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Bilan de l’animation “Philo’Ville – Deuxième Edition” du Club des Jeunes Penseurs

Deuxième édition de l’animation “Philo’Ville” au Club des Jeunes Penseurs !

Il y a deux années de cela, nos jeunes penseurs âgés de 12 à 16 ans avaient expérimenté l’animation “Philo’Ville” du Pôle Philo (fiche Pôle Philo : https://www.calbw.be/sites/default/files/philoville.pdf / CR de l’animation : https://maisondelaphilo-romainville.org/2021/04/10/philoville-une-ville-imaginee-par-nos-jeunes-penseurs/).

Et ils ont formulé le souhait de renouveler le dispositif cette année ! Sur plusieurs séances, les jeunes penseurs ont donc proposé des lois en fonction des domaines dont ils étaient représentant pour une ville fictive : “Philo’Ville”.

Chaque proposition de loi devait être discutée et soumise à l’épreuve des habiletés de penser :

  • Dégager une conséquence : “Si… alors…”
  • Trouver un exemple
  • Donner un argument pour
  • Donner un argument contre
  • Définir un mot
  • Poser une question
  • Trouver une exception

Nous ne pouvions passer à la proposition de loi suivante qu’à la condition de mobiliser, au cours de la discussion, 6 interventions pertinentes et 4 habiletés de penser différentes.

En fonction des échanges, les jeunes penseurs ont retravaillé leur proposition de loi initiale pour en proposer une définitive qui sera soumise à un vote.

Voici les lois proposées par nos jeunes penseurs :

  • Sports et loisirs ⚽️🤾‍♀️💃🤹‍♀️“Mettre en place des journées (environ 1 par mois) où l’on pourrait essayer différentes activités avec un professeur sans engagement à l’année. Les profs pourront être bénévoles et les activités auront lieu en été sur une grande place et en hiver dans une grande salle qui puisse accueillir tout le monde. Ce seront principalement des activités sportives et artistiques.”
  • Sécurité 👮‍♀️👮‍♂️“Construire la plus grande prison de la région Île-de-France à l’aide de subventions et loin des habitations, tout en respectant l’écologie.”
  • Culture 🎭 🎨 🎬 🎼 “Mettre en place des panoramas sur la ville pour l’observer. Créer un observatoire pour observer l’espace. Installer des panneaux d’information sur les différentes étoiles.”
  • Famille 👶👵👴 Une aide financière sera reversée aux familles monoparentales dans le besoin.”
  • Santé 👩‍⚕️👨‍⚕️💊💉“Organiser des ateliers sur le thème de la santé, des métiers de la santé et de la prévention. Tous les animateurs seront soit médecins, soit professeurs, en accord avec leur emploi du temps.”
  • Education 🏫👩‍🏫👨‍🏫Des cours particuliers seront mis en place pour des élèves ayant des difficultés financières et scolaires. Ces cours seront assurés par des personnes volontaires qui auront fait des études.”
  • Emploi 👷‍♀️👩‍💻👩‍⚖️ “Augmenter les salaires des métiers les moins rémunérés, qui n’ont pas plus de 2000€ par mois (et surtout pour les métiers difficiles !).”

C’est Clémence, représentante du domaine “Sécurité” qui a été la plus convaincante pour sa proposition de loi ! Bravo Clémence !!

A partir de l’expérience de Philo’Ville, les Jeunes Penseurs ont été invité à faire un retour méta réflexif sur le jeu et à formuler une affirmation sur son sens, en complétant la phrase : “Ce jeu veut nous dire que…”

Voici leurs affirmations :

  • Ce jeu veut nous dire que dans la vie, ce ne sont pas forcément les meilleures idées qui sont choisies, mais celles qui suscitent des émotions à un instant T.”
  • Ce jeu veut nous dire que derrière toute loi, se cache une potentielle aide qui nous pousse à imaginer plusieurs possibilités bonnes comme mauvaises.”
  • Ce jeu veut nous dire qu’on est tous capables d’inventer nos lois.”
  • Ce jeu veut nous dire que dans la vie, il peut y avoir des lois justes et injustes et pareil pour les votes.”
  • “Ce jeu veut nous dire que les meilleures idées ont un prix.”

Nos jeunes penseurs sont de grands citoyens !

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Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 15 octobre : “Pourquoi on ne sait pas l’avenir ?”

