Les Rendez-vous des P'tits Philosophes, Paroles d'enfants, Paroles de philosophes, Philo pour enfants

Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 20 mars : Les robots sont-ils libres ?

C’est samedi 20 mars les petits philosophes se sont réunis autour d’un objet de pensée inhabituel : les robots. A partir d’eux, ils ont exploré plusieurs notions et questions philosophiques. Voici le chemin parcouru ensemble :

Quelles sont les différences entre un humain et un robot ?

Les petits philosophes ont partagé leurs pensées et il en a découlé le tableau ci-dessous.




Pourquoi les humains construisent des robots ?
 
Paula a proposé une première hypothèse : parce que les humains, pas tous mais la plupart, pensent que les robots peuvent les aider à vivre.
 
Pacôme a développé : les humains construisent des robots pour faire, pas tout, mais beaucoup de choses à leur place.
 
Kaïs a interprété : les humains construisent des robots pour se faciliter la vie.
 
Diane a donné un exemple : pour la cuisine par exemple, on a besoin de robots.
 
Les petits philosophes ont alors cherché des exemples de robots facilitateurs pour les humains :
 
Diane en a proposé un premier : la machine à laver par exemple c’est un robot qui nettoie les habits à notre place.
 
Paula a suivi : le lave-vaisselle pour nettoyer ou encore la voiture pour se déplacer.
 
Tessa a alors commencé à problématiser : la machine à laver, le lave-vaisselle ou la voiture, je dirais que ce ne sont pas trop des robots mais plutôt des machines.
 
Quelle serait donc la différence entre un robot et une machine ?
 

Tessa a proposé un premier élément de distinction : Un robot serait autonome, il ferait les choses seul alors que la machine aurait besoin de l’humain pour fonctionner.
 
Yassine a alors poursuivi le questionnement : le robot n’est pas autonome, il fait ce que l’humain lui demande, il ne réfléchit pas, l’humain le programme pour que quand on lui demande de faire, il le fasse seul. Mais un robot sans l’humain, il ne fonctionnerait pas.
 
Paula a proposé un exemple pour préciser la distinction : la tondeuse c’est une machine mais il y a aussi des robots tondeuses. Ils ont tous les deux besoin de l’humain pour être créés mais, le robot-tondeuse peut se débrouiller tout seul alors que la machine-tondeuse, elle, aura besoin de l’homme.
 
Tessa a développé : les robots, ce n’est pas qu’ils sont plus dangereux mais ils sont plus risqués que les machines. Les robots comme ils sont autonomes, ils peuvent faire n’importe quoi parfois. La machine, la voiture par exemple, tu tiens son volant, tu restes au-dessus d’elle, alors que le robot, il fait seul et peut-être même que dans quelques années les robots pourront nous dépasser.
 
Paula a complété : la voiture par exemple nous la commandons, nous tenons le volant, donc ce n’est pas elle qui nous commande. Alors que les robots on ne les commande pas vraiment ils font seuls.
 
Yassine a nuancé : la seule différence entre un robot et une machine c’est comment on les a programmés. Le robot, on l’a créé pour qu’il fasse seul, alors que la machine on l’a créée pour qu’elle soit manuelle.
 

Suite à cet échange une proposition de synthèse a été faite : Le robot serait un type de machine que l’humain a programmé pour pouvoir agir tout seul, faire une action à notre place, même quand on n’est plus là.
 
Après avoir distingué le robot de l’humain puis le robot de la machine, les petits philosophes ont découvert la question du jour : les robots sont-ils esclaves des humains ou ont-ils des libertés ? Les robots sont-ils libres ?

 
Diane a proposé deux libertés : ce que les robots sont libres de faire c’est de savoir ce qu’ils vont faire pendant que l’humain les contrôlent. Parce que l’humain, il l’active et il le démarre après le robot il fait ce que l’humain lui demande de faire mais il le fait comme il le veut. Ils ont cette liberté pendant que l’humain les contrôlent : le robot a la liberté de faire ce qu’il a envie de faire pour faire ce que l’humain lui demande.
 
