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Maison de la Philo φ Romainville

Au fil des idées : la vie de la pensée, dans une ville philosophe !

Fermeture de la Maison de la Philo du 1er au 16 août

Bonjour à toutes et à tous,

Nous espérons que l’été sera pour vous l’occasion de vous reposer de cette année pandémique et de vous nourrir de quelques expériences enrichissantes.

La Maison de la Philo continue de vous accueillir du mardi au samedi de 14h à 18h mais sera fermée du 1er au 16 août.

Réouverture le mardi 17 août pour de nouvelles aventures philosophiques !

C’est aussi pour mieux vous retrouver car nous sommes présentes durant tout l’été en pied d’immeubles des quartiers de la ville dans le cadre de la programmation des Soirées Nomades.

Ci-dessous, le fascicule du programme de « Romainville l’été », où sont annoncés les dates et les quartiers durant lesquels nous intervenons :

L’équipe de la Maison de la Philo vous souhaite un bel été, rempli d’expériences philosophiques !

Bien à vous,

La Maison de la Philo

Article mis en avant

Programme 2020-2021 de la Maison de la Philo

Bonjour à toutes et à tous,

Toute l’équipe de la Maison de la Philo est ravie de vous présenter le nouveau programme, pour la saison philosophique 2020-2021 !

Cela fourmille de pratiques philosophiques, pour tous les âges, sous toutes les formes et de toutes les couleurs :

Rendez-vous P’tits Philosophes, Eveil Philo, Café-philo, Ciné-Philo, Théâtre-Philo, Conférences, et d’autres encore !

Et l’accueil libre « Philo sur le Pouce » continue, du mardi au samedi de 14H à 18H !

Deux nouveautés cette année :

  • Les ateliers PhiloSignes en langue des Signes pour les enfants de 7 à 12 ans 
  • Le Club des Jeunes penseurs pour les ados de 11 à 16 ans

Sans parler de toutes les activités que nous continuons à mettre en place dans la ville : Classes Idées dans les écoles et collèges, ateliers PhiloLudo au Périscolaire, Ateliers ACTE, Débats à la Maison des Retraités etc.

Bien entendu, chacune de ces activités sera menée dans le respect du protocole sanitaire : pour chacune, les précisions seront données ultérieurement, par mail.

Oui, c’est bien sûr : Romainville est une ville philosophe !

Au plaisir de vous retrouver pour philosopher ensemble,

L’équipe de la Maison de la Philo

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Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 19 juin : « Peut-on apprendre à penser ? »

Le samedi 19 juin a eu lieu le dernier atelier de l’année du Rendez-vous des P’tits Philosophes ! Les enfants on pu faire un bilan de l’année écoulée en réfléchissant au rôle que pouvait avoir la philosophie et à la question de savoir si la pensée pouvait tout compte fait s’apprendre.

Ardoises en mains, les enfants ont dans un premier temps écrit ou dessiné ce que symbolisait pour eux la philosophie. En voici l’illustration !

Ensuite leur a été posé la question suivante : « Pourquoi on fait de la philosophie ? » Voici l’univers des idées autour de la planète « Philosophie » !

Le mot « penser » est ressorti fréquemment des échanges. A l’origine, la philosophie pour enfants a été défendue par quelqu’un qui considérait que la philosophie pouvait permettre d’apprendre à penser. Les P’tits philosophes devaient réagir sur cette idée : « Peut-on apprendre à penser ? »

Judith : Penser ça peut s’apprendre mais le plus souvent, on n’apprend pas la pensée car on pense déjà. Mais pour des gens, la pensée ça s’apprend. Donc oui et non. La pensée on l’a depuis qu’on est tout petit, le plus souvent c’est comme ça chez les gens.

Paula : Je suis d’accord et pas d’accord avec Judith. On ne peut pas apprendre à penser parce que depuis qu’on est tout petit, on a déjà la pensée dans notre tête. Tous les gens ont la pensée naturellement, c’est impossible que quelqu’un ne puisse pas penser.

Colin : Moi je dirai oui et non. Non, parce que beaucoup de personnes ont déjà la pensée et l’apprendre pour moi, c’est la développer, c’est continuer à pouvoir trouver d’autres idées. En fait ça dépend du sens du mot « penser ». Si penser c’est juste penser dans sa tête ou alors penser à des questions, à des choses plus philosophiques, la pensée logique ou la pensée stratégique… ça dépend de quoi on parle dans la pensée.

Pacôme : Pour moi, la pensée ça peut s’apprendre. Pour moi, apprendre, c’est développer sa pensée. D’accord tu penses déjà quand tu es petit, mais tu développes ta pensée au fur et à mesure que tu grandis. Quand t’es petit, tu ne penses pas déjà comme Kant.

Yassine : Je suis d’accord avec Colin et Pacôme parce qu’on n’apprend pas à penser directement mais on apprend à développer sa pensée. On pense tous. Même quand on ne pense à rien, on pense à quelque chose. On pense à : rien. Mais on utilise notre pensée différemment. On apprend à l’utiliser de la meilleur des façons.

Gabriel : Au début, on n’est pas à l’école dans le ventre de notre mère. Mais dès qu’on sort, on peut penser. Au début, on peut penser à comment est l’extérieur. Mais quand on est petit, on ne sait pas ce que c’est la logique donc on ne peut pas penser logique : ça s’apprend en grandissant.

Céleste : Je suis d’accord avec Paula. La pensée, on l’a depuis qu’on est tout petit, mais on ne sait pas encore comment trop l’utiliser.