Le groupe des P’tits Philosophes du samedi matin s’est réuni pour mener une discussion à partir d’une question qu’ils ont proposée et choisie collectivement à l’issue d’un vote :

Pourquoi on ne sait pas l’avenir ?”

A la suite de l’échange, les enfants ont matérialisé une idée qu’ils ont jugé importante par rapport à la discussion et à la question de départ.

En images les fruits de leurs idées accrochés sur notre arbre de la pensée philosophique… !

Merci les P’tits Philosophes pour ce début d’année d’ateliers philo ! Prochaine séance après les vacances, le samedi 12 novembre à 11h !

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Retour en images des Banquets Citoyens !

Du 19 au 22 juillet, la Maison de la Philo a retrouvé les romainvillois.es en pieds d’immeubles des quartiers Cachin, Bas-Pays, Trois communes et Gagarine 🏦 A l’initiative des centres sociaux, des banquets citoyens ont été menés en soirée, 🌜 l’occasion de nouer un lien avec les habitant.es autour d’un repas festif 🍽

Des thématiques fortes y ont été abordées : Est-ce toujours facile de vivre ensemble ? Qu’est-ce qui peut nous donner du pouvoir ? D’où viennent nos préjugés ? Faut-il parfois désobéir ? 🗣💭🗯

Un moment de décélération qui a permis de faire naître des dialogues conviviaux 💬

Merci aux centres sociaux de la ville et aux romainvillois.es !

📸 Voici quelques captures de ces instants…

Photos prises par Juliette Hélaine

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Compte-rendu du Club des Jeunes Penseurs du vendredi 18 février : “Sophistes vs. Philosophes !”

Le vendredi 18 février, au moment où les jeunes penseurs de 11 à 16 ans venaient tout juste d’être en vacances, ces derniers se sont prêtés au jeu “Sophistes VS. Philosophes“.

D’abord, un texte d’introduction pour les placer dans l’ambiance leur a été présenté :

“Bienvenue au Logos Club, mes amis, venez démontrer, venez délibérer, venez louer et blâmer pour la beauté du verbe ! Approchez, beaux parleurs, fins rhéteurs, orateurs au long souffle ! Prenez place dans l’antre de la folie et de la raison, le théâtre de la pensée, l’académie des rêves, le lycée de la logique ! Venez entendre le fracas des mots, admirer l’entrelacs des verbes et des adverbes, goûter les circonvolutions venimeuses des dompteurs de discours ! Gloire au logos, mes amis ! Vive la dialectique ! Que la fête commence ! Que le verbe soit avec vous ! Ce soir, le Logos Club vous offre un combat de choix. Aux prises : Socrate, père de la philosophie qui défie Gorgias, maître sophiste, pour tenter de gravir un échelon au classement du Club. Sujet de la dispute : La philosophie contre la rhétorique. » 

Texte de Laurent Binet, extrait de La septième fonction du langage (Quelques éléments du texte ont été modifié pour les besoins de l’animation).

Puis, les jeunes penseurs ont réfléchi aux techniques qu’eux-mêmes connaissaient et qu’ils ont peut être une fois utilisées pour convaincre les autres. Voici leurs idées :

  • argumenter, donner des raisons
  • donner ses qualités et jamais ses défauts ou donner un défaut minime pour montrer notre honnêteté
  • mettre en valeur, embellir son projet
  • supplier la personne en face de nous
  • prendre son auditoire comme son allié : il faut toucher là où ça fait mal, plaire, séduire.
  • choisir son moment où placer ses idées
  • alterner entre les sentiments ou la logique, tout dépend de la connaissance qu’on a de notre public
  • étonner en donnant des défauts directement pour ensuite manipuler plus facilement. Etonner le public a pour fonction de le manipuler plus facilement
  • Choquer l’auditoire, se différencier
  • La corruption !!
  • entrer dans le vif du sujet sans jamais endormir l’auditoire

Les jeunes penseurs ont ensuite pris connaissance des querelles de la Grèce Antique entre les sophistes, des beaux parleurs qui discouraient dans le but de plaire et de convaincre leur auditoire (peu importe s’ils possédaient ou non la vérité) ; et les philosophes qui, eux sont du côté de la raison et de recherche de la vérité.