Paula a développé l’idée inverse : le robot, il n’a pas vraiment de moments de liberté, il ne peut pas faire ce qu’il veut. Il n’a pas besoin de moments pour s’amuser, il n’a pas besoin d’aller au cinéma, de manger des glaces ou de jouer avec ses amis ; il n’a pas besoin de tout ça parce qu’il a justement été programmé juste pour travailler. Comme c’est un robot et pas un être humain, il ne ressent pas tout ce qu’on ressent et donc il s’en fiche complètement de pas avoir de liberté, il ne sait même pas que ça existe.
 
Yassine a poursuivi : le robot fait bêtement ce qu’on lui demande de faire, il ne le fait pas à sa façon, il est programmé pour le faire d’une façon précise. Il ne va jamais vraiment choisir.
 
Pacôme a, à son tour, complété : les robots n’ont pas de cerveau, ils ne peuvent pas réfléchir et ils ne peuvent pas ressentir le fait qu’ils ne sont pas libres.
 
Diane a alors proposé une nouvelle idée : les robots, ils ont été créés pour faire du travail et pour eux le travail c’est la liberté. Ils n’ont pas été programmé pour s’amuser, pour jouer, pour se faire des amis, ils ont été programmés pour travailler.
 
Paula : les robots ne peuvent pas ressentir, ce sont des robots, ils n’ont pas de cœur, pas de pensée, ils ne connaissent pas la liberté.
 
Et si on programmait un robot intelligent, capable de réfléchir et ressentir des émotions : est-ce qu’ils pourraient ressentir leur absence de liberté ?
 
Diane a proposé une première idée : le robot a toujours été programmé pour quelque chose, même s’il est intelligent, il est intelligent que pour ce qu’il a été programmé. Il ne sera jamais vivant et il ne pourra jamais ressentir.
 
Pacôme a interrogé un présupposé de la question : un robot ne sera jamais intelligent, même pour ce qu’on lui a demandé.
 
Paula a proposé : ce sera toujours nous qui l’aurons programmé, c’est nous qui aurons décidé pour lui, il ne sera jamais libre.
 
Imaginons qu’on construise des robots en leur donnant des libertés, est-ce que ce sera de vraies libertés ?
 
Diane : On l’aura programmé pour avoir des libertés. La liberté ce sera ce qu’on lui aura programmé de faire.
 
Yassine : si la liberté c’est avoir le choix, laisser le choix au robot ce serait lui permettre d’être en partie libre.
 
Les petits philosophes ont alors découvert quatre robots imaginés pour l’atelier, pour lesquels ils devaient définir ensemble s’ils étaient libres ou non.

Robot 1 : Robert la cafetière. C’est un grand robot rouge et noir. Il a été construit par Jean-Claude, un architecte d’intérieur accro au café. Son robot a été programmé pour faire automatiquement 6 cafés par jour, toujours les mêmes, aux mêmes horaires : 7h-9h-11h-13h-15h-17h. Robert la cafetière est-il libre ?
 
Robot 2 : Umberto l’aspiro. Ce robot-ci, petit, jaune et rond, a été construit par Monsieur et Madame Fernand pour aspirer le sol. Il est programmé pour aspirer le sol, dès qu’il voit des poussières au sol. Dès qu’il y a un obstacle face à lui, il est programmé pour pouvoir choisir entre tourner à droite, tourner à gauche et reculer. Umberto l’aspiro est-il libre ?
 
Robot 3 : Caliste l’artiste. C’est un beau robot de toutes les couleurs, qui a été construit par Violette, une artiste qui ne pouvait plus peindre à cause de son arthrose. Elle lui a donné une mémoire et lui a appris tout ce qu’elle sait sur la peinture : la façon de construire la perspective, le choix des couleurs, les techniques, le style de grands peintres comme Van Gogh ou Picasso. Violette a programmé son robot pour peindre un tableau par semaine. Ensuite, Le robot peut donc peindre de façon autonome : elle peut choisir ce qu’elle peut parmi ce qu’elle connaît, choisir les couleurs à partir de celles qu’elle connaît, il peut choisir son style parmi les styles qu’il connaît. Il peut peindre à son rythme, du moment qu’il fasse un tableau par semaine : il peut peindre beaucoup le matin, et se reposer l’après-midi, il peut peindre beaucoup le lundi et le mardi, et puis plus du tout.
 
