommes-nous tous des inventeurs ?

Qu’est-ce qu’inventer ? L’être humain est-il, naturellement, un créateur ? La créativité semble être l’apanage de l’artiste, du littéraire, du génie. Pourtant, il est possible que nous ayons tous la capacité à inventer. Mais comment ? Peut-être que notre faculté universelle à penser est une piste pour interroger cette question. Comme l’eau, la pensée humaine est-elle capable de créer de nouveaux chemins ? Dans quels contextes ? Michel Serres, philosophe français contemporain, s’est vivement intéressé à ces questions, dans son ouvrage Le gaucher boiteux (2015). Ce titre parle d’un archétype mystérieux, que Michel Serres a créé pour nous inviter à concevoir l’invention autrement. Nous nous interrogerons, avec lui : comment pouvons-nous tous devenir des inventeurs ? Faut-il le devenir pour découvrir une nouvelle forme de jubilation ?

Samedi 12 décembre, 16h : Pourquoi l’identité peut-elle nous embarrasser ?

L’identité compte parmi les concepts philosophiques faisant partie de notre environnement quotidien : nous parlons de « contrôle d’identité », de « papiers d’identité », mais aussi de « crise d’identité », d’« identité nationale » et nous allons même jusqu’à affirmer d’un quartier qu’il a su, à travers le temps, « conserver son identité ». Comment en sommes-nous venus à employer le même mot dans des sens aussi divers ? Ces usages contemporains multiples font de l’identité une véritable énigme lexicale pour Vincent Descombes, qui a cherché à dissiper les embarras posés par ce concept en retraçant l’origine et l’évolution des usages de ce mot. C’est à la lumière de l’ouvrage de ce philosophe français contemporain, Les embarras de l’identité (2013), que nous essaierons de définir et comprendre ce qu’est l’identité.

Samedi 23 janvier, 16h : Pouvons-nous être véritablement amis ?

Lorsque nous pensons à nos amies et amis, il n’est pas rare de douter. Il semble que nous ayons toutes et tous des amies et amis, qui nous posent question : est-ce que je l’apprécie vraiment ? Est-ce qu’elle·il est sincère ou est-ce qu’elle·il se sert de moi ? Est-ce que je me sers d’elle ou de lui ? Sommes-nous ami·e·s par affection ou par habitude ? Selon Aristote, philosophe grec du 4e siècle av. J.C, il est nécessaire de distinguer les vraies et fausses amitiés. La véritable amitié serait rare et spécifique. Comment se définit-elle ? Est-elle à la portée de toutes et tous ? Comment distinguer une véritable amitié d’une relation inauthentique ? Autant de questions, profondes et quotidiennes, que nous explorerons grâce à l’ouvrage du philosophe grec : L’éthique à Nicomaque (-355).

Samedi 6 février, 16h : Vivons-nous dans un espace rêvé ?

De prime abord, il semble que l’espace soit une réalité physique. On le regarde, il nous entoure, il est là, tel qu’il est. Mais en réalité, lorsque nous observons l’espace autour de nous, le voyons-nous tel qu’il est ? Que voyons-nous alors ? Nos projections, nos rêves, nous-mêmes ? La chambre, la maison, la ville, la rivière, la mer, autant de lieux qui semblent avoir une texture imaginaire, et peut-être rêvée. C’est la question que se pose Gaston Bachelard, dans son ouvrage intitulé Poétique de l’espace (1957). Une piste à explorer ensemble.

Samedi 6 mars,16h : Jusqu’où faut-il se défendre ?

On accepte sans difficulté l’idée qu’il faut se défendre. La défense serait légitime, a priori, contrairement à l’attaque. C’est pourquoi elle autorise l’utilisation de moyens qui sont, habituellement, interdits : la violence, les coups, etc. Mais a-t-on tous les droits lorsqu’on se défend ? Quand et comment se défendre ? S’il faut savoir se défendre, on peut se demander s’il ne faut pas apprendre à se défendre, afin d’utiliser les moyens adéquats. Jusqu’où peut-utiliser la violence pour se défendre ? Ces questions philosophiques sont aussi très pertinentes dans certaines situations complexes. Elsa Dorlin, philosophe française, auteure de l’ouvrage Se défendre, une philosophie de la violence (2017), sera notre support pour mener notre réflexion.

Samedi 10 avril, 16h : Que nous disent nos petites perceptions ?

À chaque instant, nous avons de multiples perceptions : des sons, des couleurs, des goûts, des odeurs, des sensations diverses et variées. En même temps, un élément prépondérant se détache souvent de l’ensemble : nous allons, par exemple, percevoir plus distinctement la voix d’une personne que l’on écoute même si nous entendons aussi les bruits alentours. Il semble que nos perceptions aient plus ou moins d’importance et s’organisent selon une hiérarchie. Mais comment cela se passe-t-il ? Comment se fait-il que certaines perceptions soient grandes et d’autres plus petites ? Leibniz, philosophe allemand du 17e siècle, s’est intéressé au phénomène des petites perceptions, ces petites sensations qui se trouvent à la périphérie de notre attention : sa pensée nous guidera dans notre recherche.

Samedi 15 mai, 16h : Le mépris détruit-il notre société ?

Nous avons toutes et tous le désir d’être reconnu·e·s : par les autres, par les personnes que nous aimons, par la loi et le droit, par la société. Si l’on a toutes et tous besoin de reconnaissance, cela signifie que le mépris est vécu comme une forme de rejet particulièrement violente, en tant qu’il nie la valeur de l’individu. Le mépris, marque d’une absence de reconnaissance, peut briser l’individu et ses liens avec autrui, dans les sphères personnelles, politiques et sociales. C’est cette opposition entre la reconnaissance et le mépris qu’analyse Axel Honneth, dans son ouvrage La société du mépris (2006) : pour le philosophe allemand, de nombreux conflits humains trouvent leur racine dans une relation de mépris, au sein de la société. Ce phénomène serait particulièrement visible dans les domaines de l’amour, du travail, de la politique et du pouvoir. Mais qu’est-ce que le mépris, au fond ? Quels sont ses effets ? Le mépris est-il la cause de la fracture entre les individus, dans la société ?

Samedi 5 juin, 16h : La vie est-elle absurde ?

Il y a des jours où la vie fait sens, où l’on sent qu’elle a une valeur, où l’on sait qu’elle nous mène quelque part. Alors, il est bon d’exister. Mais on a parfois aussi l’impression que la vie est dépourvue de signification, qu’elle est juste un joyeux chaos dans lequel on tente désespérément de survivre, sans trop savoir pourquoi. Ces moments nous révèlent-ils la vérité de l’existence ? La vie est-elle absurde ? Si l’existence se définit par le non-sens, est-ce qu’il devient impossible de la savourer ? Dans son ouvrage, Le mythe de Sisyphe (1941), Albert Camus tente de dépasser le désespoir de cet homme chargé de la tâche absurde et infinie de pousser une pierre en haut d’une montagne et de la regarder retomber. Il tente d’imaginer un Sisyphe heureux : peut-on, nous aussi, trouver le bonheur en nageant dans l’absurde ?