Vint ensuite le moment du jeu “Sophiste vs. Philosophes”… Le groupe a été divisé en deux : ces deux groupes devaient revêtir simultanément la casquette de sophiste et celle de philosophe (dès qu’un groupe était sophiste, l’autre était philosophe) :

  • Les sophistes devaient défendre un message parmi un choix de trois sujets proposés en étant le plus convaincant possible
  • Les philosophes devaient repérer les stratégies argumentatives et les arguments fallacieux utilisés dans le message défendu, ceci afin de les déconstruire et de montrer en quoi ils ne sont pas valables.

Pour cela, une liste de plusieurs arguments fallacieux, issu de l’ouvrage Question de logiques d’Oscar Brenifier leur a été présentée : l’argument émotionnel, l’argument de l’habitude, le glissement d’argument, l’argument d’autorité, l’argument du nombre, la généralisation abusive, l’argument du contraire, l’argument d’exagération, la fausse alternative, la justification abusive, l’argument de sincérité, l’argument du sentiment personnel, le glissement de sens et la pétition de principe.

Un premier groupe de sophiste a choisi d’argumenter en faveur du port de l’uniforme à l’école. Le second pour le vote obligatoire. Les philosophes ont quant à eux, aiguisés leur esprit critique pour contrer les stratégies utilisées par les sophistes pour nous convaincre de leur message !

Bravo aux jeunes penseurs, dorénavant experts de l’esprit critique !

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Club des Jeunes Penseurs (12-16 ans) du vendredi 4 février : “Comment savoir si quelque chose est vrai ?”

Le vendredi 4 février de 17h45 à 19h, les jeunes penseurs de la Maison de la Philo, âgés de 12 à 16 ans, ont échangé autour de la question “Comment savoir si quelque chose est vrai ?”

Ils ont d’abord regardé une vidéo “Le Complot Chat”, vidéo parodiquement complotiste créée par des élèves du lycée Madeleine Vionnet de Bondy. Avant de dévoiler les artifices utilisés pour nous convaincre du complot, les jeunes penseurs ont tenté de répondre aux questions suivante : Quel message cette vidéo veut nous transmettre ? A votre avis, est-ce qu’elle nous dit des choses vraies ou des choses fausses ? Quels éléments vous paraissent vrai ? Lesquels vous paraissent faux ?

A la question “Quelles techniques sont utilisées pour que vous puissiez être convaincu du message ?”, ils ont donné les éléments suivant :

  • on utilise des éléments précis qu’on décide de mettre en lien
  • les gros titres qui sont en gros plan et qui masquent les contenus des articles
  • la voix grave et robotique
  • ils mettent des éléments vrais
  • il y a une succession d’images qui ressemblent à des preuves
  • il y a un défilement rapide des informations
  • on utilise des éléments connus, des personnages célèbres pour que ce soit encore plus convaincant
  • il y a une technique de métamorphose – “morphing” – de l’image
  • un recours aux effets spéciaux et aux montages

Les participants ne s’en étaient pas rendus compte mais le recours aussi à une musique inquiétante dans la vidéo était un moyen pour jouer notre peur !

Cette réflexion autour de la vidéo du “Complot Chat” a permis aux jeunes penseurs de définir ce qu’est une théorie du complot et le rôle de l’esprit critique face aux informations qui nous sont soumises au quotidien.

Dans un second temps de l’atelier, les participants ont pris le rôle “d’experts spécialistes de l’esprit critique”. Il s’agit d’un métier qui consiste à démêler au quotidien le vrai du faux. Ces professionnels sont des chercheurs de vérité !

En tant qu’experts de l’esprit critique, ils doivent se poser un certains nombre de question pour vérifier que quelque chose est vrai. Voici les questions qu’ils ont proposé :

  • Est-ce que le sujet a déjà été abordé avant ?
  • Est-ce que c’est possible ou pas ?
  • D’où sort l’information ? / D’où vient l’information ? / Quelles sont les sources ?
  • Où je vois l’information ?
  • Sur quel site a été publié cette information ?
  • Est-ce que c’est réaliste ?
  • Est-ce que la source de l’information est fiable ?
  • Est-ce que l’information est cohérente ?

Les jeunes penseurs ont confronté leurs questions aux planètes-questions du magazine Philéas et Autobule n°58, “Comment sais-tu si c’est vrai ?”

Pour chaque proposition d’information qui leur était donné, les jeunes penseurs devaient déterminer la planète-question la plus utile et la planète-question la moins utile. Chaque choix de planète-question devait aussi s’accompagner d’un argument.

Bravo aux Jeunes Penseurs experts de l’esprit critique !

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Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 22 janvier : Le mythe du bateau de Thésée !

