Programme 2020/2021 :

Samedi 3 octobre, 11h : Le genre, un concept enflammé ?

Marie Garrau

Le genre fait débat. Nous en parlons, nous en discutons, nous polémiquons, dans les médias, à la maison et au café : il nous enflamme. Pourtant, au début, l’idée de genre est simplement apparue pour parler de la différence entre hommes et femmes telle qu’elle a été construite par la société, la culture et l’histoire. Il s’agit de se déplacer : au-delà de l’appartenance au sexe masculin ou féminin, il se jouerait en nous quelque chose qui vient de la culture, et non de la nature. À partir de là, de multiples polémiques et résistances surgissent, tant au niveau des citoyennes et citoyens que des intellectuelles et intellectuels ou des médias. Il semble que le genre dérange. Pourquoi ? Le genre est-il un concept enflammé ? Nous approfondirons ces questions avec Marie Garrau, philosophie française contemporaine, Maître de conférence à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.


Samedi 30 janvier, 11h : Les êtres humains ont-ils besoin de musique ?

Francis Wolff

L’omniprésence de la musique est à la fois fascinante et flagrante : partout où il y a des êtres humains, dans toutes les cultures, chez tous les enfants du monde, il y a de la musique. Pourquoi ? Comment expliquer cette universalité ? Est-elle le signe d’un besoin humain, fondamental et profond ? Comment comprendre qu’un art si abstrait ait tant d’effets concrets : sur le corps, l’esprit, l’émotion, l’humeur ? Ces questions peuvent être l’objet d’un dialogue passionnant, et peuvent aussi être illustrées par de nombreux exemples, empruntés à tous les genres musicaux : classique, opéra, jazz, rock, bossa, raga indien, flamenco, polyrythmies africaines, chanson, etc.
Ces deux directions seront arpentées par Francis Wolff, philosophe français, professeur émérite de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm et auteur de l’ouvrage Pourquoi la musique ? (2015).


Samedi 27 mars, 11h : Face au racisme, contre quoi lutte-t-on ?

Magalie Bessone

Il est très difficile de définir le racisme, d’en parler et de le travailler sans éveiller émotions, disputes et incompréhensions. C’est une question sensible, parce qu’elle convoque l’histoire, les mémoires, les vécus des individus, et certaines failles de la société. En outre, il est difficile de parler du racisme, parce que l’idée de race est complexe, dérangeante, paralysante : alors même que les races n’existent pas sur le plan biologique, leurs effets socio-politiques sont bien réels sur certains individus qui y sont sans cesse assignés. Penser le racisme, grâce à la philosophie, peut permettre de mieux l’expliquer, non pas pour l’excuser mais pour mieux le combattre.
Pour cela, nous serons guidés par Magalie Bessone, professeure de philosophie politique à l’Université Paris 1 PanthéonSorbonne, auteure de multiples ouvrages sur le racisme : Sans distinction de race ? (Vrin, 2013), Faire justice de l’irréparable : esclavage colonial et responsabilités contemporaines (Vrin 2019), ou encore l’ouvrage de philosophie jeunesse Les races, ça existe ou pas ? (Gallimard, 2018).


Samedi 29 mai, 11h : La littérature, laboratoire philosophique ?

Edwige Chirouter

La littérature et la philosophie ont la même fonction : dire, configurer, penser le monde pour nous permettre de donner du sens à la condition humaine. La littérature est ainsi un support privilégié pour enclencher des discussions philosophiques, avec les adultes, les adolescentes et adolescents et les enfants. La fiction – immense « laboratoire de l’imaginaire » (P. Ricoeur) – nous fait expérimenter une multiplicité d’expériences et de mondes possibles, nous propose des dilemmes, nous fait vivre par procuration et éveille nos affects, tout en les plaçant à bonne distance, au travers du personnage. Ainsi, elle élargit, en quelque sorte, notre expérience vécue et nous aide ainsi à penser le monde et la condition humaine, à bonne distance, sereinement et rationnellement. La littérature – adulte et jeunesse – opère donc une ruse de la raison, qui charme en jouant avec les émotions, les plaisirs et les étonnements de la lectrice et du lecteur pour le et la faire grandir et rendre son expérience du monde plus intelligible.
Nous explorerons ce grand laboratoire philosophique grâce à Edwige Chirouter, Maître de Conférences HDR, titulaire de la Chaire UNESCO « Pratiques de la philosophie avec les enfants, les adolescentes et adolescents, à l’école et dans la Cité ».