Simon : Je ne suis pas d’accord avec Céleste, ni Paula parce que la pensée on l’a depuis qu’on est petit. On l’utilise, on ne réfléchit pas à « est-ce que je l’utilise maintenant ou est-ce que je ne l’utilise pas ? ». Quand on va à l’école, on apprend des choses qui remplissent le cerveau et après le cerveau va utiliser ces choses pour apprendre à penser. Mais on ne va pas apprendre directement à penser mais c’est grâce aux choses qu’on apprend qu’on va apprendre à penser. On va apprendre à développer sa pensée tout seul, ce n’est pas quelque chose que quelqu’un nous enseigne.

Solel : Je suis d’accord avec Yassine pour dire que même quand on ne pense à rien, on pense à quelque chose : à rien. On pense tout le temps. Mais on peut, en grandissant, développer son cerveau et du coup apprendre de nouvelles choses et penser à ces nouvelles choses. Quand tu nais, tu penses mais tu ne connais pas tout donc tu ne peux pas penser à tout.

Simon : Pour moi, tout le monde sait penser. C’est pas parce qu’on sait penser, qu’on a appris à penser.

Il a été conclu de ces échanges qu’on sait tous penser naturellement mais qu’on ne sait pas tous d’emblée penser de manière philosophique, logique, mathématique, et que ça se développe. On apprendrait à utiliser notre pensée et à la développer.

Simon : Pour moi, la pensée elle se développe mais elle n’apprend pas à se développer. Elle se développe d’elle-même, ce n’est pas naturel, mais ce n’est pas appris directement non plus.

Gabriel : Il y a deux sortes de pensées : d’abord, la pensée quand on imagine des choses. Par exemple, je pense comment étaient les dinosaures alors que je ne vois que leurs squelettes. Et il y a des pensées qui se développent comme la pensée mathématique. Ces deux sortes de pensées, on les apprend différemment.

A la fin de l’atelier, la Maison de la Philo a offert aux P’tits Philosophes des boules à neige qu’ils ont personnalisées et remplies de belles idées philosophiques !

La Maison de la Philo remercie tous les P’tits Philosophes qui ont participé et enrichi les discussions tout au long de l’année. Nous leur souhaitons un bel été foisonnant d’expériences philosophiques !

A la rentrée !

La Maison de la Philo

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 29 mai : Bien Parler

Samedi 29 mai les P’tits Philosophes se sont retrouvés autour d’une nouvelle question : « qu’est-ce que bien parler ? ».

Pour commencer Julia leur a demandé de révéler le présupposé de la question. Colin a alors expliqué que cette question supposait l’existence de bonnes et mauvaises façons de parler.

Qu’est-ce que cela signifierait alors « bien parler » ?

Diane a proposé : ne pas dire de gros mots, dire merci, dire de rien, etc.

Tessa a complété : respecter les autres quand on parle.

Colin a complexifié : Bien parler ce serait s’exprimer correctement : devant tes amis tu ne t’exprimes pas de la même façon que devant des adultes par exemple.

Solel a proposé un contre-exemple : Dire « ouais qu’est-ce que t’as wesh » ce serait l’inverse de bien parler.

Paula, en accord avec Diane et Tessa a reformulé : Bien parler ce serait être poli, ne pas dire de gros mots, être respectueux.

Yassine a complété l’idée de Colin : Il y a plusieurs façons de bien parler mais bien parler n’a qu’un seul sens. Avoir un vocabulaire adapté selon la situation dans laquelle on est et la personne à qui on parle.

Julia leur a alors proposé une synthèse de leur conceptualisation et leur a demandé de trouver des exemples de phrases pour l’illustrer. Cette collecte d’exemples a amené d’autres remarques :

Tessa a proposé une nouvelle idée : Bien parler ce serait quand ton idée est soutenue, mais aussi quand elle est intéressante. Ce serait s’exprimer avec politesse mais aussi sortir ses idées de la tête. Il y aurait deux formes de bien parler : la politesse et les personnes qui parlent bien dans le sens, logique et intéressant, qui se font comprendre, comme les philosophes.

Julia a alors proposé d’examiner l’exemple de l’homme politique, réputé pour sa capacité à bien parler. Cette exploration a amené la question suivante : est-ce que notre façon de parler révèle qui on est ?

Diana a commencé : Non, la parole ne révèle pas notre façon d’être, ce n’est pas parce qu’on a plus de mots qu’on est plus intelligent. On peut avoir beaucoup de mots et les utiliser n’importe comment alors que quelqu’un peut avoir peu de mots mais être juste.

Paula a complété : Ce n’est parce qu’on a un vocabulaire riche qu’on est plus intelligent : ça veut dire qu’on est intelligent dans ce domaine mais pas forcément dans d’autres.

Colin a ajouté : Tu peux faire semblant de bien parler aussi.

Les P’tits Philosophes ont poursuivi l’atelier par la lecture de l’album La grande fabrique de mots qui les a amenés à penser le personnage du « beau parleur » qu’ils ont distingué du « bon parleur » par son rapport à la vérité.

Yassine a proposé une idée : Le beau parleur va chercher un moyen pour être intéressant sans chercher à respecter la vérité.

Colin : Le beau parleur veut obtenir quelque chose, il amadoue, il ne dit pas forcément la vérité. Il peut par exemple dire un compliment qu’il ne pense pas pour amadouer.

Les P’tits Philosophes ont fini l’atelier par une petite activité proposée par Philéas&Autobule intitulé « Cela vaut bien un fromage » que vous trouverez ci-dessous.