Le samedi 22 janvier au matin, les petits philosophes se sont retrouvés à la Maison de la Philo pour réfléchir autour du mythe du bateau de Thésée.

Voici un résumé du mythe :
Thésée fut la vedette de plusieurs aventures spectaculaires, mais cette expérience de pensée ne se réfère qu’indirectement à un de ses exploits : son affrontement contre le minotaure (un monstre composite issu d’amours contre nature de Pasiphaé et d’un taureau — ce monstre fut enfermé dans un labyrinthe construit par Dédale), qu’il a vaincu.
Une fois revenu à Athènes, les citoyens conservèrent le bateau de Thésée pour lui rendre hommage. Ils y apportèrent une telle attention que le bateau garda son allure des débuts, et ce pendant plusieurs siècles : les Athéniens remplaçaient ses parties défectueuses par d’autres, au fur et à mesure que les problèmes apparaissaient. Les Athéniens firent cela jusqu’à obtenir un bateau entièrement fait de pièces neuves.

La question était la suivante : Ce bateau constitué de nouvelles planches, est-ce encore le bateau de Thésée ? Pour répondre à la question, les enfants devaient fournir des arguments censés défendre leur position. Résumons-les dans un tableau ci-dessous :

C’est encore le bateau de ThéséeCe n’est plus le bateau de Thésée
“Même si toutes les planches ont changé, ça reste la forme qu’il a voulu. Il a les mêmes caractéristiques.”
“C’est pas parce qu’on le change que ce n’est plus le sien.”
“Ce n’est pas parce que ce n’est pas lui qui change les planches que ça ne reste à lui. Même si on change les planches, ça reste en sa possession.”
“Les habitants l’ont juste changé pour qu’il reste en bon état. C’est le même, ils ont juste changé les planches.”
“Les habitants ont entièrement reconstruits le bateau donc ce n’est plus le même.”
“Les planches sont magiques et si on les change, elles ne sont plus magiques.”
“Ce n’est pas le même bateau qui a fait tous ces voyages. Par exemple, j’ai perdu mon sac à dos, je ne voulais pas qu’on en rachète un car ce ne serait plus ce même sac.”

Trois problèmes s’offraient donc aux enfants durant la discussion :

  • par rapport à notre propre changement : est-ce qu’on peut être le/la même alors qu’on change ?
  • par rapport à la mémoire des objets  
  • par rapport à la différence entre la forme des choses et la matière de ces choses : est-ce la forme ou la matière qui constituent les choses ou les êtres ?

Cette expérience du bateau de Thésée propose un prolongement. Imaginons qu’on reconstruise un nouveau bateau avec les anciennes planches qu’on avait remplacées. Lequel est le bateau de Thésée : celui qu’on a remplacé avec des nouvelles planches ou celui qu’on a reconstitué avec les anciennes ?

Le bateau remplacé par les nouvelles planchesLe bateau reconstitué avec les anciennes planches
“Celui avec les anciennes planches, c’est celui qui a voyagé. Mais comme il est très vieux, s’il veut voyager à nouveau, il va prendre le nouveau.”
“Il – Thésée- prendrait le nouveau pour conserver l’ancien, comme ça s’il fait de nouvelles aventures, ses anciennes planches seront toujours là.”
“Le nouveau sera successeur des aventures.”
“C’est celui-là qui a voyagé, ce sont ces planches qui ont voyagé.”

“C’est le bateau du passé mais on ne l’oublie pas.”

Les P’tits Philosophes se sont demandés en lien avec le bateau de Thésée, si le passé n’existe plus ou s’il peut encore vivre au présent…

“- Le bateau du passé n’est pas vraiment du passé car ses aventures, il peut se les rappeler, les revivre.”

“- Je ne dirai pas que le bateau appartient au passé car il est encore.”

“- Ta vie d’avant, elle est passée, mais si tu y penses toujours, elle est encore en toi.”

“- Le passé, ça ne veut pas forcément dire que ça n’existe plus. Le passé qu’on a dans notre tête, on l’a dans le présent.”

“C’est du passé mais ça reste, même si c’est du passé.”

La matière semblait compter beaucoup pour définir le bateau de Thésée. Proposons un ultime prolongement du mythe : on change la forme du bateau avec les anciennes planches vs. on garde la forme de l’autre bateau qui a des planches neuves. Qu’est-ce qui compte le plus ? La matière ou la forme ? Lequel est le bateau de Thésée ?