Robot 4 : Juliette la Pipelette a été construite par Siméon, un journaliste qui adore converser, discuter, bavarder. Parfois la journée, il s’ennuyait (et son mari devait aller travailler, donc il se retrouvait tout seul), donc il a décidé de créer un robot avec lequel il pourrait parler. Il lui a donc donné une mémoire et lui a appris tous les mots de la langue française. Il lui a lu mille livres sur des sujets divers (histoire, littérature, art, etc.), tous les sujets qu’il aime. Il lui a appris à discuter. Depuis, Juliette la Pipelette discute avec Siméon dès que celui-ci en a envie : elle peut réagir à sa façon, elle crée des phrases, elle a le droit de changer de sujet, de s’énerver, de faire des blagues. Juliette la Pipelette est-elle libre ?

Au plaisir de vous retrouver pour le prochain rendez-vous !

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Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 13 mars : “Quelle différence entre parler et agir ?”

Les P’tits philosophes se sont retrouvés le samedi 13 mars pour réfléchir autour de deux concepts : « PARLER » et « AGIR ». Léonie leur a donc demandé à quoi leur faisait penser chacun de ces deux concepts. Chaque enfant devait proposer un mot pour « Parler » et un mot pour « Agir ».

Voici en image leurs nuages conceptuels :

Léonie a ensuite mis sous les yeux des enfants une expression qui aborde justement ces deux concepts :

« C’est plus facile à dire qu’à faire »

Que signifie-t-elle ?

Paula : Le jeudi soir, je fais du théâtre. On se dit que c’est facile à faire mais une fois sur la scène, c’est beaucoup plus difficile.

Diane : C’est quand on a un peu peur de faire ça. Quand on fait, on a peur. Mais quand on le dit, on n’a pas peur.

Héloïse : Quand on voit ce qu’on lit dans un livre, dans la vraie vie, c’est plus compliqué.

Orphée : Quand on dit, on a juste besoin de la parole.

Tessa : Pour faire, on a besoin de courage, de notre corps et de la parole.

Diane : Pour faire, on a besoin de bouger, de faire de l’action, de parler.

Héloïse : Cette expression est souvent utilisée. Quand je dois ranger ma chambre, dans ma tête, c’était facile, mais en vrai, ça prend beaucoup de temps.

Cette expression part d’un présupposé. Colin se lance pour rappeler ce que le mot « présupposé » peut bien vouloir dire : « c’est quand on dit quelque chose et qu’il y a une idée derrière ».

Dans l’expression « C’est plus facile à dire qu’à faire », que peut-on donc sous-entendre ? Selon Yassine, ça veut dire que « faire » c’est plus compliqué et que « dire » c’est plus facile. On peut donc se poser la question suivante : « Est-ce plus facile de dire que de faire ? »

Léonie a présenté aux enfants des situations tirées d’un magazine de philosophie pour enfants Philéas et Autobule. Des situations d’interaction entre plusieurs personnages étaient représentées avec des bulles de parole. Mais ces bulles n’étaient pas à la bonne place ! Les enfants devaient donc expliquer chaque situation, remettre les bulles correspondantes à leur place et répondre à la question « Qu’est-ce qu’on peut faire en parlant ? » Voici quelques réponses à la question :

  • Diane : Elle sert à dire ce qu’elle a envie d’avoir.
  • Héloïse : à mentir
  • Colin : ça sert à s’échanger des informations
  • Tessa : à exprimer ce qu’on pense et à se faire des amis.
  • Paula : à exprimer sa tristesse
  • Héloïse : à faire la morale, gronder.
  • Colin : à se plaindre
  •  Héloïse : à se défendre
  • Tessa : à s’excuser

Cette activité nous a permis d’arriver à une grande question : « Notre parole peut-elle avoir un effet sur le monde ? »

Diane : Les animaux ont un langage qui leur servent à communiquer et d’avoir un mode de vie plus clair. Du coup, c’est pareil pour nous.

Héloïse : ça dépend de qui on est dans le monde. Si on est quelqu’un comme nous – des enfants – notre parole, elle ne vaut rien comparée au président, on n’exprime pas grand-chose.