La consigne était la suivante : « vous êtes face à Quignon et Crouton, 2 rats beaux parleurs qui tentent d’obtenir le plus gros fromage. Ils essaient de se convaincre, ou de se persuader que c’est à eux que revient le fromage. Ils sont très malins car ils peuvent vous avoir avec leurs beaux discours mais heureusement, vous êtes des super philosophes à l’esprit critique bien aiguisé ! Vous allez donc repérer les arguments fallacieux qu’ils utilisent pour vous avoir dans la poche et vous manipuler ! »

Merci aux P’tits Philosophes de s’attacher chaque samedi matin à bien parler !

Réouverture complète de la Maison de la Philo – le 5 juin !

Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes ravies de vous annoncer qu’à partir de samedi 5 juin, la Maison de la Philo sera rouverte normalement, de façon pleine et entière !

Nous pourrons vous accueillir à nouveau du mardi au samedi, de 14H à 18H :

Lectures, ateliers philo « Philo sur le pouce », dessins conceptuels, jeux philosophiques, prêts de livres, le tout pour les enfants, adolescents et adultes.


Nous vous attendons avec impatience, pour philosopher en présence ! Pour information, nous aurons une jauge pour l’accueil du public, et nous continuerons à respecter les gestes barrières (et le port du masque bien sûr).

Demeurant disponible,

L’équipe de la Maison de la Philo

Le Club des Jeunes Penseurs du vendredi 7 mai : Voyage en utopie !

Le vendredi 7 mai, les Jeunes Penseurs ont expérimenté en visio la fiche d’animation « Voyage en utopie » proposée par le Pôle Philo (https://www.calbw.be/pole-philo). Le but de cette activité était de s’exercer à dégager des conséquences des propositions que nous émettons lors d’un atelier philo.

Tout d’abord, nous nous sommes assurées que tout le monde savait bien ce que pouvait être une utopie :

« Aujourd’hui, nous allons voyager en utopie. Une utopie, c’est quoi ? Dérivé du grec « topos » (lieu) et du préfixe privatif « u », il signifie « l’absence de lieu ». Une utopie, dans le langage courant, est un monde merveilleux, idéal, rêvé, dans lequel nous aimerions tous vivre. »

Puis la consigne leur a été donnée : « A votre avis, qu’est-ce qui pourrait rendre le monde meilleur…utopique ? Vous allez réfléchir individuellement à ce que vous souhaitez comme grand changement dans le monde et vous allez le poser à l’écrit. Vous pouvez vous aider en complétant la phrase : « Le monde serait meilleur si… »

Par exemple : « Le monde serait meilleur si… tout le monde devient ami avec tout le monde. »

Voici les propositions des participants pour rendre monde meilleur :

Yassine

Le monde serait meilleur si on pouvait tous être d’accord sur les choses logiques

Justification : « car on dialoguerait mieux.  »     

Pauline

« Le monde serait meilleur s’il n’y avait pas d’escroc ni de tueur »

Justification : « Parce qu’il y aurait moins de personnes malheureuses.»

Clémence

« Le monde serait meilleur si tout le monde était heureux et content de ce qu’il a. »

Justification : « Parce que personne ne chercherait à prendre aux autres  »

Mia

« Le monde serait meilleur s’il n’y avait plus de bagarre ni de guerre. »

Justification : « Parce que le monde serait moins dangereux.  »

Raphaele

« Le monde serait meilleur si les gens se respectaient un peu plus. »

De ces propositions d’un grand changement dans le monde, les jeunes penseurs se sont exercés à en dégager des conséquences, sous la forme « Si…alors… »

Pour cela, nous leur avons demandé d’ajouter un « Si » au début de leur proposition et un « alors » à la fin. Prenons en exemple, la proposition de Raphaele : « les gens se respectaient un peu plus ». Cela nous donne : « Si les gens se respectaient un peu plus, alors…« 

Les participants ont ensuite été répartis en deux équipes :

  • L’équipe 1 devait dégager des conséquences de l’équipe 2
  • L’équipe 2 devait dégager des conséquences de l’équipe 1.

Voici les conséquences qui ont été dégagées par équipe :

Equipe 1 : Pauline et Clémence

Si on pouvait tous être d’accord sur les choses logiques, alors :

  • on réglerait beaucoup de conflits.
  • il n’y aurait plus de débat, ce serait ennuyeux.

S’il n’y avait plus de bagarre ni de guerre, alors :

– il n’y aurait plus certains métiers (il y’en aurait moins), les infirmiers , médecins…  il y’aurait moins de décès 

– il y aurait moins de dégradations (Pays , Villes)

– les gens seraient plus insouciants.

Si les gens se respectaient plus, alors :

–  on ne pourrait pas s’amuser un peu, on finirait par arriver dans une société où personne ne rigole. Par exemple, se moquer de nos professeurs après les cours.

–  on serait beaucoup plus heureux.

Equipe 2 : Yassine, Mia et Raphaele

Si tout le monde était heureux et content, alors :

  • on aurait moins besoin de la police, 
  • il y aurait moins de jalousie dans le monde. 

S’il n’y avait plus d’escroc, ni de tueur, alors :

  • nous aurons presque plus besoin de la police, 
  • une grande partie des informations disparaîtrait des journaux, 
  • on aurait moins d’idées de scénarios et d’histoires sur lesquels se baser (films, séries, livres)

Voici un tableau récapitulatif des propositions et conséquences dégagées :

Chaque conséquence exposée par les participants était interrogée (nous leur demandions par exemple s’il s’agissait d’une conséquence nécessaire ou seulement possible) et donnait lieu à une discussion.

Merci à nos jeunes penseurs philosophes pour nous avoir fait voyager en utopie !