Celui qui est fait avec la matière de l’ancien bateau mais avec une forme différenteCelui qui a la forme mais pas la matière
“Même s’il a changé la forme, ce sont les anciennes planches qui ont voyagé. Donc c’est la matière. Ce sont ces planches qui ont fait toutes ces aventures.”
“S’il avait pris celui avec les nouvelles planches, il n’arriverait pas à les reconnaître.”

“Même si ce ne sont pas les mêmes planches, Thésée pourra revivre des aventures avec ce bateau.”
“Même s’il a la même forme, ce n’est pas le vrai qui a voyagé.”

Il est donc compliqué de définir quelque chose s’il lui manque sa forme ou sa matière. Les enfants ont donc pris connaissance d’Aristote qui s’était notamment confronté à ce problème. Selon le philosophe, un objet se définit par sa matière et par sa forme, comme c’est le cas pour le bateau de Thésée. Mais, Aristote nous dit aussi que ces deux éléments seuls ne suffisent pas. Il faut aussi le but (la finalité, à quoi ça sert) et le moteur (un agent qui agit, dans le cas du bateau, ce sont les habitants). On pourrait donc faire la même chose pour définir l’être humain… Comment savoir quelle est sa forme ? Sa matière ? Son but ? Son moteur ? Allons voir ce qu’en pensent nos P’tits Philosophes :

  • le moteur : “c’est en fonction de ce qu’on agit, ce qu’on se fixe comme objectifs”
  • la forme : “tout n’a pas la forme d’un être humain”
  • la matière : “peau, chaire, os, sang, muscle”
  • le but : “mourir le plus tard possible.” ; “J’ai entendu une interview à la radio. L’acteur, son but dans sa vie, c’était d’être acteur, il a tout fait pour l’être. Parfois, le but de notre vie, c’est le métier, mais parfois, c’est autre chose.” ; “Tout le monde a un but différent.” ; “Notre but serait de vivre en paix.” Pour Aristote, le but commun à tous les êtres humains est le bonheur !

Comme activité de fin, nous avons distribué à chaque petit philosophe une feuille sur laquelle figurait un visage morcelé en pièces de puzzle. Dans chaque pièce, ils devaient y inscrire un élément de leur identité, en utilisant s’ils le souhaitaient, les quatre éléments constitutifs de chaque être selon Aristote (matière, forme, moteur, but). 

En tout cas, nous avons la preuve chaque semaine que chaque enfant est fait de belles idées philosophiques ! Bravo aux P’tits Philosophes !

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Le Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 2 octobre !

Le premier atelier du Rendez-vous des P’tits Philosophes a démarré ce samedi 2 octobre à 11h ! Voici les paroles d’enfants récoltées à l’issu de cet atelier. Bonne lecture ! 


Des photos et dessins de portes étaient disposés aux pieds des participants. Mais pourquoi étaient-elles là ?

Les p’tits philosophes ont formulé des hypothèses autour de ces portes qui les intriguaient tant ! 

Marius : Ce sont des portes dont certaines ont été imaginées par les enfants.

Jade : Ce sont des portes mais elles sont toutes différentes.

Sarah : Ce sont des portes extraordinaires.

Solel : Beaucoup viennent de l’imagination !

Simon: Derrière chaque porte, il y a une façon de penser.

Lina: ça ouvre des passages ou à des endroits différents.

Elouan : Chaque porte a une particularité.

Puis leur a été donnée la consigne suivante : Choisissez une porte qui inspire le plus et qui vous permet d’imaginer des choses derrière. Selon vous, qu’est-ce qui se passe derrière la porte ? 

Elouan : J’ai imaginé qu’il y a une grande bibliothèque avec une plante pour monter voir les livres.

Marius : J’ai eu l’idée de dessiner. Il y a deux enfants qui ont le pouvoir des rêveurs. Tout ce qu’ils imaginent, ça apparaît. Ils peuvent tout faire apparaître dans leur rêve.

Léonore : J’ai imaginé une porte d’immeuble. Derrière, il y a des escaliers. C’est assez ancien.

Céleste : J’ai imaginé que derrière cette porte, il y avait un grand jardin avec pleins de lianes.

Solel : Un jour, j’étais à un endroit où j’ai vu pleins de choses. Il y a avait une porte un peu comme ça.

Jade : Derrière ma porte, j’ai imaginé une espèce de forêt. Le château est inaccessible car dans la forêt, il y a des loups. C’est une porte au milieu de nulle part dans un désert.