Diane : Je suis d’accord avec Héloïse. Il y a quand même certaines choses qu’on peut exprimer qui sont importantes.

Tessa : Je suis d’accord avec Héloïse. La parole de nous – les enfants – est importante dans l’humanité car ça fait partie de notre avenir. Si on se met tous ensemble à parler devant le président, on pourrait arrêter de mettre des déchets par terre. La parole des enfants pour l’avenir est très importante.

Paula : Comme on est des enfants et qu’on n’est pas célèbre dans le monde, il n’y a que nos amis et notre famille qui nous connaissent : notre parole peut être importante qu’auprès d’eux. Mais notre parole dans le monde elle ne va pas se faire entendre. Le président, comme il a été élu, il va pouvoir parler et que tout le monde l’entende à la télé, la radio, etc. Moi je ne vais pas passer à la télé et à la radio parce que j’ai dit quelque chose. Ça dépend ce qu’on fait dans la vie. On pourrait quand même essayer de faire un effet sur le monde. Ce n’est pas parce qu’on est juste des enfants et pas célèbres qu’on ne pourrait pas faire un effet sur le monde. Peut-être qu’au fur et mesure qu’on dit des choses, on pourrait être célèbre.

A-t-on besoin d’être célèbre pour que notre action ait un effet sur le monde ?

Yassine : Pour que la parole soit importante, il faut aussi une action par rapport à ça. L’action c’est connaitre la personne. Du fait que les autres connaissent cette personne, sa parole est importante. Donc la parole ne peut pas être importante (ou difficilement) sans action.

Paula : Si on ne parle pas et qu’on ne fait pas d’action, notre parole n’aura pas d’importance pour les autres. Si on veut qu’on nous écoute, il ne faut pas se dire « On ne va pas m’écouter car je ne suis pas célèbre. Je ne suis pas importante face au président », sinon notre parole n’aura pas d’importance. Pour que notre parole ait de l’importance, il faudrait faire des choses pour qu’on nous entende.

Pour qu’on nous entende il faudrait faire des choses : la parole aurait alors besoin de l’action ?

Tessa : On n’est pas obligé d’être célèbre pour faire passer la parole, on peut faire passer la parole avec beaucoup de personnes. J’ai fait une manifestation pour le climat aux Champs-Elysées, j’ai fait passer ma parole avec des milliers d’autres personnes. T’es pas obligé d’être célèbre pour faire passer ta parole.

Dire dans ce cas c’est toujours plus facile que faire ?

Colin : Pour moi, c’est plutôt difficile. Parler en public sur un truc où tout le monde n’est pas d’accord, où ça risque de poser problème, c’est plutôt difficile.

Héloïse : Notre parole n’a pas un poids si on ne fait rien. Greta Thunberg a commencé par parler, après elle a agi car on ne l’écoutait pas, elle a fait une grève tous les jours. Si elle n’avait pas fait d’action, on ne l’aurait jamais écoutée.

Sa parole était-elle déjà une action ?

Héloïse : Dire c’est déjà aussi faire quelque chose.

Judith : On n’est pas obligé d’être connu pour parler devant plusieurs personnes. Notre parole peut avoir des effets sans être connu.

Léonie a demandé en guise de bilan de l’atelier quel est le mot ou l’idée qui a marqué chaque enfant de l’atelier.

Pour Tessa, c’est qu’on n’est pas obligé d’être connu pour dire ce qu’on veut exprimer.

Pour Solel et Paula c’est le mot « parole » qui semble important.

Pour Colin, c’est qu’on peut changer le monde en parlant et l’appliquer.

Pour Héloïse, on a beau être jeune, notre parole peut être écoutée si on fait une action avec.

Pour Diane, notre parole peut être écoutée même si on n’est pas connu.

Enfin, Yassine propose le mot « Parler » car on a parlé à propos de la parole et on en a conclu pleins de choses !

Eh bien, merci aux p’tits philosophes pour ces belles paroles !

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Le rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 6 mars : “Que gagne-t-on en travaillant ?”