Rendez-vous des P’tits philosophes du 22 mai : le sens de la vie

Aujourd’hui, c’est un grand concept en 3 lettres autour duquel les enfants vont réfléchir :

LA VIE 

Marie anime et commence par présenter un nuage conceptuel…

La vie… à quoi ça vous fait penser ? Trouvez un seul mot ! 1, 2, 3, pensez !

Pacôme : la paix      Diane : l’amour        Paula : la famille      Bonnie : l’amitié

Yassine : être           Pacôme propose un autre mot : la nature

Baptiste : la tranquillité     

Yassine : ce qui me vient à l’esprit en parlant de la vie, c’est la mort

Yassine : la chance aussi. Parce qu’être en vie, vu les probabilités, c’est une chance.

Marie : Est-ce que vous voulez réagir à ces mots ? Ce serait bien que vous les commentiez.

Paula : L’amitié et la famille, c’est important dans la vie. Mais pourquoi le verbe être ?

Yassine : la vie, c’est quand on est.

Diane : c’est un bon exemple. Quand on est quelqu’un on doit vivre. C’est important d’être ce qu’on a envie d’être. C’est important. C’est vraiment être soi.

Baptiste : Dans la vie, il faut être tranquille.

Pacôme complète l’idée de Baptiste : Si on vit en n’étant pas tranquille, à quoi bon vivre ? On ne peut pas être tranquille tout le temps mais c’est mieux d’être tranquille.

Diane également : Quand on est tranquille dans notre vie, on est tranquille dans notre corps. Quand on n’est pas tranquille, on est pressé, on ne profite pas. Après quand on est grand, on regrette de ne pas avoir profité.

Marie : Ça signifie qu’on a besoin d’être tranquille pour vivre une bonne vie, c’est ça ?

Marie présente ensuite l’idée du jour, c’est celle du SENS de la vie.

Marie fait la lecture du livre « Le sens de la vie » d’Oscar Brenifier… et annonce une cueillette de questions à la fin.

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Quelles questions philosophiques peut-on se poser à partir de cette histoire, à partir de ce livre ?

Pacôme : Est-ce que la vie, c’est forcément faire ce que l’on veut ?

Diane répond à la question de Pacôme : Dans la vie, on ne fait pas ce que l’on veut. Par exemple, si on veut vivre éternellement, ce n’est pas possible. Puis, elle pose sa question : Qu’est-ce qu’on peut faire et qu’est-ce qu’on ne peut pas faire dans la vie ?

Paula : Est-ce qu’il faut travailler toute sa vie ?

Yassine : Qu’est-ce qu’on doit faire dans la vie ?

Marie pose la grande question que nous allons discuter aujourd’hui :

Qu’est-ce qui donne du sens à la vie ?

Cette question a un présupposé. Vous vous souvenez de ce que c’est, un présupposé ?

Yassine : Un présupposé c’est quand on donne idée et que dans cette idée il y a une autre idée que l’on n’a pas vérifié d’abord.

Il y a derrière la question du jour, une idée qui est considérée comme vraie alors qu’elle peut être discutée. Qu’est-ce qu’elle suppose cette question ?

Yassine : la question suppose qu’il y a un sens à la vie et qu’il y a quelque chose qui donne du sens à la vie.

Marie acquiesce. Oui, et on aurait pu avoir la question : quel est le sens de la vie ? avec le seul présupposé : la vie a un sens.

SELON VOUS QU’EST-CE QUI DONNE DU SENS A LA VIE ?

1, 2, 3, Pensez !

Avant qu’on se pose cette question est-ce que vous voulez discuter de nos deux présupposés : que la vie ait un sens ou que des choses lui donne du sens.

Pacôme relève un problème : quel sens pour …le mot « sens » dans cette question ? Marie reprend : Quand on dit sens, ça peut vouloir dire quoi ?

  • Qu’est- ce que ça veut dire la vie ?
  • A quoi sert la vie ? Qu’est-ce qu’elle nous apprend ? Pourquoi on vit ?

Voici les réponses des enfants :

Pacôme : elle nous apprend à vivre, à découvrir la vie, à découvrir plein de choses.

VIVRE et DECOUVRIR

Diane : Voir les choses, ce qu’on entend, découvrir ce qu’il y a autour de nous. Être soi-même, être content d’être soi, être content d’être vivant, avoir du plaisir.

DECOUVRIR-VOIR-ENTENDRE-ETRE SOI

Yassine : Le sens de la vie, c’est simplement d’être. Parce que en étant, on vit.

ETRE-EXISTER

Paula : Je suis d’accord avec Diane, avec l’idée d’être content d’être soi-même, d’être en bonne santé, d’exister.

ETRE CONTENT d’EXISTER

Paula : Il y a des personnes qui n’aiment pas leur vie, qui se suicident. C’est important d’être content de vivre.

Bonnie est d’accord avec Paula.

Marie propose de reprendre les idées du livre en utilisant le petit jeu :

« Esprit critique, garde à vous ! » : D’accord parce que OU pas d’accord parce que ?

Vous connaissez l’expression « Esprit Critique » ? Que signifie-t-elle ?

Yassine : être capable de critiquer les choses, pas seulement négativement mais aussi positivement une idée.

Marie : avoir un esprit critique de façon générale c’est s’interroger sur ce qui est dit, se demander si c’est vrai ou faux, bien ou mal, valable ou non valable, c’est prendre le temps d’examiner les idées avant de les valider ou de les refuser.

IDEE 1 : le sens de la vie, c’est prendre soin des autres.

Tous les enfants sont plutôt d’accord avec cette idée. Pourquoi ?

Pacôme : parce que aider les gens, c’est bien, c’est gentil et dans la vie, il faut être gentil.