Sarah : J’ai imaginé une maison normale. Ce ne sont pas des hommes qui l’habitaient mais des chats !

Lina : J’ai choisi cette porte car c’est la nature qui l’a faite. J’ai dessiné la famille des écureuils avec une petite vie normale comme des humains !

Cette petite expérience dans l’imaginaire de chaque enfant a permis de leur poser la question suivante : “Est-ce que vous avez imaginé la même chose derrière ces portes ?”

Jade : On n’a pas imaginé la même chose car les portes étaient différentes. On n’a pas non plus les mêmes idées.

Marius : On n’a pas la même imagination. On ne crée pas dans notre imagination les mêmes choses.

Solel : On a tous des goûts différents. Par exemple, quelqu’un qui aime les pokémons, l’autre les voitures.

Simon : Je ne suis pas d’accord avec Jade. La porte ne fait rien dans l’histoire. On est tous différents donc on imagine tous différemment. Même sans la porte, on aurait imaginé la même chose qu’on a imaginé. La porte confirme juste ce qu’on a imaginé.

Céleste : On n’a pas tous fait la même chose car on n’a pas tous la même pensée.

Elouan : Chacun a une personnalité différente donc chacun aura sa propre imagination.

En conclusion de leur échange, on a demandé aux p’tits philosophes si nous avons tous les mêmes pensées. Voici quelques unes de leurs réponses !

Elouan : On n’a pas tous les mêmes pensées, chacun a son imaginaire, son monde. Du coup, chaque monde est différent, chacun a son monde à soi.

Sarah : On n’a pas tous le même cerveau !

Céleste : On a chacun une histoire différente à dire. Il faut plusieurs pensées pour imaginer d’autres choses.

Lina : A chaque fois qu’on fait quelque chose, on pense à cette même chose.

Jade : On ne peut pas avoir les mêmes pensées car à chaque seconde, on pense des choses différentes.

Marius : On n’a pas tous le même cœur, le même esprit, la même imagination.

Simon : Si on demande à chacun de créer un monde où il voudra aller plus tard, ce sera différent. Chaque personne a sa propre histoire.

La discussion s’est ensuite penchée sur la question suivante : “Que peut-on créer avec la pensée ?”

Sarah : On peut tout créer avec la pensée car c’est nous qui créons nos pensées.

Elouan : On peut penser des choses réelles qu’on peut réaliser, d’autres qu’on ne peut pas réaliser.

Céleste : On peut créer pleins de choses : des choses qu’on aime, des histoires… mais c’est à nous d’y penser, on doit l’inventer. Il y en a qu’on peut faire, d’autres qu’on ne peut pas faire, mais on peut l’inventer.

Simon : On peut tout penser mais on ne peut pas tout créer. On peut tout créer et rien : on peut créer des choses, d’autres non.

Jade : Avec la pensée, on peut tout créer. S’il y avait par exemple des gens qui n’avaient pas pensé de faire des portes aux maisons, alors on n’aurait jamais eu de porte à nos maisons.

Est-ce qu’on peut penser l’infini et le rien ?

Elouan : On peut penser à l’infini mais penser à rien, c’est impossible. Sinon, ça veut dire qu’on a enlevé le cerveau.

Céleste : Si on pense à un endroit tout vide, c’est pas rien car c’est un endroit !

Simon : On ne peut pas penser à l’infini, on ne peut pas se présenter autant de choses, on ne peut pas toutes se les imaginer. C’est impossible de voir l’infini en entier.

Enfin, la discussion s’est terminée sur la pensée liée au temps

Marius : Dans ma tête, j’ai une mini télé. Dès que je pense à quelque chose, je le vois. Je vois le passé, le présent et le futur.

Jade : On peut penser le futur mais seulement si c’est probable !

Merci les P’tits Philosophes pour ces chouettes pensées ! Rendez-vous au prochain atelier !

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Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 19 juin : “Peut-on apprendre à penser ?”

Le samedi 19 juin a eu lieu le dernier atelier de l’année du Rendez-vous des P’tits Philosophes ! Les enfants on pu faire un bilan de l’année écoulée en réfléchissant au rôle que pouvait avoir la philosophie et à la question de savoir si la pensée pouvait tout compte fait s’apprendre.

Ardoises en mains, les enfants ont dans un premier temps écrit ou dessiné ce que symbolisait pour eux la philosophie. En voici l’illustration !