Le samedi 6 mars, Yassine, Paula, Pacôme, Paula, Bonnie, Orphée, Solel, Diane ont réfléchi sur le thème du travail.

« Que gagne-t-on en travaillant ? » était en effet la question proposée par le programme.

Julia, qui animait cet atelier, a d’abord commencé par demander aux enfants ce qu’était pour eux, la philosophie.

Pour Pacôme, la philosophie, c’est « quand on réfléchit sur une grande question et que ça en fait pleins de petites ». Pour Solel « il n’y a pas de mauvaises réponses en philosophie mais parfois il y a une petite question et au fur et à mesure il y a une grosse question. »

Pour Orphée, la philosophie, «  c’est des questions et jamais on trouve ce qui est bon, on trouve jamais de réponse ». Solel complète l’idée d’Orphée en précisant qu’on peut trouver des réponses mais « pas totalement ».

Paula dit que la philosophie, c’est « réfléchir à une grande question et on en discute. »

Bonnie pense « qu’on pose des questions, et qu’on va donner des exemples. »

Pour Yassine, la philosophie, « c’est quand on discute sur une grande question et il n’y a jamais une seule réponse ». Pour Diane enfin, philosopher c’est « réfléchir à des questions qu’on se pose sur la vie. »

Julia installe la discussion en demandant aux enfants :

Qu’est-ce que ça veut dire pour vous, “travailler” ?

Orphée prend la parole : « Quand on est pauvre, on travaille pour être riche et pour ne pas mourir de faim. »

Diane exprime une idée proche et complète : «  Je crois que quand on travaille c’est pour avoir des sous, pour ne pas avoir de problèmes de santé et ne pas mourir de faim.”

Pour Solel aussi, « travailler ça sert à avoir de l’argent » mais il développe cette idée et en ajoute au autre : « du coup ça sert à avoir une maison, partir en vacances, payer le médecin. Travailler c’est aller à un endroit particulier sauf si on télétravaille. Travailler c’est faire quelque chose sur une feuille ou sur un ordinateur. On peut devenir soit salarié soit chef. Et gagner ou pas de l’argent.”

Pacôme est d’accord avec Solel mais il nuance en disant que « le travail, ce n’est pas que gagner de l’argent. Travailler ça veut dire apprendre, gagner sa vie aussi. Tout le monde travaille. »

Paula amène ensuite une nouvelle idée : « Quand on travaille, ce n’est pas obligé d’être riche. Nous on travaille à l’école et on n’est pas riche. »

Yassine rebondit sur cette idée : « Travailler, c’est faire une chose que l’on nous a demandé de faire. A l’école, on travaille parce que l’on nous demande quelque chose ».

Pour Paula, « travailler, ça demande de l’effort. »

Julia a ensuite proposé des situations aux enfants afin qu’ils déterminent s’il s’agissait ou non du travail. Cela afin qu’ils se demandent si travailler, c’était lié à l’école, à un métier ou si c’était un peu plus large. Remplir un cahier de vacances ? Faire le ménage ? S’occuper des enfants ? Jouer aux échecs ? Peut-on appeler ça du travail ?

  • REMPLIR UN CAHIER DE VACANCES :

Orphée : Oui, quand on fait un mouvement, c’est aussi travailler.

Diane : On fait travailler son corps.

Paula : C’est travailler mais en s’amusant car il y a des jeux dedans

Pacôme : C’est pas comme à l’école même si à l’école y’a du travail ludique parfois.

  • FAIRE LE MENAGE :

Orphée : Pour moi, comme c’est bouger son corps, c’est travailler, car c’est faire bouger ses muscles. Toute la vie on travaille.

Diane : C’est du travail, et les femmes de ménage elles travaillent.

Solel : Les femmes de ménage on les paye, c’est beaucoup de travail !

Paula : C’est pas obligé que ce soit un métier. Mon père il a fait le ménage, il a passé l’aspirateur. On fait le ménage sans être payé même si c’est un travail.

  • S’OCCUPER DE SES ENFANTS :

Diane : C’est du travail car parfois on ne peut pas faire autre chose quand on s’occupe de ses enfants.

Orphée : C’est à la fois travailler de son métier et s’occuper de ses enfants. Quand c’est un bébé, c’est très dur.