IDEE 2 : le sens de la vie, c’est d’être heureux.

Diane est plutôt d’accord.

Paula dit que parce que lorsque on est heureux, on peut profiter de la vie.

IDEE 3 : le sens de la vie, c’est bien agir ?

Les enfants sont d’accord.

Diane : ça sert à rien de vivre si on n’aime pas notre vie.

Pacôme : parce que bien agir, c’est important, pour être une personne bien.

Pour finir deux idées ont été examinées en vis-à-vis qui reprenaient les avis de deux personnages du livre.

IDEE 4 : le sens de la vie on le trouve dans notre relation avec les autres.

IDEE 5 : le sens de la vie se trouve en nous-même.

Les enfants étaient plutôt d’accord avec les deux, alors qu’elles pouvaient sembler contradictoires, ce qui a ouvert un échange sur cette confrontation :

Yassine : il n’y a pas une chose qui fait le sens de la vie. Le sens de la vie, on le trouve dans plein de choses. C’est pour ça que j’ai toujours répondu que j’étais d’accord, parce que le sens de la vie peut se trouver dans toutes ces choses.

Êtes-vous d’accord avec cette idée de Yassine ? demande Marie.

OUI ! répondent les enfants en chœur.

ET vous, quel(s) sens donnez-vous à la vie ?

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 15 mai : « Sommes-nous tous des monstres ? »

Le samedi 15 mai au matin, Diane, Yassine, Colin, Solel ont participé au Rendez-vous des P’tits Philosophes animé par Léonie sur le thème des Monstres !

Léonie a commencé par demander aux p‘tits philosophes si eux-mêmes connaissaient un monstre…

Diane : Le vampire parce qu’il a de grosses dents et il suce le sang. Il a peur de la lumière donc il sort le soir et la nuit pour faire des cauchemars.

Colin : Quelqu’un de conte. C’est Barbe Bleu, il a beau avoir ne pas avoir une allure de monstre, il est cruel et méchant, il tue des femmes.

Solel : SCP 096. Ce sont des espèces monstres, il y en a plusieurs donc on leur donne des numéros. Ils sont tout blanc et quand tu les regarde dans les yeux, ils courent sur toi et ils te tuent. Ce sont des livres sur des monstres SCP.

Yassine : Polyphème : je l’ai choisi pour 2 raisons. Parce que c’est le seul monstre qui me venait à l’esprit qui est à la fois est monstre en apparence et monstre par ses actes. Monstre en apparence parce que le monstre ça vient du mot « étranger, différence » si je m’en rappelle bien, quelque chose comme ça. Le cyclope Polyphème est étrange, différent par rapport à l’humanité : c’est un monstre physiquement. Il est aussi cruel, il fait des actes cruels comme manger de la chair humaine.

Yassine a fait une distinction sur les monstres. Laquelle ?

Colin a deviné : Il a distingué leurs actes et leur apparence.

Et le monstre se définit par rapport à quoi ?

Diane : il se définit par le fait qu’il soit différent des autres, qu’il fasse peur.

Colin : Je peux être un humain mais aussi un monstre par rapport à mes actes.

Yassine : Ce qui est différent ce serait les actes, l’aspect moral.

Est-ce qu’il suffit d’avoir une apparence de monstre pour être un monstre ?

Colin : Non, on peut avoir une apparence de monstre et être tout à fait gentil.

Solel : On peut être aussi très méchant et avoir une apparence d’humain normal. J’ai un copain qui embête tout le monde dans la cour et il a une apparence d’humain.

Est-ce que ça suffit pour définir ce camarade comme un monstre ?

Solel : Oui, un petit monstre.

Yassine : ça dépend de comment on parle du monstre. Si on parle du monstre à l’aspect physique, là l’exemple de Solel ne marche pas. Si on parle de l’aspect moral alors ça peut marcher.

Diane : Je ne suis pas d’accord avec Solel. Pour moi, un monstre c’est vraiment très méchant.

C’est quoi alors la différence entre être un monstre et être méchant ?

Diane : Quand on est un monstre on est plus méchant que quand on est juste méchant.

Yassine : Pour moi, il y a une grande différence par rapport aux autres.

Les p’tits philosophes ont ensuite fait un petit exercice philosophique sur les monstres. Pour chacun des cas, Léonie leur demandait s’il s’agissait d’un monstre ou pas…

  • L’ornithorynque, mammifère qui a un corps de loutre, une queue de castor, un bec de canard, des pieds venimeux et pond des œufs :

Diane : C’est pas un monstre, il a tué personne, il a été méchant avec personne. C’est juste son apparence qui fait peur.

Yassine : Le monstre il est anormal, alors que l’ornithorynque, c’est quelque chose de normal car tous les autres de son espèce sont comme ça. Un monstre c’est un cas unique, très rare.

Colin : Pour moi, ce n’est pas un monstre car personne ne sait son caractère et s’il pique avec ses pattes venimeuses, c’est juste pour se défendre. On ne connait pas son caractère, on ne peut pas savoir ses intentions, s’il est méchant ou pas.

  • L’homme le plus gros du monde, qui pèse 560kg :

Diane : Il ressemble à un monstre mais il n’a rien fait, il n’a pas fait de mal, il n’a jamais été méchant avec quelqu’un.

Yassine : Si Usain Bolt n’est pas considéré comme monstre, alors l’homme le plus gros du monde non plus. C’est juste quelqu’un qui a battu un record. Il est hors-norme, il a quelque chose que les autres ont mais de façon anormale. C’est la démesure de quelque chose que les autres ont.