Ensuite leur a été posé la question suivante : “Pourquoi on fait de la philosophie ?” Voici l’univers des idées autour de la planète “Philosophie” !

Le mot “penser” est ressorti fréquemment des échanges. A l’origine, la philosophie pour enfants a été défendue par quelqu’un qui considérait que la philosophie pouvait permettre d’apprendre à penser. Les P’tits philosophes devaient réagir sur cette idée : “Peut-on apprendre à penser ?”

Judith : Penser ça peut s’apprendre mais le plus souvent, on n’apprend pas la pensée car on pense déjà. Mais pour des gens, la pensée ça s’apprend. Donc oui et non. La pensée on l’a depuis qu’on est tout petit, le plus souvent c’est comme ça chez les gens.

Paula : Je suis d’accord et pas d’accord avec Judith. On ne peut pas apprendre à penser parce que depuis qu’on est tout petit, on a déjà la pensée dans notre tête. Tous les gens ont la pensée naturellement, c’est impossible que quelqu’un ne puisse pas penser.

Colin : Moi je dirai oui et non. Non, parce que beaucoup de personnes ont déjà la pensée et l’apprendre pour moi, c’est la développer, c’est continuer à pouvoir trouver d’autres idées. En fait ça dépend du sens du mot “penser”. Si penser c’est juste penser dans sa tête ou alors penser à des questions, à des choses plus philosophiques, la pensée logique ou la pensée stratégique… ça dépend de quoi on parle dans la pensée.

Pacôme : Pour moi, la pensée ça peut s’apprendre. Pour moi, apprendre, c’est développer sa pensée. D’accord tu penses déjà quand tu es petit, mais tu développes ta pensée au fur et à mesure que tu grandis. Quand t’es petit, tu ne penses pas déjà comme Kant.

Yassine : Je suis d’accord avec Colin et Pacôme parce qu’on n’apprend pas à penser directement mais on apprend à développer sa pensée. On pense tous. Même quand on ne pense à rien, on pense à quelque chose. On pense à : rien. Mais on utilise notre pensée différemment. On apprend à l’utiliser de la meilleur des façons.

Gabriel : Au début, on n’est pas à l’école dans le ventre de notre mère. Mais dès qu’on sort, on peut penser. Au début, on peut penser à comment est l’extérieur. Mais quand on est petit, on ne sait pas ce que c’est la logique donc on ne peut pas penser logique : ça s’apprend en grandissant.

Céleste : Je suis d’accord avec Paula. La pensée, on l’a depuis qu’on est tout petit, mais on ne sait pas encore comment trop l’utiliser.

Simon : Je ne suis pas d’accord avec Céleste, ni Paula parce que la pensée on l’a depuis qu’on est petit. On l’utilise, on ne réfléchit pas à “est-ce que je l’utilise maintenant ou est-ce que je ne l’utilise pas ?”. Quand on va à l’école, on apprend des choses qui remplissent le cerveau et après le cerveau va utiliser ces choses pour apprendre à penser. Mais on ne va pas apprendre directement à penser mais c’est grâce aux choses qu’on apprend qu’on va apprendre à penser. On va apprendre à développer sa pensée tout seul, ce n’est pas quelque chose que quelqu’un nous enseigne.

Solel : Je suis d’accord avec Yassine pour dire que même quand on ne pense à rien, on pense à quelque chose : à rien. On pense tout le temps. Mais on peut, en grandissant, développer son cerveau et du coup apprendre de nouvelles choses et penser à ces nouvelles choses. Quand tu nais, tu penses mais tu ne connais pas tout donc tu ne peux pas penser à tout.

Simon : Pour moi, tout le monde sait penser. C’est pas parce qu’on sait penser, qu’on a appris à penser.

Il a été conclu de ces échanges qu’on sait tous penser naturellement mais qu’on ne sait pas tous d’emblée penser de manière philosophique, logique, mathématique, et que ça se développe. On apprendrait à utiliser notre pensée et à la développer.

Simon : Pour moi, la pensée elle se développe mais elle n’apprend pas à se développer. Elle se développe d’elle-même, ce n’est pas naturel, mais ce n’est pas appris directement non plus.

Gabriel : Il y a deux sortes de pensées : d’abord, la pensée quand on imagine des choses. Par exemple, je pense comment étaient les dinosaures alors que je ne vois que leurs squelettes. Et il y a des pensées qui se développent comme la pensée mathématique. Ces deux sortes de pensées, on les apprend différemment.