Pacôme : C’est du travail, surtout quand tu as beaucoup d’enfants, car ils se disputent, tu dois faire le repas, le linge…

Julia : Quand on est obligé, c’est du travail ?

Yassine : On doit le faire et on le fait, donc c’est du travail

  • JOUER AUX ECHECS :

Yassine : C’est s’amuser, car on n’est pas obligé.

Diane : Quand on a envie de jouer, quand on est en train de jouer, on travaille sa mémoire. Jouer aux échecs c’est travailler. Il faut réfléchir pour choisir des tactiques etc. travailler dans notre tête.

Yassine : On peut ne pas jouer de manière stratégique. Comme on n’est pas obligé de le faire, ce n’est pas du travail !

Paula : Les échecs, c’est un jeu où il faut vraiment réfléchir.

Orphée : Pour les échecs, il faut faire travailler ses muscles : les doigts et le cerveau.

Puis les enfants ont regardé deux vidéos pour approfondir leur réflexion : un extrait de  « Les Temps modernes » de Charlie Chaplin et un extrait de « Monstres et Cie ». A partir de ces images, ils devaient repérer ce qui était différent entre ces deux situations et réfléchir à ce qui pouvait poser problème dans le travail.

  • « Dans les vidéos on apprend que parfois le travail c’est facile et parfois c’est très dur. » Orphée
  • « Dans la première vidéo, ils étaient dans une usine. Ils étaient pas exploités mais… je ne sais pas… être exploité, c’est être mal payé pour un travail très dur. » Paula
  • « Le patron a la tache la plus difficile parce qu’il fait travailler toutes les personnes de l’usine. » Diane
  • « C’est pas le patron qui travaille le plus ! Il reste sur son fauteuil et fait des puzzles -j’imagine qu’il est bien payé -et les autres travaillent beaucoup -j’imagine qu’ils sont peu payés ! » Paula

Julia interroge :

Qu’est-ce qui peut poser problème dans le fait de travailler ?

  • “Ça peut être trop dur. Tu peux te faire renvoyer » Pacôme
  • “Souvent, il y a des personnes qui sont exploitées dans les usines. On les menace pour qu’ils travaillent très bien.” Paula
  • “Parfois c’est dur le travail et on a même mal.” Orphée
  • “C’est pas juste. C’est pas bien si au travail on nous fait mal.” Diane
  • “Des fois y’a des gens qui fouettent les autres personnes.” Bonnie
  • “Y’a des pays où les enfants fabriquent des chaussures, en Thaïlande par exemple. Ils sont très peu payés.” Paula
  • “Les esclaves souvent ils ne sont pas payés. Les autres ils sont payés mais pas beaucoup.” Paula

Julia demande : Est-ce que parfois le travail ça peut être plaisant ?

Diane fait un lien avec l’extrait des Temps Modernes : « Oui, le monsieur il jouait au puzzle ! On peut s’amuser ! »

Paula ajoute : « On peut aussi rencontrer des amis, nous à l’école mais aussi quand on a un métier. »

QUE GAGNE-T-ON EN TRAVAILLANT ?

Pacôme : Tu gagnes de l’argent, de l’apprentissage, des découvertes.

Orphée : Tu peux gagner ce que tu veux parfois… Gagner des médailles, un lingot d’or

Solel : On peut gagner de l’argent mais aussi de l’intelligence.

Diane : On gagne sa vie quand on travaille.

Julia : ça veut dire quoi  “Gagner sa vie” ?

Diane : ça veut dire qu’on arrive à faire ce qu’on a envie de faire.

Paula : Gagner sa vie c’est pouvoir se payer à manger, avoir un toit… on peut aussi gagner de l’amitié, on apprend aussi quand on travaille.

Julia : Est-ce qu’on peut gagner du bonheur en travaillant ?

Diane : Oui, on peut souvent quand on choisit son métier.

Solel : Si quelqu’un choisit un travail à ma place, je peux le découvrir et être heureux de faire ce travail.

Pacôme : Tu peux tomber sur le travail que tu pouvais faire et être heureux.

BRAVO LES PETITS PHILOSOPHES ! A la semaine prochaine !