Solel : Ce n’est pas un monstre car oui il est très gros mais ça veut pas dire qu’il est forcément monstrueux. Il n’est pas pareil que les autres, il est juste différent.

  • Un meurtrier en série qui a tué beaucoup de gens :

Diane : C’est un monstre. S’il tue les gens, c’est un acte cruel et très méchant. C’est très important pour nous d’être vivant.

Yassine : Il y a aussi de la démesure mais sur ce que les êtres humains font rarement : tuer. Mais surtout, c’est un acte cruel. C’est enlever la chose la plus importante aux êtres vivants.

  • Une mygale :

Colin : Une mygale, c’est juste une araignée. Elle pique c’est tout. On ne sait pas son caractère, il y a des animaux plus terrifiants mais qui ne sont pas des monstres.

Solel : Pour moi, c’est un monstre car je suis arachnophobe.

Yassine : C’est parce que Solel en a peur qu’il dit c’est un monstre.

Un nouveau concept émerge : le concept de peur. Colin et Solel n’ont pas le même rapport avec l’araignée, ce qui fait que l’un la considère comme un monstre, l’autre non…

  • Un énorme lion qui terrorise un village en attaquant ses habitants :

Diane : Les animaux ne sont pas des monstres. Par exemple, les léopards s’ils chassent c’est parce qu’ils ont faim ou qu’ils veulent protéger leurs petits.

Mais pour les villageois, ce lion est-il un monstre ?

Colin : Oui, car comme il les terrorise, ils ont un autre point de vue du lion. Pour les villageois, c’est un tueur qu’il faut éliminer.

  • Un homme qui ne pense qu’à gagner de l’argent :

Diane : C’est pas gentil mais c’est pas un acte de monstre. Un acte de monstre ce serait tuer des gens pour le plaisir. C’est pas assez méchant pour être un monstre.

Colin : Il a juste une ambition qui est de gagner de l’argent. Un monstre il fait des choses plus cruelles que ça. S’il pense qu’à gagner de l’argent, c’est juste son plaisir, son envie.

Est-ce que ça peut devenir monstrueux un homme qui ne pense qu’à l’argent ?

Solel : Oui, avec son argent il peut acheter un fusil et tuer des gens.

Est-ce qu’une personne qui fait du mal aux autres pour son propre plaisir est un monstre ? 

Diane : C’est forcément un monstre car c’est un acte cruel.

Colin : Oui, parce que bien qu’il ait une apparence humaine, il tue des gens et ça c’est un acte monstrueux. Parce que la personne n’a rien demandé et rien fait pour être violemment punie.

Diane : Pour le plaisir, faire mal aux gens c’est pas gentil. Quand c’est pas fait exprès, ce n’est pas un acte méchant. Un acte méchant c’est quand on fait vraiment exprès d’être méchant.

Il y a donc l’intention de faire mal pour être monstrueux !

  • Une mère qui abandonne ses enfants :

Diane : ça dépend pourquoi elle les abandonne. Par exemple, en pleine guerre, c’est pas un monstre. Une mère n’abandonne jamais ses enfants comme ça, c’est impossible. Ce qui est possible est que la mère veuille protéger ses enfants. Durant la première guerre mondiale, il y a des enfants qui ont été envoyé dans un autre pays pour les protéger de la guerre. Ça s’appelle pas abandonner ses enfants, mais protéger ses enfants de la guerre. S’il elle les avaient laissés en guerre, ses enfants seraient sûrement morts donc elle a protégé ses enfants !

Colin : Elle a totalement raison. Si c’est pour les protéger, je ne vois pas ce qu’il y a de monstrueux.

Léonie a fait remarquer aux p’tits philosophes que les exemples donnés dans cette exercice philosophique existent alors que ceux qu’ils ont cités au début de l’atelier étaient fictifs.

A partir de la discussion les P’tits philosophes ont ensuite fait un nuage de mots sur les principales caractéristiques du monstre :

La discussion nous a enfin menés à la question du jour : « Sommes-nous des monstres ? »

Colin : On a tous une part de mal en chacun de de nous.

Diane : On n’est pas tous des monstres. Parfois, ça nous arrive de nous bagarrer, d’être méchant. On n’est jamais des monstres. J’ai pas tué de personnes, j’ai pas fait d’actes de monstres.

Solel : On peut être un monstre et on peut ne pas l’être. Tout le monde a une part de méchanceté. Mais cette méchanceté peut apparaître à des moments spéciaux. Cette partie peut ne pas se dévoiler. Si t’es très sage, tu peux résister mais si tu t’embarques dans n’importe quoi, tu peux sortir ta méchanceté.

Léonie leur a raconté le conte amérindien des deux loups. Le voici :

« Un soir, un vieil indien Cherokee raconte à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe chez les gens et lui dit :

Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est le Mal : C’est la colère, l’envie, la jalousie, la tristesse, le regret, l’avidité, l’arrogance, la honte, le rejet, l’infériorité, le mensonge, la fierté, la supériorité, et l’ego.

L’autre est le Bien : C’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la sérénité, l’humilité, la gentillesse, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité, la compassion et la foi. »

Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant et demanda à son grand-père :

Lequel des deux loups gagne ?

Le vieux Cherokee répondit simplement :  Celui que tu nourris. »

Comment peut-on interpréter cette histoire ?

Yassine : Ça veut dire que si tu fais en sorte de faire le bien alors c’est celui qui fait le bien que tu nourris. Mais si tu fais des choses mal, c’est le mauvais loup que tu nourris.  