A la fin de l’atelier, la Maison de la Philo a offert aux P’tits Philosophes des boules à neige qu’ils ont personnalisées et remplies de belles idées philosophiques !

La Maison de la Philo remercie tous les P’tits Philosophes qui ont participé et enrichi les discussions tout au long de l’année. Nous leur souhaitons un bel été foisonnant d’expériences philosophiques !

A la rentrée !

La Maison de la Philo

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Rendez-vous des P’tits Philosophes du samedi 29 mai : Bien Parler

Samedi 29 mai les P’tits Philosophes se sont retrouvés autour d’une nouvelle question : « qu’est-ce que bien parler ? ».

Pour commencer Julia leur a demandé de révéler le présupposé de la question. Colin a alors expliqué que cette question supposait l’existence de bonnes et mauvaises façons de parler.

Qu’est-ce que cela signifierait alors « bien parler » ?

Diane a proposé : ne pas dire de gros mots, dire merci, dire de rien, etc.

Tessa a complété : respecter les autres quand on parle.

Colin a complexifié : Bien parler ce serait s’exprimer correctement : devant tes amis tu ne t’exprimes pas de la même façon que devant des adultes par exemple.

Solel a proposé un contre-exemple : Dire « ouais qu’est-ce que t’as wesh » ce serait l’inverse de bien parler.

Paula, en accord avec Diane et Tessa a reformulé : Bien parler ce serait être poli, ne pas dire de gros mots, être respectueux.

Yassine a complété l’idée de Colin : Il y a plusieurs façons de bien parler mais bien parler n’a qu’un seul sens. Avoir un vocabulaire adapté selon la situation dans laquelle on est et la personne à qui on parle.

Julia leur a alors proposé une synthèse de leur conceptualisation et leur a demandé de trouver des exemples de phrases pour l’illustrer. Cette collecte d’exemples a amené d’autres remarques :

Tessa a proposé une nouvelle idée : Bien parler ce serait quand ton idée est soutenue, mais aussi quand elle est intéressante. Ce serait s’exprimer avec politesse mais aussi sortir ses idées de la tête. Il y aurait deux formes de bien parler : la politesse et les personnes qui parlent bien dans le sens, logique et intéressant, qui se font comprendre, comme les philosophes.

Julia a alors proposé d’examiner l’exemple de l’homme politique, réputé pour sa capacité à bien parler. Cette exploration a amené la question suivante : est-ce que notre façon de parler révèle qui on est ?

Diana a commencé : Non, la parole ne révèle pas notre façon d’être, ce n’est pas parce qu’on a plus de mots qu’on est plus intelligent. On peut avoir beaucoup de mots et les utiliser n’importe comment alors que quelqu’un peut avoir peu de mots mais être juste.

Paula a complété : Ce n’est parce qu’on a un vocabulaire riche qu’on est plus intelligent : ça veut dire qu’on est intelligent dans ce domaine mais pas forcément dans d’autres.

Colin a ajouté : Tu peux faire semblant de bien parler aussi.

Les P’tits Philosophes ont poursuivi l’atelier par la lecture de l’album La grande fabrique de mots qui les a amenés à penser le personnage du « beau parleur » qu’ils ont distingué du « bon parleur » par son rapport à la vérité.

Yassine a proposé une idée : Le beau parleur va chercher un moyen pour être intéressant sans chercher à respecter la vérité.

Colin : Le beau parleur veut obtenir quelque chose, il amadoue, il ne dit pas forcément la vérité. Il peut par exemple dire un compliment qu’il ne pense pas pour amadouer.

Les P’tits Philosophes ont fini l’atelier par une petite activité proposée par Philéas&Autobule intitulé “Cela vaut bien un fromage” que vous trouverez ci-dessous.

La consigne était la suivante : “vous êtes face à Quignon et Crouton, 2 rats beaux parleurs qui tentent d’obtenir le plus gros fromage. Ils essaient de se convaincre, ou de se persuader que c’est à eux que revient le fromage. Ils sont très malins car ils peuvent vous avoir avec leurs beaux discours mais heureusement, vous êtes des super philosophes à l’esprit critique bien aiguisé ! Vous allez donc repérer les arguments fallacieux qu’ils utilisent pour vous avoir dans la poche et vous manipuler !”

Merci aux P’tits Philosophes de s’attacher chaque samedi matin à bien parler !