En dernière activité, les p’tits philosophes ont réfléchi autour de la question du jour : « Est-ce qu’on peut tous être un monstre ? » Pour répondre, ces derniers ont été réparti en deux équipes. L’une composée de Colin et Solel devait donner des arguments en faveur du « oui » ; l’autre équipe composée de Diane et Yassine devait répondre « Non ».

Pour conclure, Léonie a demandé aux p’tits philosophes de donner l’idée qui leur a plu dans l’atelier :

Diane : Pour être un monstre, il faut être méchant et vraiment faire un acte cruel.

Colin : Pour être un monstre, il faut donner plusieurs adjectifs.

Solel : Moi c’est l’exemple du lion, que c’était pas vraiment un monstre.

Et vous, quelle est l’idée qui vous a plu ?

Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 10 avril : « Comment peut-on se sentir chez soi ? »

Le samedi 10 avril, les enfants ont réfléchi sur le sens du Chez-soi dans notre vie. C’est un thème qui n’est pas simple mais qui a été brillamment abordé par nos chers p’tits philosophes ! Voici le cheminement de leur discussion :

C’est où « chez soi » ? 1,2,3 pensez !

Judith : Chez soi c’est chez nous, c’est là où on est, c’est là où on vit, c’est là où on a grandi !

Solel : C’est un endroit où on peut faire des choses. Là où on est bien. Un endroit à nous ou à nos parents.

Colin : C’est un endroit où on aime vivre.

Yassine : C’est un endroit qui nous appartient.

Diane : C’est un endroit où on est chez soi, c’est notre maison. Personne n’a le droit de rentrer chez nous si on ne le veut pas. C’est un endroit où on habite, personne ne peut nous le prendre car c’est à nous, c’est chez nous et on n’a pas le droit de nous voler ça !

Paula : C’est un endroit où on se sent bien. Ce n’est pas forcément là où on habite car on peut se sentir chez soi plus chez nos grands-parents que chez nous. C’est un endroit où on est à l’aise. C’est un endroit qui nous appartient. C’est intime, c’est notre chez nous.

Solel : Je ne suis pas d’accord avec Diane car les voleurs peuvent rentrer chez nous, ils essaient de rentrer chez nous.

Deux chemins de réflexions semblent s’être distingués :

  1. Le chez soi, c’est ce qui nous appartient, c’est à nous : en quoi le chez soi est un endroit qui nous appartient, qu’on possède ?

Paula : On peut se sentir chez soi dans un endroit qui ne nous appartient pas. Si on habite à la campagne et qu’il y a un pré qui appartient à quelqu’un. On peut se sentir chez soi et ça ne nous appartient pas.

Judith : On peut louer un appartement, on peut prêter un appartement, on peut se sentir comme chez soi alors que ce n’est pas vraiment chez nous.

Yassine : Je suis d’accord avec Judith. Il y a une différence entre se sentir chez nous et être chez nous. Un endroit qui ne nous appartient pas, on peut au plus se sentir chez soi, être à l’aise. Mais le chez nous est l’endroit qui nous appartient.

2. Le chez-soi est un endroit où on aime vivre, où on se sent bien, à l’aise. On voit bien une différence entre « être » chez-soi et « se sentir » chez soi : laquelle ?

Quelle(s) différence(s) entre « être » chez soi et « se sentir » chez soi ?

Judith : « Être » chez soi c’est vraiment être chez soi, c’est avoir une maison à nous, quelque chose qui nous appartient. Alors que « se sentir » chez soi, c’est plutôt l’impression d’être chez soi mais ce n’est pas vraiment notre chez soi.

Colin : Je suis d’accord avec Judith, « être » chez soi c’est habiter dans une maison. « Se sentir » chez soi, c’est quelque part, c’est quand tu aimes cet endroit, tu te sens chez toi, tu es à l’aise.

Yassine : « Se sentir » chez soi, c’est être à l’aise dans un endroit.  « Etre » chez soi ce n’est pas forcément être à l’aise dans cet endroit mais être dans un endroit qui nous appartient.

Paula : Je suis d’accord avec Judith. Etre chez soi c’est être dans l’endroit qui nous appartient et se sentir chez soi. Par exemple on a une amie qui est très proche et on va souvent chez elle et donc on se sent chez soi quand on est chez elle.

On peut donc se sentir chez soi ailleurs que chez soi ? Vous avez des exemples ?

Clarisse : Quand on est chez des amis, et que c’est agréable d’être chez eux, c’est comme si on était chez nous.

Et à l’inverse, est-ce que chez soi, on peut ne pas se sentir chez soi ?

Diane : On peut ne pas se sentir chez soi chez nous car on n’aime pas notre maison. On en préfère une autre, on a vraiment envie de changer. On se sent chez soi quand on aime l’endroit où on habite.

Paula : Souvent, quand on déménage mais que nous on n’avait pas envie. On déménage dans un endroit, où on ne va peut-être pas se sentir chez soi. Si on reste longtemps, normalement on va se sentir chez soi. Si on vient juste de déménager, on peut ne pas se sentir chez soi.

Le temps peut nous donner le sentiment d’être chez soi ?

Colin : Moi je pense que ce n’est pas forcément le temps. Je suis en train de déménager, je me sens ici, je me sens chez moi car on a un jardin, on a beaucoup de choses, on s’amuse.

Yassine : Moi je suis un peu d’accord avec Paula. Le temps joue mais il faut juste qu’on s’adapte à un endroit. C’est l’adaptation, le fait d’avoir l‘habitude d’y être qui donne le sentiment d’être chez soi.

Diane : Je ne suis pas d’accord avec Paula car j’ai une copine qui a eu envie de déménager car elle n’aimait pas sa maison.

Paula : Quand je disais ça, je disais ça quand on adore sa maison et qu’on n’avait pas envie de la quitter. On peut avoir envie de déménager bien sûr.

Solel : Je suis entièrement d’accord. On peut quitter et on s’habitue avec un peu de temps, beaucoup de temps, directement…ça dépend ! On a toutes nos habitudes dans la maison.

Paula : Quand on n’a pas envie de déménager parce qu’on a beaucoup d’amis et qu’on n’a pas envie de les quitter. Si on habite en ville et qu’on déménage à la campagne, pour voir nos amis, ce sera plus compliqué.

On a donc pu constater qu’il y a une grande différence entre la réalité (« être chez soi ») et le sentiment (« se sentir chez soi »). Il y a d’autres moments de la vie où on peut rencontrer cette différence. Par exemple, « être » libre et « se sentir » libre. Les enfants, est-ce que vous avez d’autres exemples ?

Diane : « être » propre et « se sentir » propre.

Clarisse : « être » à l’école et « ne pas se sentir » à l’école. Par exemple, pendant le confinement, quand c’est l’école à la maison, on ne se sent pas vraiment à l’école !

Judith : « être » rigolo et « se sentir » rigolo.

Paula : « être » sympathique et se « sentir » sympathique.

Yassine : « être » malade et se sentir malade.

Clarisse : « être » avec un ami et « se sentir » avec un ami.

Parfois dans la vie, il faut quitter notre chez soi. Vous avez d’ailleurs parlé du déménagement. Avez-vous d’autres exemples de moments où il faut quitter notre chez soi ?

Clarisse : Si notre maison est en feu, il faut quitter notre chez soi.

Paula : Quand on doit partir en vacances.

Diane : Aller à une soirée pyjama avec ses meilleures copines.

Colin : Pour les vacances, on revient, comme les soirées pyjamas !

Bonnie : Pour fuir la guerre.

Colin : ça s’appelle la migration

Clarisse : S’il y a une inondation et il qu’il faut qu’on parte.

Yassine : Quand on est expulsé de chez nous.

Diane : Quand on est dans une tombe parce qu’on est mort.

Vous avez parlé de la migration en tant de guerre. On quitte non seulement sa maison mais aussi son pays. Une personne qui arrive dans un nouveau pays, va-t-elle se sentir chez elle ?

Colin : Elle ne va pas ses sentir chez elle au début car elle ne connait forcément pas le pays car elle vient d’arriver. Elle ne sait pas ce qu’on peut faire et ce qu’on ne peut pas y faire.

Yassine : Je suis d’accord avec Colin. C’est surtout le fait de connaître, de comprendre aussi le lieu qui va permettre de se sentir chez soi.

Diane : On ne peut pas se sentir chez soi. Si on va dans un autre pays, on ne peut pas parler la même langue. On est toujours gêné parce qu’on ne connait pas la langue. On ne peut pas se sentir chez soi quand on ne connaît rien, quand on ne sait sur ce pays.

Clarisse : Pour se sentir au maximum chez soi, il faut ramener quelques affaires comme des doudous. On décore comme c’était chez nous et on essaye d’aller chez des amis qu’on connait.

Une expérience de pensée a ensuite été proposée aux p’tits philosophes :

Imaginez demain qu’on doit quitter notre planète terre et partir sur une autre planète car la nôtre a été totalement détruite par la pollution, l’industrie, les caprices et l’orgueil des humains. La planète où on doit aller ressemble à la planète Terre, on peut y vivre tranquillement. Tous les humains vont partir ensemble sur cette nouvelle planète, ils vont migrer. Tous les gouvernements, tous les états du monde ont décidé que chaque humain sur cette nouvelle planète aurait une grande boîte de 30 m² dans laquelle il pourrait vivre. Chacun aura donc un nouveau chez soi.

A partir de cette expérience de pensée, les p’tits philosophes ont écrit sur des morceaux de papier qu’ils ont glissé dans leur boîte, ce qu’ils pourraient bien amener pour qu’ils puissent se sentir chez eux dans ce nouveau lieu.

A la suite de cela, ils devaient classer du plus important au moins important les éléments de leur liste pour se sentir chez soi.

Que remarquez-vous dans votre hiérarchie ?

Bonnie : On a un peu tous mis notre famille !

Et, qu’est-ce que ça veut dire ?

Paula remarque que tout ce qu’on a mis, c’est ce qu’on aime le plus et ce qu’on n’aimerait pas quitter.

Pour se sentir vraiment chez soi, il faudrait donc être avec ce qu’on aime le plus… belle idée ! Bravo les p’tits philosophes pour cette superbe discussion ! On se retrouve le samedi 15 mai pour un nouvel atelier autour de la question : « Sommes-nous tous des monstres ? »

Atelier de révisions du bac le jeudi 22 avril, 14h30 à la médiathèque de Romainville !

Bonjour à toutes et à tous,

Comme chaque année, la Maison de la Philo propose une aide aux lycéens dans la préparation de l’épreuve de philosophie au baccalauréat. A ce titre, nous proposons un atelier de révisions le jeudi 22 avril à 14h30 à la médiathèque Romain Rolland de Romainville (où nous pourrons vous accueillir dans le respect des mesures sanitaires).

Au programme : aide à la méthodologie de la dissertation et du commentaire de texte et accompagnement autour des notions, auteurs et textes philosophiques.

Les places étant limitées, nous vous demandons de vous inscrire par mail à l’adresse maisondelaphilo@ville-romainville.fr ou en nous appelant au 01 71 86 60 20.

Demeurant disponibles pour tout renseignement.

Salutations philosophiques !

La Maison de la Philo

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